Des polémiques sur une expédition géodésique


Marc Leconte

Afin de convaincre l'Académie d'envoyer une expédition en Équateur, Henri Poincaré va défendre la géodésie militaire devant les scientifiques. Il va montrer que les bénéfices scientifiques d'une telle entreprise sont colossaux.

En 1898, les membres de l’Association internationale de géodésie convenaient de la nécessité de reprendre les opérations de mesure d’un arc de méridien sous deux latitudes extrêmes. En cette fin de siècle, la question de la forme de la Terre était encore d’actualité : il s’agissait de calculer, à l’aide d’instruments très perfectionnés, les dimensions moyennes de l’ellipsoïde, en particulier la valeur de son aplatissement.

 

Le temps des premières expéditions

En 1667, Isaac Newton (1643−1727) avait postulé que la Terre était une sphère légèrement aplatie. Tous avaient en mémoire les premières expéditions pour vérifier cette réalité. Elles avaient également contribué à une nouvelle définition du mètre, défini comme étant une fraction du méridien terrestre.

 

 

Deux nouvelles expéditions, une près du pôle Nord, l’autre au voisinage de l’équateur, étaient prévues. Pour la seconde, Isaac Winston (1853−1923), le délégué des États-Unis, proposait la candidature de son pays, sans partage avec aucun autre. En face de lui, les délégués français, le général Jean-Antonin-Léon Bassot (1841−1917), assisté du lieutenant Joseph Émile Robert Bourgeois (1857−1945), respectivement directeur et chef de la section de géodésie du Service géographique de l’armée, ainsi que l’astronome Hervé Faye (1814−1902), revendiquaient pour la France une « priorité ... Lire la suite