Si la reconnaissance des femmes mathématiciennes n’a jamais été une évidence, au moins œuvraient-elles sous leur propre nom. Ou bien lorsque ce n’était pas le cas, elles utilisaient un pseudonyme pour éviter de mêler leur nom nobiliaire à des activités qui auraient pu nuire à leur rang. Ainsi, utiliser un pseudonyme masculin est très rare avant la Révolution (voir l'article « La reconnaissance des savantes des Lumières »).
En revanche, après la Révolution, les choses se compliquent pour les femmes : le peu de liberté que certaines d’entres elles (issues de la noblesse ou de la grande bourgeoisie) avaient se réduit quasiment à néant. Olympe de Gouges ne manque pas, parmi tant d’autres, de le dénoncer : « Ô femmes ! femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles ? Quels sont les avantages que vous avez recueillis dans la révolution ? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé. Votre empire est détruit ; que vous reste-t-il donc ? La conviction des injustices de l’homme. »
De fait, la bourgeoisie qui prend les rênes après la Révolution érige un principe nouveau : puisque, sous l’Ancien Régime, les nobles n’avaient pas le droit de travailler (s’ils travaillaient autre chose que la terre, ils perdaient leur titre de noblesse), et puisque ... Lire la suite
