Le génie de John Conway

John Horton Conway, mathématicien de génie, est décédé à l'âge de 82 ans le 11 avril, à New Brunswick (New Jersey, États-Unis). À la fois créateur à l'imagination débordante dans de nombreux domaines – en particulier le jeu – et vulgarisateur hors pair, il incarnait le modèle idéal de mathématicien dont Tangente pouvait rêver. Par son talent, John Conway a fait avancer les mathématiques dans des domaines variés : groupes finis, théorie des nombres, géométrie et topologie géométrique, physique théorique, combinatoire et théorie des jeux. Mais c'est plus particulièrement le « jeu de la vie » qui l'a rendu célèbre, permettant à un large public de découvrir les mathématiques sous un jour nouveau, ludique et profond à la fois. Ce jeu a servi, entre autres, à la modélisation du développement d'une épidémie. Coïncidence tragique, ce sont des complications liées au coronavirus qui ont eu raison de son créateur.

LES ARTICLES

Conway, le joueur mathématicien

Bertrand Hauchecorne
John Conway a fait progresser la théorie des groupes finis, la théorie des nombres, la topologie, la physique théorique, la théorie des jeux combinatoires et la géométrie. Son originalité, sa créativité, sa personnalité hors du commun l'ont rendu populaire auprès de tous les amateurs de jeux mathématiques, surtout après sa création dans les années 1970 du jeu de la vie.


Une des créations les plus connues de John Conway est le jeu de la vie, dont il eut l'idée en 1970. Il s'agit d'un cas particulier d'automate cellulaire, constitué d'êtres virtuels qui se développent dans les cellules d'un quadrillage régulier, vivent, meurent et naissent selon des règles définies à l'avance.


Un irrésistible géomètre

Élisabeth Busser
Trouver des liens féconds entre deux objets mathématiques qui a priori n'ont pas vocation à se rencontrer. Voici l'essence de la démarche de Conway. Comment procédait-il pour mettre à jour ces liens ? Il s'amusait, comme le montrent ces quelques exemples issus de la géométrie !


Vertigineux nombres surréels !

D. Justens et J. Bair
En couplant la notion de coupure de Dedekind et la construction des nombres entiers naturels de von Neumann, John Conway a construit la plus grande collection de nombres possible. Il s'agit de la classe des surréels, à laquelle il a donné la structure de corps.


John Conway s'est associé à Simon Kochen pour démontrer le théorème du libre arbitre (« the free will theorem »). Ce résultat force à reconsidérer la mécanique quantique, sans l'associer nécessairement à des probabilités. Il apporte un éclairage nouveau à un paradoxe mis en avant par Einstein.


En bref : Les jeux comme source d'inspiration

Nicolas Graner

Les jeux ont toujours été une source d'inspiration inépuisable pour Conway. Tant par l'étude des classique que par la création de nouvelles énigmes.



En bref : Pavages : le critère de Conway

Michel Criton

Vous avez sans doute entendu parlé des pavages, mais connaissez-vous ce critère élémentaire pour qu'un polygone puisse paver le plan ?



En bref : Suites et conjectures

Éric Angelini

Conway aimait manipuler les suites de nombres. Ses explorations l'ont conduit à énoncer des conjectures élémentaires dans leur formulation mais redoutables à aborder.



En bref : Des livres de référence

Bertrand Hauchecorne

Guidé par ses passions et ses découvertes, John Conway a rédigé de nombreux ouvrages passionnants mais malheureusement peu traduits.



En bref : Conway et les groupes

Bertrand Hauchecorne

Très tôt, Conway s'est passionné pour les groupes et en particulier pour les groupes sporadiques.



Les dernières publications POLE