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Chroniques mathématiques grand public

Élisabeth Busser


Cinq minutes de mathématiques

Ehrhard Behrends
SMF
2011

Le titre de l’ouvrage, Cinq minutes de mathématiques, est exactement celui de la chronique que son auteur, universitaire allemand, a tenue dans le journal berlinois Die Welt, reprise ensuite dans le Berliner Morgenpost. Cette chronique, qui s’est tenue en 2003 et 2004 – et qui n’est pas, comme l’annoncent les premières lignes de la préface, « l’unique rubrique mathématique régulière dans un journal d’envergure nationale » –, a vu ses thèmes transcrits, enrichis et illustrés en vue de la publication. Le livre est extérieurement de belle facture : relié, couverture rouge pelliculée, tout pour attirer le regard. L’intérieur cependant gagnerait à être mis en page de façon plus « pro », qui mettrait mieux en valeur les illustrations et rendrait le graphisme plus attractif.
Côté contenu, on en a pour son argent car les chroniques touchent à tous les sujets liés aux mathématiques : hasard et combinatoire, nombres et arithmétique en général, logique et paradoxes, cryptographie, quatrième dimension et puis encore des sujets beaucoup plus « matheux » comme la transcendance, la conjecture de Goldbach, les problèmes P et NP ou la logique floue. La rédaction est mathématiquement très détaillée et claire à lire malgré quelques maladresses de langage, dues peut-être à la traduction. En tout cas, tout le monde y trouvera son compte, aussi bien « ceux qui souhaitent s’informer sur les aspects des mathématiques contemporaines compréhensibles sans le bagage du spécialiste » que ceux qui « souffrent d’un traumatisme mathématique depuis leurs années d’école », comme l’annonce si bien la préface.
L’ensemble, même si les sujets sont riches et variés, même s’ils touchent souvent au jeu, reste cependant très « sérieux », très « livre de maths », bien que l’auteur s’en défende. Il eût suffi d’un petit « souffle » ludique pour qu’on veuille bien se prendre au jeu et finir par trouver « aimables » les mathématiques qu’on y présente. Souhaitons qu’à l’avenir la Société mathématique de France, lorsqu’elle voudra présenter aussi des ouvrages de vulgarisateurs français de mathématiques, sache leur donner ce « supplément d’âme » qu’on aimerait bien y trouver.



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