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« Théoriser » la théorie du complot


Jean-Christophe Novelli

On rencontre fréquemment les affirmations délirantes des amateurs de théorie du complot. Mais peut-on justement théoriser pour montrer leur faible vraisemblance ?


Il semble en effet clair qu’aucun complot de plus de quelques membres ne puisse tenir dans la durée. C’est un argument massue, qui s’appuie sur une idée de bon sens.

Pour ne pas révéler un complot auquel on est mêlé, il faut y avoir intérêt. Or, un petit exécutant dans un grand complot pourra, par exemple, le dénoncer pour se débarrasser de ses concurrents directs, qui sont ses supérieurs hiérarchiques ou ses alter ego. Serait-ce le même phénomène qui est à l’œuvre derrière les fuites d’informations chez un Palmipède bien connu ?

Cette idée a beau être très claire, elle n’en a malgré tout pas moins besoin d’une démonstration… ou d’un modèle mathématique rendant compte de la probabilité (en fonction du temps t) qu’un complot soit révélé.

Les données de départ sont les complots dont on a pu avoir connaissance. On les représente sur un graphique : en abscisse, le nombre de participants ; en ordonnée, la durée pendant laquelle le complot a réussi à rester secret. La courbe ainsi obtenue devrait avoir tendance à s’approcher de zéro à l’infini. Malheureusement, aucun modèle convaincant n’a encore été proposé.

Avis aux amateurs !

 


références

Les complots ne peuvent pas tenir. Est-ce prouvé ? Nicolas Gauvrit, 2016, article disponible en ligne.