Histoire et cultureNotion · Glossaire
calendrier révolutionnaire
Le calendrier révolutionnaire, ou calendrier républicain, est un système de datation créé pendant la Révolution française pour remplacer symboliquement le calendrier de l'Ancien Régime. Il divise l'année en douze mois de trente jours, complétés par cinq jours, ou six lors d'une année bissextile.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Situer le point de départ, la publication officielle et l'abrogation du calendrier révolutionnaire.
- Retrouver les totaux de 365 et 366 jours à partir des mois et des jours complémentaires.
- Distinguer origine rétroactive, année ordinaire, année bissextile et analogue soviétique.
- Reconnaître les limites d'une conversion fondée sur une seule correspondance de dates.
En clair
Imaginez une année rangée en douze groupes égaux. Chaque groupe compte 30 jours : les mois forment donc un ensemble de 360 jours. Cinq jours complémentaires terminent une année ordinaire ; un sixième s'ajoute lorsqu'elle est bissextile.
Cette organisation est celle du calendrier révolutionnaire, ou calendrier républicain. Son départ, fixé au 22 septembre 1792, associait l'équinoxe d'automne et la proclamation de la République. Le changement de calendrier exprimait ainsi une rupture symbolique avec l'Ancien Régime.
Définition
Le calendrier révolutionnaire est un système de datation conçu pendant la Révolution française et également nommé calendrier républicain. Son point de départ est le 22 septembre 1792, date qui coïncidait avec l'équinoxe d'automne et la proclamation de la République. Il fut toutefois publié officiellement le 5 octobre 1793, avec effet rétroactif : son origine précède donc son adoption officielle.
Une année comprend 12 mois de 30 jours, soit 360 jours répartis en mois. Cinq jours complémentaires, appelés sans-culottides, portent le total d'une année ordinaire à 365 jours. Une année bissextile reçoit un sixième jour complémentaire, nommé jour de la Révolution, et totalise alors 366 jours. Le schéma de l'année rend visibles ces deux totaux sans supposer de règle bissextile que la définition source ne précise pas.
Le calendrier fut abrogé à compter du 31 décembre 1805, date donnée comme le 10 nivôse an XIV. Un calendrier révolutionnaire soviétique analogue fut en usage de 1929 à 1940 ; cette analogie de nom ne suffit pas à en faire le calendrier français.
Un exemple, pas à pas
On veut vérifier combien de jours contient l'année décrite par le calendrier révolutionnaire. Les données sont les suivantes : 12 mois, 30 jours par mois et 5 jours complémentaires dans une année ordinaire. Une année bissextile possède un jour complémentaire de plus.
1. Le nombre de jours placés dans les mois est :
2. Pour l'année ordinaire, on ajoute les cinq sans-culottides :
3. Pour l'année bissextile, le jour de la Révolution porte le complément à six jours :
Le résultat est donc de 365 jours pour une année ordinaire et de 366 jours pour une année bissextile. Le contrôle se refait à l'envers : retirer les 5 ou 6 jours complémentaires redonne exactement 360 jours, soit les 12 mois de 30 jours.
En pratique
Face à la date « 10 nivôse an XIV », l'indication an XIV signale le calendrier révolutionnaire. La correspondance fournie par la source est le 31 décembre 1805 ; elle évite de traiter nivôse comme un mois du calendrier aujourd'hui usuel.
Pour contrôler la longueur d'une année décrite dans ce système, on compte d'abord 12 groupes de 30 jours, puis les jours complémentaires. Le total 365 correspond au cas ordinaire ; le total 366 exige le sixième jour nommé jour de la Révolution.
Lorsqu'un texte mentionne un « calendrier révolutionnaire » entre 1929 et 1940, les dates orientent vers l'analogue soviétique. Pour la version française, les repères donnés ici vont du point de départ de 1792 à l'abrogation de 1805.
À ne pas confondre
Calendrier révolutionnaire français et calendrier révolutionnaire soviétique. Le premier a pour point de départ le 22 septembre 1792 et fut abrogé en 1805. L'analogue soviétique fut en usage de 1929 à 1940. Une date située dans cette seconde période tranche donc entre les deux contextes.
Limites et pièges
Origine et publication ne coïncident pas. Le calendrier part du 22 septembre 1792, mais sa publication officielle date du 5 octobre 1793 avec effet rétroactif. Employer la seconde date comme premier jour décale donc l'origine du système.
Le sixième jour n'est pas annuel. Cinq sans-culottides complètent l'année ordinaire. Le jour de la Révolution s'ajoute seulement aux années bissextiles ; la source ne donnant pas leur règle de détermination, il ne faut pas l'inventer à partir du seul total.
Une correspondance ne donne pas une méthode générale. Le couple « 31 décembre 1805 — 10 nivôse an XIV » est fourni avec l'abrogation. Il ne suffit pas à convertir n'importe quelle date : une règle de conversion complète serait nécessaire.
L'analogie soviétique reste une autre histoire. La période 1929-1940 appartient au calendrier révolutionnaire soviétique analogue. Elle ne prolonge pas le calendrier français abrogé à compter du 31 décembre 1805.
Pour aller plus loin
Le glossaire calendrier permet de replacer cette organisation révolutionnaire parmi les systèmes qui ordonnent et nomment les jours de l'année.
Le glossaire équinoxe précise le phénomène auquel coïncidait le point de départ du 22 septembre 1792.
Explorez les mathématiques autrement
Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.
Découvrir les offres
