Le Moyen Âge, entre représentations et réalité


Laurence Moulinier

Si la représentation allégorique des mathématiques se fait toujours par des figures féminines, la réalité médiévale ne permet qu’à très peu de femmes de s’y adonner : quelques religieuses et femmes de haut rang, comme une veuve florentine qui reprend l’école d’abaque de son mari en 1330.

Depuis la fin de l’Antiquité, et pendant tout le Moyen Âge, les arts dits libéraux forment le socle des connaissances : ces disciplines, au nombre de sept, se répartissent en deux groupes, le trivium, qui réunit les trois arts du langage (grammaire, rhétorique et dialectique) et le quadrivium, englobant les quatre arts considérés comme ceux du nombre (géométrie, arithmétique, musique et astronomie). Le premier auteur chrétien à les évoquer est saint Augustin (354-430). Dans son De Ordine (II, 12), il définit sept disciplines qui sont presque toutes les connaissances que l’homme peut acquérir en dehors de la révélation. Au-dessus de ces sept arts, la philosophie en est la mère. Dans une perspective chrétienne, à la suite de Boèce, les arts libéraux sont considérés comme propédeutiques à la théologie, c’est-à-dire à l’étude de l’Écriture sainte. 

 

Des représentations féminines

Les arts libéraux sont un sujet de représentation dès le IXe siècle mais c’est à partir du XIIe siècle que ce thème devient une véritable tradition iconographique. Tout au long de la période et au-delà, ces arts sont représentés et personnifiés sur différents supports (sculpture, vitrail, enluminure, tapisserie, fresque) par autant de figures féminines. 

Dans un manuscrit du De institutione arithmetica de Boèce daté de 845 environ, musique, ... Lire la suite gratuitement

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