Passer au contenu principal
Tangente
History and cultureConcept · Glossary
Read in: English

George Berkeley

George Berkeley défend l’immatérialisme : un objet n’est pas une substance matérielle indépendante de l’esprit ; son être consiste à être perçu. Il soutient aussi que les objets ne causent pas eux-mêmes les perceptions successives, dont l’origine dépend de la volonté divine.
La causalité selon Berkeley Les objets perçus n'agissent pas causalement les uns sur les autres ; la volonté divine est à l'origine des successions observées. Objet perçu A Objet perçu B Volonté divine Successions observées
Chez Berkeley, les objets n'agissent pas causalement les uns sur les autres ; la volonté divine est à l'origine des successions observées.
Contents

What you will learn

  • Situer George Berkeley et ses trois ouvrages datés dans le parcours fourni par la source.
  • Distinguer l'immatérialisme, la thèse causale et la critique des absolus newtoniens.
  • Repérer les limites de ce que la source permet d'affirmer sur Newton, l'optique et Voltaire.

In plain terms

En 1710, après ses études à Dublin, George Berkeley présente dans les Principes de la connaissance humaine une idée déroutante : un objet n'existe pas comme substance matérielle séparée de l'esprit qui le perçoit. Ce qui compte d'abord, c'est donc la perception.
Berkeley appelle cette philosophie « immatérialisme » ; elle sera plus tard appelée « idéalisme ». Il l'étend à la causalité : les objets ne produisent pas eux-mêmes les successions observées, dont l'origine est attribuée à la volonté divine.

Definition

George Berkeley (1685–1753) est un philosophe et homme d'Église irlandais, d'origine anglaise et de confession anglicane. Formé à Dublin, il voyage en Europe, puis séjourne en Amérique de 1728 à 1731 pour un projet missionnaire. Sa philosophie occupe une place majeure dans l'histoire de la philosophie moderne et reçoit des critiques, notamment celle de Voltaire.
Dans les Principes de la connaissance humaine (1710), Berkeley nomme « immatérialisme » la doctrine selon laquelle l'essence des objets réside dans leur perception. Autrement dit, la substance matérielle n'existe pas indépendamment de l'esprit qui la perçoit. Cette doctrine sera plus tard appelée « idéalisme ». Elle comporte aussi une thèse causale : les objets ne peuvent pas agir causalement les uns sur les autres ; seule la volonté divine est à l'origine des successions observées.
L'Essai sur une nouvelle théorie de la vision (1709) examine métaphysiquement la perception de l'espace et critique l'optique géométrique traditionnelle. De motu (1720) s'oppose aux conceptions de Newton sur l'espace, le temps et le mouvement absolus. Ces deux interventions précisent le terrain de sa pensée sans se confondre avec toute sa doctrine.

A step-by-step example

Imaginons une pomme posée sur une table. Un lecteur en perçoit d'abord la face rouge et brillante, puis, après l'avoir tournée, une face plus pâle. Suivons sur ce cas le raisonnement attribué à Berkeley.
1. L'esprit perçoit la face rouge et brillante de la pomme : l'accès à cet objet passe par cette perception.
2. On ne pose pas, derrière elle, une substance matérielle qui existerait indépendamment de l'esprit.
3. Quand la perception de la face plus pâle succède à la première, Berkeley ne fait pas de la pomme la cause de cette succession.
4. Il attribue l'origine de cette succession observée à la volonté divine.
Pour contrôler la distinction, demandons-nous ce que chaque affirmation concerne. Le refus d'une pomme matérielle indépendante de l'esprit relève de l'immatérialisme ; l'origine des deux perceptions successives relève de la thèse causale. Les confondre ferait perdre une étape du raisonnement.

In practice

Pour lire les Principes de la connaissance humaine, on suit la relation entre objet, perception et esprit. Si le passage traite plutôt d'espace vu, l'Essai sur une nouvelle théorie de la vision offre le contexte le plus précis.
Devant une discussion sur l'espace, le temps ou le mouvement absolus, on se reporte à De motu. Le critère est la présence explicite de ces conceptions newtoniennes, plutôt qu'une question générale sur la perception.
Pour situer Berkeley dans l'histoire des idées, on repère enfin le nom donné à sa doctrine. « Immatérialisme » est son terme ; « idéalisme » est l'appellation postérieure indiquée par la source.

Not to be confused with

Immatérialisme et espace absolu. L'immatérialisme concerne le statut des objets par rapport à l'esprit qui les perçoit. L'espace absolu appartient aux conceptions de Newton contestées dans De motu. Un passage sur l'existence de la matière relève du premier ; un passage sur l'absoluité de l'espace, du temps ou du mouvement relève du second.
Perception de l'espace et optique géométrique traditionnelle. Berkeley aborde la première d'un point de vue métaphysique dans son essai de 1709, tout en critiquant la seconde. Le critère qui tranche est la question posée : le statut métaphysique de la perception ne se confond pas avec le traitement traditionnel de l'optique géométrique.

Limits and pitfalls

Nom de la doctrine. Employer « idéalisme » sans précision peut masquer la chronologie du vocabulaire. Berkeley la nomme « immatérialisme » dans les Principes de 1710 ; « idéalisme » est une appellation postérieure.
Portée de la critique de Newton. La source établit une opposition aux conceptions de l'espace, du temps et du mouvement absolus dans De motu. Elle ne permet pas d'étendre cette opposition à l'ensemble des travaux de Newton.
Portée de la critique de l'optique. L'essai de 1709 critique l'optique géométrique traditionnelle en abordant métaphysiquement la perception de l'espace. Ce cadre précis ne justifie pas de transformer la critique en rejet indifférencié de toute étude de la vision.
Réception. Voltaire figure parmi les critiques de Berkeley, mais la source ne donne ni argument ni texte précis. Il faut donc retenir l'existence de cette critique sans lui attribuer un contenu non établi ici.

Further reading

Pour prolonger l'étude sans confondre les textes, on peut suivre trois questions dans l'ordre de leurs publications : la perception de l'espace dans l'essai de 1709, l'immatérialisme dans les Principes de 1710, puis la critique de l'espace, du temps et du mouvement absolus dans De motu en 1720. Ce parcours fait apparaître les domaines précis auxquels Berkeley applique sa réflexion.
Continue with Tangente

Explore mathematics differently

Discover our magazines, podcasts and games to explore mathematics differently.

See our offers