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AnalyseObjet mathématique · Glossaire

Sur-additive (suite)

Une suite (an)n1(a_n)_{n\ge1} est dite sur-additive si elle vérifie am+nam+ana_{m+n}\ge a_m+a_n pour tous entiers positifs m et n. Autrement dit, au rang composé m + n, la valeur obtenue en réunissant les deux rangs est au moins aussi grande que la somme des valeurs prises séparément.
naₙ 012345 81624 (2 ; 4)(3 ; 9)a₅ = 25 a₂ + a₃ = 132 + 3 = 5
Pour les rangs 2 et 3, le point de rang 5 vaut 25, tandis que les deux valeurs séparées totalisent 13.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Définir l’inégalité de sur-additivité avec ses indices.
  • Vérifier la propriété sur la suite a_n = n².
  • Relier les rapports a_n/n au lemme de Fekete et à un supremum éventuellement infini.

En clair

Imaginez une quantité qui grandit lorsque l’on assemble deux morceaux d’une suite. Pour deux rangs positifs m et n, la valeur obtenue au rang m + n est au moins aussi grande que la somme des deux valeurs séparées. La suite garde donc une mémoire favorable de l’assemblage : réunir les rangs ne fait pas perdre de quantité. Cette propriété s’appelle la sur-additivité. Elle aide ensuite à comprendre pourquoi la croissance moyenne par rang peut se stabiliser, ou augmenter sans borne.

Définition

Une suite réelle est une liste de nombres réels indexés par des entiers positifs. On l’écrit (an)n≥1, où an désigne le terme de rang n. Cette suite est sur-additive lorsque, pour tous entiers positifs m et n, son terme de rang m + n vérifie l’inégalité suivante : am+nam+ana_{m+n}\ge a_m+a_n.
La condition compare la valeur obtenue après regroupement à la somme des valeurs obtenues séparément. Elle ne demande pas que les termes soient positifs : la propriété porte sur l’inégalité et peut concerner des termes réels. Elle est la notion duale de la sous-additivité, où le signe de comparaison est inversé. Le lemme de Fekete sur les suites sur-additives affirme que an/na_n/n converge vers le supremum des rapports an/na_n/n, avec la possibilité que cette limite soit +∞.

De quoi c'est fait

Quatre éléments structurent la notion. Les termes an sont les valeurs de la suite, et leur indice n indique le rang. Les deux rangs positifs m et n sont les morceaux que l’on rassemble. Le rang composé m + n détermine le terme placé à gauche de la comparaison, tandis que am + an fournit sa borne inférieure.
Les indices m et n déterminent donc ensemble le rang composé, puis ce rang détermine le terme am+n. La comparaison entre ce terme et la somme est la relation qui définit la structure. Ces données suffisent à tester la propriété sur des couples de rangs choisis et à former les rapports de croissance an/na_n/n.

Un exemple, pas à pas

Considérons la suite définie par an=n2a_n=n^2 pour les rangs positifs. Prenons m = 2 et n = 3. Les données sont a2 = 4, a3 = 9 et a5 = 25, car 2 + 3 = 5.
1. Le rang composé vaut 2 + 3 = 5.
2. Le terme correspondant vaut a5 = 5² = 25.
3. La somme des termes séparés vaut a2 + a3 = 4 + 9 = 13.
4. La comparaison donne 25 ≥ 13 : l’inégalité de sur-additivité est vérifiée pour ce couple.
Le contrôle consiste à recalculer le terme du rang 5 et la somme des termes de rangs 2 et 3. Pour cette suite, l’écart observé est 25 − 13 = 12. Un seul couple ne suffit pas à prouver la propriété pour tous les rangs, mais il montre concrètement le mécanisme de comparaison.

En pratique

En analyse, on peut tester une suite candidate en calculant am+n et am + an pour des couples de rangs, puis rechercher une preuve valable pour tous les couples. La comparaison exacte, plutôt qu’une impression donnée par quelques termes, est le bon geste.
Pour étudier une croissance à long terme, on examine les rapports an/n. Le lemme de Fekete fournit alors une information globale sur leur limite. Si l’on cherche seulement une intuition numérique, un tableau de valeurs convient ; pour conclure, il faut revenir à l’inégalité générale et à ses hypothèses.

À ne pas confondre

La sur-additivité ne doit pas être confondue avec la sous-additivité. Dans le premier cas, le terme au rang composé est au moins égal à la somme des deux termes séparés ; dans le second, il lui est au plus égal. Pour trancher, on regarde le sens de l’inégalité : la suite an = n² vérifie 25 ≥ 13 pour les rangs 2 et 3, ce qui illustre le premier cas.

Limites et pièges

Une vérification sur quelques couples ne suffit pas à établir la sur-additivité. Elle peut révéler un comportement compatible sans garantir l’inégalité pour tous les entiers positifs m et n. Le symptôme est une conclusion universelle tirée d’un tableau fini ; il faut chercher une preuve générale ou un contre-exemple.
Le lemme de Fekete ne promet pas nécessairement une limite finie. Le supremum des rapports an/na_n/n peut être +∞. Il faut donc conserver cette possibilité lorsque l’on interprète la convergence : une suite de rapports peut croître sans borne au lieu de tendre vers un nombre réel.
Enfin, la source parle d’entiers positifs pour les indices. Inclure l’indice 0 ou des indices négatifs sans préciser une extension changerait le domaine de la définition. Le bon réflexe consiste à vérifier d’abord quels rangs sont autorisés avant d’appliquer l’inégalité.

Pour aller plus loin

Le lemme de Fekete prolonge directement cette fiche : il explique pourquoi les rapports de la suite par leur rang convergent vers leur supremum, éventuellement infini. Le lecteur y gagne le résultat général qui transforme une comparaison locale entre termes en information sur la croissance à long terme.
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