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Autour des machines cryptographiques


Hervé Lehning

Depuis l'Antiquité, les hommes cherchent à assurer par le chiffrement le secret de leurs correspondances. Les méthodes simples étant facilement décryptées, on a inventé des méthodes plus sophistiquées mais d'emploi manuel délicat. L'usage de machines s'est alors imposé.


Les premières méthodes de chiffrement reposent sur l’utilisation d’alphabets chiffrés qui consistent à modifier chaque lettre. En voici un par exemple, datant de 1627, se trouvant dans les archives de Strasbourg.

Pour l’utiliser, on remplace chaque lettre de A à Z (I et J ainsi que U et V étant confondues) par le symbole écrit au-dessus. On parle de substitution mono-alphabétique. Cette méthode est facile à décrypter dès que le message est un peu long. Tout d’abord, le calcul des fréquences de chaque symbole permet de repérer le substitut de la lettre E, la plus fréquente en français. Les suivantes sont SAINTURLO, ce qui peut de retenir en disant qu’Urlo est le saint patron des cryptologues. Ensuite, il s’agit de reconnaître des mots dont la présence est probable, ce qui est souvent le cas. Par exemple, dans un message sortant d’une place forte assiégée, il est logique de penser à la présence d’un mot comme « munition ». Il peut alors être cherché à travers les répétitions qu’il contient, soit **xy*y*x x et y sont deux symboles distincts ... Lire la suite


références

- Cryptographie et codes secrets. Bibliothèque Tangente 26, 2006.
- L'univers des codes secrets, de l'Antiquité à Internet. Hervé Lehning, Ixelles, 2012.
- Secrets of the New Cryptology. David Kahn, Macmillan Publishers, 1984.