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Un mystère résolu grâce aux dés

Gianni Sarcone

Regardons de près un artéfact étrusque conservé à la Bibliothèque nationale de France, dont le numéro d’inventaire est Luynes 816 (d’après son généreux donateur Honoré Théodoric d’Albert, duc de Luynes). Ce simple dé en ivoire a la particularité d’avoir le nom des chiffres – au lieu de simples chiffres ou points – gravés en caractères étrusques sur les six faces. Ce sont ces inscriptions particulières qui ont servi à la reconstitution des six premiers numéraux étrusques.

 

Observons le développement sur le plan des six faces de ce dé avec les inscriptions, mises en évidence et transcrites avec leur valeur correspondante en chiffres (les Étrusques écrivaient de droite à gauche). Grâce aux caractéristiques communes aux dés (voir ci-contre), les archéologues ont pu déduire le nom des six premiers chiffres. Ils n’étaient en désaccord que sur le nom à attribuer aux chiffres 4 et 6 (sha ou bien huth ?). Une équipe de chercheurs italiens ont étudié statistiquement quatre-vingt-treize dés étrusques. Ils ont constaté que le chiffre 3 se trouve invariablement opposé au 4. Ainsi, par élimination, 4 ne pouvait que correspondre à sha, et donc huth doit être attribué à 6.

 

 

     

 

 

Note : les Étrusques écrivaient de droite à gauche

 

 

Les Étrusques ont aussi légué leur manière particulière de compter aux Romains, à savoir la pratique de la soustraction pour les trois nombres précédant la dizaine supérieure. Par exemple, ils écrivaient 18 esl-em zathrum (2 ôté de 20, en chiffres romains IIXX, duodeviginti), et 19 thun-em zathrum (1 ôté de 20, en chiffre romains IXX, undeviginti).

 

 

SOURCES

Lo Sdado. Gianni Sarcone, MateMagica, La Meridiana, 2005.
Les stupéfiants dés étrusques. Gianni Sarcone, Pliages, découpages et magie, POLE, 2012.
Gambling With Etruscan Dice: A Tale Of Numbers And Letters. Gilberto Artioli, Vincenzo Nociti et Ivana Angelini,