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Le retour du réveil de la force de l'étoile noire

Kylie Ravera




L'Institut intergalactique est le temple de l'excellence où exerce le redouté professeur Phi. Il est aujourd'hui le théâtre du tournage d'une superproduction.

L’Institut intergalactique bruisse de murmures inédits : le vénérable établissement accueille en effet l’équipe de tournage d’Étoiles en guerre, qui a choisi ce cadre unique pour réaliser plusieurs scènes du trente-sixième épisode de la mythique saga. Cette effervescence n’est évidemment pas sans conséquence sur le niveau de concentration des étudiants, d’autant que les plus chanceux ont réussi à décrocher un petit rôle au sein de la production méga-pharaonique. C’est le cas d’Alpha. Bien sûr, Bêta est un peu jaloux.

« Tu crois que tu vas rencontrer ln3 ? demande-t-il avec envie à son camarade, en train de revêtir son costume blanc de soldat au service des forces du mal.

– Sûrement, répond le jeune homme en évoquant la plastique irréprochable et l’admirable carnation violette de la star qui joue les héroïnes de ce nouvel opus. Je lui demanderai un autographe, si tu veux.

D’après le script, objecte leur amie Epsilon, tu auras plutôt à faire à l’abominable Kerphy, devant lequel tu devras te mettre au garde à vous quand il passera devant toi. Comme les trois mille autres figurants qui seront réunis dans la cour à ce moment-là…

En fait, ils auraient aussi bien pu te remplacer par des pixels » persifle Bêta.

Une exclamation empêche Alpha de répondre.

« Par les latrines putrides de l’Ankou ! »

Les trois étudiants se tournent vers la source du juron : un jeune homme arborant un t-shirt de l’équipe technique du film, et tenant dans ses mains un étrange objet sphérique qu’il observe avec désespoir.

« Vous avez besoin d’aide ? » demande obligeamment Alpha.

Le technicien hausse les épaules. « Ça se pourrait bien, oui… Je suis en charge de tourner une des scènes les plus impressionnantes du film : une simulation de chute libre, au moyen de ceci. »

Il indique la sphère noire qui repose dans sa main : il s’agit en réalité d’une petite caméra ultra haute définition capable de filmer à 360°. « Je dois la lancer depuis un étage de ce bâtiment, ajoute-t-il en montrant la tour de quarante-deux niveaux qui abrite les salles de classe, le plus haut possible pour obtenir le meilleur effet. Le problème, c’est que je n’ai aucune idée de la hauteur maximale depuis laquelle je peux la lancer sans la casser… »

 

Quarante-deux étages…

« Il suffit d’essayer depuis le premier étage, propose Bêta, puis, si elle ne s’est pas cassée, depuis le deuxième… Jusqu’à ce qu’elle se casse. Il vous suffira de commander une deuxième caméra pour tourner la scène depuis le dernier étage que vous aurez réussi à atteindre.

– Évidemment, grogne le jeune homme, mais je pourrais me retrouver à faire jusqu’à quarante-deux essais avec cette technique… Je n’ai pas envie d’y passer la nuit ! Par contre, c’est vrai que j’ai suffisamment de budget pour me procurer deux caméras supplémentaires.

– Dans ce cas, renchérit Alpha, vous n’avez qu’à essayer un étage sur deux avec la première caméra. Et la deuxième vous permettra en un coup supplémentaire d’avoir l’étage le plus élevé d’où lancer la dernière en étant certain de ne pas la casser !

– C’est mieux, concède le technicien, mais ça risque toujours de faire beaucoup de lancers si les caméras s’avèrent résistantes… »

Alpha se tourne vers Epsilon et lui adresse un clin d’œil.

« C’est le moment où tu entres en scène, je crois… »

La jeune fille ne se fait pas prier et envoie sa réplique : « Il existe une solution qui permet d’être sûr qu’on n’aura jamais à faire plus de neuf essais… »

 

 

Et vous, cher lecteur, avec deux caméras de test à votre disposition, quelle méthode appliqueriez-vous pour trouver, en un minimum d’essais, l’étage le plus élevé de cet immeuble de quarante-deux niveaux d’où lancer une caméra sans la casser ?

 

 

SOLUTION