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La théorie des nœuds selon Jean-Michel Othoniel


Élisabeth Busser

Sculpteur original, Jean-Michel Othoniel, auteur de l'exposition « Géométries amoureuses » qui a eu lieu à Sète (Hérault) en 2017, et dont l'actuelle exposition « Face à l’obscurité » vient de s'achever au MAMC de Saint-Etienne (Loire), l'est à plus d'un titre.


D’abord parce que son matériau de prédilection, le verre, n’est guère employé en sculpture, ensuite, parce qu’il s’est intéressé de très près à la structure des nœuds… avec un mathématicien. Les images virtuelles nées des travaux du Mexicain Aubin Arroyo ressemblaient étrangement aux sculptures d’Othoniel. Le mathématicien les avait vues sur Internet en 2015, en particulier son Nœud pivoine en perles de verre soufflé miroité, véritable nœud borroméen, entrelacs de trois cercles impossibles à séparer, mais dont la suppression de l’un entraîne la libération des deux autres. Les deux hommes se sont alors rencontrés, ont échangé sur cette coïncidence et c’est Arroyo qui a sélectionné le Nœud infini du sculpteur français exposé dans la salle « Imaginario Matematico » du musée des sciences de Mexico. Cette rencontre a donné un livre, Nudos salvajes (« Nœuds sauvages »), publié aux Éditions Othoniel.
Déjà, en 2016, le projet Living by numbers de boulier géant aux perles multicolores d’Othoniel avait été retenu pour le monument AIDS créé à Amsterdam (Pays-Bas) pour soutenir les victimes du VIH. Ce boulier permet de fixer chaque année le nombre de personnes atteintes dans le monde, dans l’espoir que le compteur revienne un jour à zéro.

 

Nœud pivoine,
nœud borroméen.