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Trophées Tangente 2017 Les lauréats


l'équipe du Club Tangente

Les Trophées Tangente deviennent une référence qui fait de plus en plus parler d'elle dans le monde de l'édition et dans celui de l'enseignement. Retour sur les trophées 2017, qui viennent d'être remis le 4 décembre au Palais du Luxembourg.


Pour marquer son rôle dans la transmission de la culture mathématique, qui fait autant place à l’art qu’à la littérature, au jeu qu’à l’histoire, aux situations de recherche qu’aux applications concrètes, le magazine Tangente décerne chaque année, via l’association Club Tangente, des prix interdisciplinaires, regroupés sous le nom de « Trophées Tangente ». Cette initiative désintéressée vise à promouvoir les mathématiques culturelles et les rendre accessibles au plus grand nombre (consulter le site des Trophées Tangente)

Tout a commencé en 2009 avec le Prix Tangente du livre, décerné pour la première fois à Daniel Justens pour son livre La mathématique du Chat (Delagrave). Il s’est bientôt enrichi d’autres prix : l’Osc’Art Tangente, décerné tous les trois ans à un artiste utilisant les mathématiques ; le Prix Bernard-Novelli, qui récompense le projet informatique d’un jeune autour du jeu et des mathématiques ; le Prix du meilleur article mettant en valeur les qualités d’un auteur non professionnel de textes mathématiques ; et le dernier en date, le Prix Tangente des lycéens, qui est au Prix Tangente du livre ce que le Goncourt des lycéens est au Goncourt, un prix attribué par des élèves qui, tout au long de l’année scolaire, lisent les dix livres sélectionnés et votent en fin de parcours pour désigner celui qu’ils ont préféré.

Le palmarès 2017, qui vient d’être proclamé pour quatre de ces prix (ce n’est pas l’année de l’Osc’Art), fait l’objet de cet article.

 

Prix Tangente du livre : le jury couronne Mickaël Launay !

Le jury à l’issue de la réunion. De gauche à droite : Martine Janvier, Martine Brilleaud, Bertrand Hauchecorne, Nathalie Juste et Leila Schneps.
 

À tout seigneur, tout honneur, commençons par le Prix Tangente du livre. Comme chaque année, nos lecteurs attendaient avec impatience le verdict du jury. Devenue une référence incontestable, cette récompense est chargée de mettre en valeur des ouvrages littéraires ou culturels flattant le goût pour les mathématiques et accessibles à un large public. Les éditeurs friands d’une meilleure diffusion et, bien sûr, les auteurs nominés, espéraient être choisis pour la distinction suprême ou à défaut pour une mention. 

Car avant la délibération du jury, il y a le vote des internautes, qui choisissent les ouvrages nominés parmi ceux parus dans les 18 derniers mois, répondant aux critères du règlement du Prix et ayant fait l’objet d’une note de lecture dans Tangente. Pour l’édition 2017, cinq ouvrages de qualité ont ainsi été choisis (voir liste complète des 15 ouvrages de l’édition 2017 dans le numéro 177 de Tangente, page 7). Trois d’entre eux, des essais invitant à mieux comprendre les mathématiques, reflètent la passion de leurs auteurs pour cette discipline. Le quatrième est un roman policier où des mathématiciens sont la cible de tueurs. Le cinquième est un ouvrage historique collectif en l’honneur de Pierre de Fermat. 

Le jury, présidé par Bertrand Hauchecorne, est renouvelé chaque année, comptant en particulier dans ses rangs un ou plusieurs des auteurs gagnants ou nominés de l’année précédente. Il s’est réuni comme pour tous les prix littéraires dignes de ce nom autour d’un excellent repas et a rendu son verdict.


Le Prix Tangente du livre est attribué à Mickaël Launay pour Le grand roman des maths (Flammarion). 

 

Dans cet ouvrage (voir notre note de lecture), l’auteur remonte à la préhistoire pour expliquer l’apparition des premières notions d’arithmétique et de géométrie. Il nous fait voyager dans le temps et l’espace pour nous faire découvrir l’émergence des idées. Dans une écriture pleine de charme, avec enthousiasme, il nous accompagne dans le développement des mathématiques. Dans son dernier chapitre intitulé Maths à venir, il nous montre que ce roman ne sera jamais achevé.

 

 

 

 

 

Le jury a accordé en outre des mentions aux deux livres suivants :

 

     

 

  

Le petit traité d’hasardologie d’Hubert Krivine (Éditions Cassini) brosse dans des termes simples mais précis la problématique des probabilités (voir notre note de lecture) ; il met en garde contre ses divers pièges à l’aide de nombreux exemples tirés de la vie courante ou de l’histoire. Écrit dans un style très accessible, l’ouvrage est émaillé de vignettes humoristiques. 

 

Pierre de Fermat l’énigmatique (Éditions Midi Pyrénéennes) : sous la direction de Marielle Mouranche, des universitaires toulousains matheux, juristes, historiens (neuf auteurs en tout) nous font vivre dans l’univers de Fermat et nous font comprendre le lien entre sa vie de juriste et ses fantastiques trouvailles mathématiques (voir notre note de lecture). On remarquera la grande qualité iconographique de l’ouvrage.

 

Mais les deux autres livres nominés sont loin d’avoir démérité. Celui de Jean-Paul Delahaye (Maths et mystères, Éditions Belin), a été remarqué par le jury pour l’originalité de son contenu (voir notre note de lecture). Notons que son auteur avait déjà remporté le Prix Tangente en 2014 avec  Inventions mathématiques. Quant au livre de François Darnaudet, L’homme qui valait des milliardsLe hacker de Bordeaux (Éditions Wartberg, voir notre note de lecture), il a été plébiscité par les jeunes, qui lui ont attribué le Prix Tangente des lycéens (voir plus loin).

 

Le prix Tangente des lycéens 2017 à François Darnaudet

Calendrier scolaire oblige, le Prix Tangente des lycéens 2017, même s’il a été remis aux lauréats en même temps que les autres trophées, a été décerné en juin dernier par plus de 200 élèves issus de 20 lycées répartis sur toute la France.

Le principe en est simple : dix livres, sélectionnés par la rédaction de Tangente, sont envoyés par leurs éditeurs à dix établissements participants (et achetés par les autres), permettant ainsi de compléter le fonds des CDI de façon originale. Ces ouvrages doivent avoir un rapport avec les mathématiques, mais peuvent être aussi bien des romans, des témoignages, des polars, des ouvrages de vulgarisation que des bandes dessinées ou des biographies.

Le lycée s’engage, quant à lui, à faire participer des élèves motivés qui lisent au moins six de ces livres au cours de l’année et les classent par ordre de préférence. La synthèse de tous les classements permet de déterminer l’ouvrage qui remporte le Prix Tangente des lycéens.

 

Le vainqueur 2017 est François Darnaudet pour son roman L’homme qui valait des milliards (Wartberg).

 

Est-ce l’histoire d’une traque sur fond de complot et d’énigme du millénaire qui a séduit les lycéens, ou le personnage du professeur de maths, anti-héros désabusé qui noie son ressentiment envers l’Éducation nationale dans l’alcool, le rock et le sexe (comme dans tout polar noir qui se respecte) qui leur a plu ? On notera que ce livre a également été sélectionné par les internautes pour faire partie des cinq nominés du prix Tangente du livre 2017 (voir plus haut).

 

 

 

 

 

 

 

Un deuxième roman, La mécanique des fluides de Mathieu Tazo (Daphnis et Chloé, voir notre note de lecture) a également été remarqué par les lycéens. Ce sont les équations de Navier-Stokes et la fascination qu’elles procurent qui forment les éléments mathématiques évoqués dans ce livre. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais les jeunes s’intéressent aussi aux faits réels et aux conséquences, parfois dramatiques, des erreurs  d’interprétation des mathématiques (ici des statistiques et probabilités) dans le domaine de la justice. Les maths au tribunal de Coralie Colmez et Leila Schneps (Le Seuil) a ainsi obtenu une mention. Ce livre (voir notre note de lecture) n’est pas inconnu des lecteurs de Tangente. Il avait déjà obtenu une mention au Prix Tangente du livre 2016.

 

 

 

 

Le Prix Tangente du meilleur article à Roger Mansuy

Le Prix Tangente du meilleur article, compétition créée en 2014, distingue un article de vulgarisation mathématique écrit par un amateur doué non journaliste professionnel. Les membres du jury ont dû départager de nombreuses candidatures, toutes très intéressantes. Mais il faut faire un choix. Le jury, qui est, lui aussi, renouvelé chaque année, a attribué le prix à Roger Mansuy, enseignant de mathématiques au Lycée Louis-le-Grand, qui, même s’il n’en est pas professionnel, est un habitué de la presse mathématique puisqu’il a dirigé la rédaction de la revue Quadrature

Son article, « Des traits et des maths », s’intéresse à des propriétés des graphes finis, liées à une conjecture de 1946 du mathématicien hongrois Paul Erdös. La question au cœur de l’article est la suivante : si l’on prend n points (que l’on place comme on le souhaite), quel est le nombre maximal de segments de même longueur reliant ces points ? D’un abord très simple, cette question s’explore déjà à la main, en dessinant des graphes à 3, 4, 5 points. Pourtant, les problèmes qui en émergent sont loin d’être aisés à résoudre...

Le jury a apprécié la clarté et la qualité pédagogique de l’article et a eu plaisir à découvrir (ou redécouvrir) ces manipulations des graphes finis, qui ressemblent presque à un jeu... auquel les lecteurs de Tangente pourront également se prêter puisque l’article sera publié dans notre prochain numéro (c’est l’une des récompenses). L’article sera également visible sur le site CultureMath, partenaire de ce prix.

Une mention particulière a également été décernée à Léo Gerville-Réache, déjà vainqueur du prix l’an dernier, pour son article titré « Comment se comporter rationnellement face au risque ? », dont la richesse a grandement impressionné le jury.

 

Le Prix Bernard-Novelli à Alexandre Variengien

Le Prix Bernard-Novelli, qui en est à sa cinquième édition, récompense des projets informatiques de lycéens autour du jeu mathématique, en présence des acteurs les plus représentatifs du sujet : le concours est en effet soutenu par la SIF (Société informatique de France), les calculatrices CASIO, les jeux vidéo Magma Mobile et le magazine Programmez !

Le jury a examiné et évalué les qualités techniques des projets de jeu mathématique ou logique avec Intelligence Artificielle des candidats. Le lauréat est Alexandre Varengien pour son jeu « Dominos évolutifs » qui a été réalisé avec le langage de programmation Python associé au module Tkinter (bibliothèque libre de Python permettant la création d’interfaces graphiques). Le jeu est décrit en encadré par Thierry Garcia, représentant la SIF dans le jury.

Ainsi, au total, neuf récompenses ont été décernées. Tous les gagnants remportent des œuvres d’art mathématique réalisées par des artistes dont plusieurs ont remporté lors des années précédentes l’Osc’Art Tangente : Jérémie Brunet, Denise Pranville, Patrice Jeener, Scowcza, Sellig Zed.

 

Mais l’organisation de tels événements demande, outre des moyens financiers pris en charge par les partenaires, essentiellement Magma Mobile et Casio, que toute l’équipe remercie, un temps important. Tous les lecteurs qui sont intéressés par donner un coup de main bénévole dans le cadre de l’association Club Tangente sont les bienvenus. N’hésitez pas à adhérer et à proposer votre aide en nous écrivant par e-mail pour ceux des trophées qui vous motivent le plus.