Dans le Livre de San Michele, il est écrit que l’épidémie de choléra de 1883 avait brusquement pris fin à Naples où l’auteur, Axel Munthe, exerçait la médecine. Le phénomène a étonné les littéraires, et pourtant il est vrai que la percolation de la maladie mortelle s’est arrêtée. Les articles de l’ouvrage sur la modélisation de la propagation des épidémies vous montreront pourquoi. Le diagnostic est individuel, mais la médecine est établie sur des bases collectives et pour cela la statistique et la logique apportent leur contribution, tout comme les immenses progrès récents de l’imagerie médicale, dus à la résolution des images, mais aussi aux logiciels mathématiques qui les accompagnent.
L’application des mathématiques aux sciences humaines est trop souvent critiquée, en témoignent les querelles autour du concept d’« homme moyen » de Quetelet. On oublie que les statistiques de ce savant du xixe siècle ont puissamment aidé Florence Nightingale à créer la profession d’infirmière, en montrant que la plupart des soldats mouraient, non sur les champs de bataille, mais à l’hôpital… des suites d’infections nosocomiales.