Passer au contenu principal
GéométrieNotion · Glossaire

magnitude - astronomie -

En astronomie, la magnitude est une mesure logarithmique de l’éclat reçu d’un astre : plus elle est petite, plus l’astre paraît brillant. La magnitude apparente dépend notamment de la distance et du récepteur utilisé ; la magnitude absolue est celle qu’aurait l’astre à 10 parsecs, afin de comparer les astres à distance commune.
Relation entre éclat et magnitude pour deux étoiles L’étoile A, d’éclat relatif 100 et de magnitude 1, est comparée à l’étoile B, d’éclat relatif 1 et de magnitude 6. A B éclat relatif 100 magnitude 1 éclat relatif 1 magnitude 6 rapport d’éclats : 100 écart : 5 magnitudes Plus brillante → magnitude plus petite
Un éclat multiplié par 100 correspond ici à une magnitude diminuée de 5 : l’échelle se lit en sens inverse.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Séparer luminosité rayonnée et éclat reçu.
  • Lire le sens inversé de l’échelle des magnitudes.
  • Calculer cinq magnitudes d’écart avec la relation de Pogson.
  • Choisir entre magnitude apparente et magnitude absolue.

En clair

Dans un ciel étoilé, deux astres peuvent envoyer vers l’observateur des quantités de lumière très différentes. La magnitude traduit cet éclat reçu en un nombre : plus ce nombre est petit, plus l’astre paraît brillant.
L’échelle est logarithmique. Un écart de cinq magnitudes correspond à un rapport d’éclat de 100. Il faut aussi préciser de quelle magnitude on parle : l’apparente décrit l’observation, tandis que l’absolue ramène l’étoile à une distance commune.

Définition

La magnitude apparente est une mesure logarithmique de l’éclat reçu d’un astre. Cet éclat, exprimé en watts par mètre carré, dépend de la luminosité propre de l’étoile, exprimée en watts, et de sa distance à l’observateur. La luminosité est donc une puissance rayonnée, tandis que l’éclat est une puissance reçue par unité de surface perpendiculaire au rayonnement.
Pour deux étoiles, la lettre m1 désigne la magnitude apparente de la première et m2 celle de la seconde. Les grandeurs E1 et E2 désignent leurs éclats respectifs. La relation de Pogson, formalisée en 1856, est : m1m2=2,5log10(E2E1)m_1-m_2=2{,}5\log_{10}\left(\frac{E_2}{E_1}\right). Une magnitude plus petite correspond ainsi à un éclat plus grand.
La magnitude apparente dépend aussi du récepteur utilisé : œil humain, film photographique ou capteur électronique. La magnitude absolue d’une étoile est, par convention, la magnitude apparente qu’elle aurait à 10 parsecs, soit environ 32,6 années-lumière. Cette distance commune permet de ne plus confondre, dans la comparaison, luminosité propre et éloignement.

Un exemple, pas à pas

Comparons deux étoiles observées avec le même type de récepteur. L’étoile A a un éclat relatif EA = 100 et l’étoile B un éclat relatif EB = 1. La magnitude apparente de B vaut mB = 6.
1. On applique la relation de Pogson à A et B : mAmB=2,5log10(EBEA)m_A-m_B=2{,}5\log_{10}\left(\frac{E_B}{E_A}\right).
2. Le rapport des éclats vaut EB/EA = 1/100 = 0,01.
3. Comme log10(0,01) = −2, la différence vaut mA − mB = 2,5 × (−2) = −5.
4. On obtient mA = 6 − 5 = 1. L’étoile A, cent fois plus éclatante dans cette comparaison, a donc une magnitude apparente inférieure de cinq unités. Le contrôle se fait en sens inverse : 100=105/2,5100=10^{5/2{,}5}.

En pratique

Pour comparer ce que deux étoiles envoient effectivement vers un observateur, on compare leurs magnitudes apparentes dans le même système photométrique et la même bande passante, ou des mesures correctement calibrées dans un système commun. Le plus petit nombre signale l’éclat reçu le plus grand.
Pour comparer les étoiles comme si elles étaient placées à la même distance, on emploie plutôt leur magnitude absolue. Le critère est la question posée : apparence depuis l’observateur, ou comparaison ramenée à 10 parsecs.
Pour convertir un rapport d’éclats en écart de magnitudes, on place les éclats dans la relation de Pogson. Il faut conserver leur ordre : inverser E1 et E2 inverse le signe du résultat.

À ne pas confondre

Magnitude et luminosité. La luminosité est l’énergie rayonnée par unité de temps, en watts ; la magnitude apparente traduit l’éclat reçu. Deux étoiles de même luminosité mais placées à des distances différentes n’ont donc pas nécessairement la même magnitude apparente.
Luminosité et éclat. La première caractérise ce que l’étoile rayonne ; le second mesure ce qui est reçu par unité de surface, en watts par mètre carré. Si la distance change, l’éclat change même lorsque la luminosité reste la même.
Magnitude apparente et magnitude absolue. La première dépend des conditions d’observation et de la distance réelle. La seconde correspond à l’observation conventionnelle à 10 parsecs : c’est elle qu’il faut choisir pour une comparaison à distance commune.

Limites et pièges

Échelle inversée. Une valeur numérique plus grande ne signifie pas un astre plus brillant. Entre les magnitudes 1 et 6, l’astre de magnitude 1 fournit l’éclat reçu le plus grand ; il faut donc lire le sens de l’échelle avant de classer.
Écarts non proportionnels. Ajouter cinq unités de magnitude ne divise pas l’éclat par cinq, mais par 100. Pour tout autre écart, il faut employer la relation logarithmique plutôt qu’une règle de trois additive.
Récepteur non précisé. La magnitude apparente dépend du récepteur : œil, film photographique ou capteur électronique. Comparer des valeurs obtenues par des récepteurs différents sans préciser ce cadre peut rendre l’interprétation ambiguë.
Distance oubliée. Un faible éclat reçu ne suffit pas à conclure qu’une étoile rayonne peu, car l’éclat dépend aussi de la distance. Pour isoler la comparaison à distance commune, on considère la magnitude absolue à 10 parsecs.

Pour aller plus loin

Le glossaire étoile replace la magnitude dans l’étude de l’astre dont on mesure l’éclat reçu.
L’article Aux sources de l’astronomie moderne prolonge le contexte historique des outils et des idées astronomiques.
Continuez avec Tangente

Explorez les mathématiques autrement

Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.

Découvrir les offres