L’entrée des femmes à l’Observatoire astronomique de Paris


Colette Le Lay

Les calculatrices entrent massivement dans l’astronomie française dans les années 1880 mais il faut attendre 1908 et la réforme du parcours type des astronomes pour que des femmes prennent le chemin d’une carrière professionnelle d’astronome, dans le sillage d’Edmée Chandon.

En 1924, les lycées de jeunes filles obtiennent l’autorisation d’offrir les mêmes enseignements que les lycées de garçons, permettant officiellement aux filles d’y préparer le baccalauréat (voir l'article « Il y a 100 ans, l’égalité devant le baccalauréat » du Tangente n° 222). Auparavant (loi Camille Sée 1880), les jeunes filles terminaient leur cursus en lycées dédiés sans accès à l’enseignement supérieur. Entre ces deux dates, certaines passent outre et deviennent astronomes. Pour elles, tout commence en 1907.

 

Un stage pour devenir astronome

Avant 1907, l’accès au corps des astronomes est pour le moins opaque. Il favorise la reproduction sociale, les clans familiaux et la gent masculine. D’où quelques déconvenues : jeunes gens, généralement issus des Grandes écoles, refusant de se plier aux règles et de s’acquitter des missions de service jugées trop répétitives. Aussi un décret est-il pris rendant obligatoire un stage de deux ans pour s’assurer que le postulant possède les qualités requises. 

Dès 1908, Edmée Chandon (1885-1944) est admise à effectuer ledit stage. Elle est titulaire d’une licence ès sciences mathématiques (1906) et première à l’agrégation de mathématiques (1908). 

À l’image de ses collègues masculins, elle se familiarise avec tous les rouages de l’Observatoire : le service quotidien des lunettes méridiennes qui ... Lire la suite gratuitement


références

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Rapports annuels sur l’état de l’Observatoire de Paris, Imprimerie nationale, 1892-1940. Disponibles en ligne : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32848060n/date.r=.langFR
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Les carrières féminines à l’Observatoire de Paris (1908-1940). Colette Le Lay, Images des mathématiques, 2021. Disponible en ligne : https://images.math.cnrs.fr/les-carrieres-feminines-a-lobservatoire-de-paris-1908-1940-de-lintegration-au-seuil-infranchissable-de-la-derniere-marche/
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Edmée Chandon : femme pionnière, scientifique invisible. Les ressorts de l’injustice épistémique dans le champ astronomique du premier XXe siècle. Charly Pellarin-Régis, Genre & Histoire, 32, 2023.
Disponible en ligne : https://journals.openedition.org/genrehistoire/8466

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