- Identifier les feuillets reliés et la couverture qui caractérisent le codex.
- Distinguer le codex du rouleau par leur structure et leur mode de consultation.
- Situer les supports en parchemin et en papier ainsi que l'extension mésoaméricaine du terme.
codex
Un codex est un livre manuscrit formé de feuillets reliés sous une couverture, que l'on feuillette au lieu de le dérouler comme un rouleau. Cette structure facilite l'accès à un passage et la conservation du texte. Par extension, le terme désigne aussi des manuscrits mésoaméricains constitués de longues bandes pliées en accordéon.

Contents
What you will learn
In plain terms
Imaginez plusieurs feuillets écrits, réunis sous une couverture. On peut les feuilleter et atteindre directement un passage, au lieu de dérouler puis d'enrouler un long rouleau. Cet objet est un codex. Sa forme rend la consultation plus commode et favorise la conservation du texte.
Le mot s'applique d'abord au livre manuscrit relié devenu courant dans l'Empire romain. Il s'étend aussi à des manuscrits mésoaméricains dont la longue bande se déplie en accordéon.
Definition
Un codex est un livre manuscrit formé de feuillets reliés ensemble et protégés par une couverture. Cette organisation permet de feuilleter l'ouvrage et d'accéder plus facilement à un passage. Elle favorise aussi sa conservation. À partir des premiers siècles de notre ère, le codex devient la forme standard du livre dans l'Empire romain et remplace progressivement le rouleau de parchemin.
Les premiers codex sont réalisés en parchemin. Le papier est également employé à partir du XIIIe siècle. L'imprimerie ne fait pas disparaître cette forme manuscrite. La codicologie étudie le codex comme objet matériel, notamment sa structure et ses supports.
Par extension, le terme s'applique aux livres manuscrits aztèques et mayas. Ils peuvent être faits d'une longue bande de peau, de papier végétal ou de fibres d'arbres, pliée en accordéon et ornée de dessins et de légendes. Certains précèdent la conquête espagnole. Malgré les destructions massives opérées par les colonisateurs, ils constituent des sources essentielles sur les civilisations mésoaméricaines. Des formes analogues de livres reliés existaient aussi en Chine et au Tibet.
A step-by-step example
Un conservateur examine un livre manuscrit sans étiquette. Les données observables sont les suivantes : le texte occupe plusieurs feuillets, ces feuillets sont reliés ensemble, une couverture les protège et le support est du parchemin.
1. Il vérifie d'abord la structure. Les feuillets reliés sous une couverture forment un livre que l'on peut feuilleter.
2. Il observe ensuite la production. Le texte est manuscrit, et non imprimé. Le parchemin est l'un des supports attestés pour un codex.
3. Il compare enfin l'objet au rouleau. Ici, aucune longue bande ne doit être déroulée pour atteindre un passage : les feuillets se tournent séparément.
Ces critères permettent de classer l'objet comme un codex. Le contrôle est refaisable : si les feuillets n'étaient pas reliés et formaient une bande à dérouler, le même diagnostic ne conviendrait pas.
In practice
Pour consulter un manuscrit, la structure donne un premier repère. Des feuillets reliés se parcourent page par page ; une longue bande continue appelle plutôt le geste de dérouler.
Pour décrire matériellement un codex, on observe séparément la reliure, la couverture et le support des feuillets. Le parchemin et, à partir du XIIIe siècle, le papier sont les supports cités dans cette histoire.
Pour étudier l'objet lui-même plutôt que le seul texte, on se tourne vers la codicologie. Cette discipline convient lorsque la structure matérielle du manuscrit porte l'information recherchée.
Not to be confused with
Codex et rouleau. Le codex réunit des feuillets reliés sous une couverture ; le rouleau se présente comme une bande à dérouler. Le geste de consultation tranche : on feuillette le premier, on déroule le second.
Codex et livre imprimé. Le codex dont il est ici question est manuscrit. Un volume composé de pages reliées mais produit par impression partage une forme de livre sans devenir, pour ce seul motif, un manuscrit.
Limits and pitfalls
La reliure occidentale n'est pas le seul cas. Les codex aztèques et mayas peuvent être constitués d'une longue bande pliée en accordéon. L'apparence d'une bande ne suffit donc pas à conclure qu'il s'agit d'un rouleau : il faut observer si elle se déroule ou se déplie.
Le support ne suffit pas. Un texte sur parchemin n'est pas automatiquement un codex. Le critère visible est l'assemblage de feuillets reliés ; à partir du XIIIe siècle, le papier peut aussi remplir ce rôle.
Une forme analogue n'autorise pas une identité automatique. Des livres reliés existaient aussi en Chine et au Tibet. Il faut décrire leur structure propre avant de leur appliquer sans nuance le vocabulaire issu de l'histoire romaine du codex.
Further reading
L'étude d'un codex ne s'arrête pas à son texte : son support, son assemblage et sa conservation renseignent aussi sur la transmission d'un écrit. L'article À la recherche d’un traité perdu d’Euclide prolonge cette perspective par le cas d'un manuscrit lié à une œuvre disparue.
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