Ce qu’en pensent les neurologues


Daniel Justens

Il semble bien accepté que nos facultés s’amenuisent avec l’âge. Qu’en est-il de notre capacité à faire des mathématiques ? Que peuvent nous apprendre les spécialistes des neurosciences en la matière ?

Les liens entre la structure des mathématiques et celle de nos cerveaux semblent se confirmer au fil des recherches menées par différentes équipes dans le monde. Dans ce domaine, la France peut se vanter de posséder l’un des laboratoires les mieux équipés : NeuroSpin, un centre de neuroimagerie cérébrale par résonance magnétique nucléaire en champ intense (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives et Université Paris-Saclay).

 

 

On a tous un cerveau mathématique !

 

Au sein de NeuroSpin, les résultats ne se sont pas fait attendre : Stanislas Dehaene (né en 1965) et Marie Amalric (née en 1975) ont ainsi établi récemment qu’il existait une séparation complète dans nos cerveaux entre le traitement cérébral des observations mathématiques et celui des activités non mathématiques (voir notre dossier « L’abstraction en mathématiques » dans Tangente 207, 2022). Ce qui est étonnant selon ces chercheurs, c’est la constatation que « les activités acquises, dites culturelles, font toutes appel à des circuits cérébraux extrêmement reproductibles. Toujours les mêmes, d’une personne à l’autre. Ce qui permet de s’adapter à toutes sortes d’enseignements, ce n’est pas du tout une très grande flexibilité cérébrale, une plasticité cérébrale immense, c’est au contraire quelque chose d’extrêmement canalisé, des fenêtres de plasticité dans des circuits qui, ... Lire la suite


références

• Apprentissage et sciences cognitives. Stanislas Dehaene, propos recueillis par Paul Audi et Cyril Bedel, Cités 63, 2015, disponible en ligne.
• Comment garder un cerveau plastique ? Giuseppe Costa, Planète Santé, 2016, disponible en ligne.
• Dossier « Abstraire ». Tangente Éducation 62, 2022.