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Quand maths et poésie se rejoignent

Élisabeth Busser



Les mathématiques sont la poésie des sciences

Cédric Villani
Flammarion
2015

Le texte de ce petit livre est issu de deux conférences données par Cédric Villani, auquel est adjoint, en fin d’ouvrage, un texte de Henri Poincaré, l’Invention mathématique, extrait de Science et Méthode (Flammarion, 1908).
« Nul ne peut être mathématicien s’il n’a l’âme d’un poète » disait la mathématicienne Sofia Kovalevskaya, et c’est de ces entrelacs enchevêtrant continuellement mathématiques et poésie qu’il est question tout au long du texte. En une dizaine de courts chapitres, l’auteur fait le tour des différentes façons de trouver des liens entre mathématiques et poésie : mots mathématiques dans les Chants de Maldoror de Lautréamont, mise en scène d’objets mathématiques dans un contexte inattendu, comme l’a fait Man Ray avec les modèles géométriques de l’Institut Henri-Poincaré, fables écrites sur des concepts mathématiques de Lewis Carroll, les exemples ne manquent pas. Les mathématiques peuvent aussi être pour l’artiste une source d’inspiration, comme la récursivité chez le graveur Maurits Cornelis Escher ou la combinatoire dans les Cent mille milliards de poèmes de Raymond Queneau.
Les dessins d’Etienne Lécroart ne manquent pas… de poésie, la lecture est facile, ne demandant que peu de connaissances mathématiques ; elle invite à ouvrir des portes vers des mondes qu’on aurait pu à tort croire disjoints. Car en fait maths et poésie se rejoignent en recréant toutes deux leur propre univers, un « univers portatif » comme le dit Villani, et en étant des langages universels nous permettant de voir le monde sous un jour nouveau.

 

 

 



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