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Le modèle de Ross : une explication de l'extension du paludisme


Nicolas Bacaër

Le paludisme est un fléau qui fait encore de nos jours des ravages en Afrique. Ronald Ross en a découvert l'origine et a mis en place un modèle d'évolution du nombre de personnes infectées. L'arrivée du chikungunya sous nos latitudes renforcera-t-il l'intérêt qu'on lui porte ?


Le paludisme, également appelé malaria, est une maladie connue depuis l'Antiquité qui tue encore de nos jours des centaines de milliers de personnes chaque année, principalement en Afrique. Alphonse Laveran, un médecin militaire français, découvre en 1880 en Algérie dans le sang de malades le parasite responsable de la maladie.

 

C'est en Inde en 1897 que Ronald Ross, un autre médecin militaire (britannique, cette fois), comprend que ce parasite est transmis à l'homme par la piqûre de moustiques du genre anophèle. Inversement, l'homme infecté peut transmettre le parasite à un moustique non infecté lorsque celui-ci le pique. Ce moustique ira infecter une autre personne et c'est comme cela que la maladie se propage dans une population. Ross reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1902. Dans les années qui suivent, il met en place des campagnes de démoustication. En 1911, il propose un modèle mathématique pour expliquer qu'il n'est pas besoin de tuer les moustiques d'une localité jusqu'au dernier pour que le paludisme disparaisse. Il suffit d'en tuer suffisamment pour que la population de moustiques soit inférieure à un certain seuil.

 


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références

N. Bacaër : Histoires de mathématiques et de populations. Éditions Cassini, Paris, 2009.