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Une explication inattendue du paradoxe de Fermi

Élisabeth Busser, Michel Criton



Le paradoxe de fermi

JP BOUDINE
Aleas
2002

Le paradoxe de Fermi a été énoncé en 1950 par le physicien italien Enrico Fermi. Le système solaire est très jeune comparé à des centaines de milliards d’autres systèmes stellaires. Parmi ceux-ci, ceux possédant des planètes susceptibles d’avoir pu accueillir la vie sont innombrables. La probabilité de l’existence d’êtres intelligents ayant pu développer une civilisation technologique au moins aussi avancée que la nôtre est donc théoriquement non négligeable. Pourquoi n’avons-nous jamais réussi à capter le moindre signal émis par de tels êtres ?

Le livre de Jean-Pierre Boudine, dont une première édition a été publiée en 2002 aux éditons Aléas, est un roman non pas de science-fiction, mais plutôt de politique-fiction, un conte philosophique qui met en scène un effondrement brutal de notre civilisation, entre 2022 et 2027. Le narrateur est un chercheur, spécialiste des insectes sociaux, qui en tenant un journal relate la suite d’évènements ramenant en quelques années seulement l’humanité à un stade préhistorique. C’est le système monétaire et banquier mondial qui, en s’effondrant, entraîne des catastrophes en chaîne. Les salaires n’étant plus versés, la production de biens s’enraye, les conflits entre États s’exacerbent jusqu’à l’utilisation d’armes nucléaires, avec les conséquences que l’on imagine sur un environnement déjà plus que dégradé. Il n’y a quasiment plus d’électricité, donc plus d’informations sur ce qui se passe partout dans le monde. Les humains se groupent en bandes pour survivre, selon un système proies–prédateurs.
Le long périple du narrateur le mène jusqu’en Scandinavie. Il intègre un groupe qui essaie, au milieu de la barbarie dominante, de conserver les connaissances techniques acquises, afin que l’humanité, si elle survit, ne reparte pas de zéro. Même cet ambitieux projet semble illusoire…
 
Au fil du récit, l’auteur nous livre une explication du paradoxe de Fermi. Il a existé et il existera sans doute de très nombreuses civilisations intelligentes, mais elles sont vouées rapidement à s’autodétruire, la nôtre atteignant précisément ce stade. À une échelle de temps compatible avec l’âge de l’univers, la probabilité que deux d’entre elles soient capables, dans la même courte période, d’émettre, de capter et d’interpréter des signaux est donc quasi nulle.



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