Histoire et cultureNotion · Glossaire
Nikodym Otton Marcin
Otton Marcin Nikodym (1887-1974) est un mathématicien polonais associé à la théorie de la mesure et au théorème de Radon-Nikodym. Sous des hypothèses appropriées, ce théorème décrit une mesure par rapport à une autre au moyen d’une densité : c’est le lien mathématique derrière le nom composé. Nikodym a aussi travaillé en analyse fonctionnelle, calcul tensoriel et mécanique quantique, après un parcours entre Cracovie, Varsovie et le Kenyon College.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Situer les principales étapes de la carrière de Nikodym
- Expliquer simplement le lien entre deux mesures, une densité relative et le théorème de Radon-Nikodym
- Distinguer sa biographie, ses domaines et ses publications
En clair
En 1911, après ses études à Lvov, Otton Marcin Nikodym commence par enseigner les mathématiques et la physique dans un lycée de Cracovie. Son parcours change en 1924, lorsque Sierpinski l'oriente vers la recherche. Nikodym devient ensuite professeur et chercheur, d'abord à Varsovie, puis au Kenyon College dans l'Ohio.
Son nom reste particulièrement associé à la théorie de la mesure, notamment au théorème de Radon-Nikodym. Ses travaux couvrent aussi l'analyse fonctionnelle, les espaces de Banach et de Hilbert, le calcul tensoriel et la mécanique quantique.
Définition
Otton Marcin Nikodym est un mathématicien polonais dont les recherches relient plusieurs domaines de l'analyse et de la physique mathématique. La théorie de la mesure constitue l'un de ses domaines de prédilection, avec notamment le théorème de Radon-Nikodym. La propriété de Radon-Nikodym apparaît aussi dans son travail sur les espaces de Banach.
Son activité comprend également la théorie des opérateurs dans les espaces de Hilbert, le calcul tensoriel et la mécanique quantique. Ces mentions décrivent des cadres de recherche distincts : l'analyse fonctionnelle étudie notamment des espaces et des applications, tandis que le calcul tensoriel fournit un langage pour la géométrie et la physique mathématique.
Son parcours institutionnel accompagne cette diversité. Après un enseignement secondaire à Cracovie, il s'oriente vers la recherche en 1924, publie ses premiers travaux en 1925 et obtient son habilitation à Varsovie en 1927. Il enseigne à Varsovie jusqu'en 1946, puis rejoint le Kenyon College en 1948.
Un exemple, pas à pas
Pour suivre le parcours de Nikodym, on peut retenir les étapes datées de sa carrière : diplôme en 1911 ; orientation vers la recherche en 1924 ; premiers travaux en 1925 ; habilitation à Varsovie en 1927 ; fin de l'enseignement à Varsovie en 1946 ; arrivée au Kenyon College en 1948 ; retraite en 1966. La frise rend cet ordre immédiatement vérifiable.
Voici une situation finie que l'on peut refaire. Sur l'ensemble {a, b}, prenons comme mesure de référence ν la mesure de comptage : ν({a}) = 1 et ν({b}) = 1. Définissons une autre mesure μ par μ({a}) = 2 et μ({b}) = 1. Les deux mesures sont σ-finies et μ ne charge aucun ensemble de mesure ν nulle ; le théorème de Radon-Nikodym s'applique donc. Sa densité relative est f(a) = 2 et f(b) = 1, car μ({a}) = f(a)ν({a}) et μ({b}) = f(b)ν({b}). Ici, μ est la quantité décrite, ν la référence et f la « dérivée de Radon-Nikodym » : ce n'est pas une dérivée de fonction ordinaire.
Le contrôle consiste à reprendre les données : ν({a}) = ν({b}) = 1, μ({a}) = 2 et μ({b}) = 1, puis à constater que μ({a, b}) = 3 = 2ν({a}) + 1ν({b}). La condition sur les ensembles de mesure ν nulle est ainsi satisfaite dans cet ensemble fini, et les valeurs f(a) = 2 et f(b) = 1 vérifient la relation μ(A) = ∑_{x∈A} f(x)ν({x}) pour toute partie A de {a, b}. Pour la biographie, on associe séparément chaque année à un événement unique : on ne confond ainsi ni une date de carrière, ni une mesure, ni une dérivée de fonction ordinaire.
En pratique
Pour identifier Nikodym dans une histoire de l'analyse, on repère l'association entre son nom, la théorie de la mesure et le théorème de Radon-Nikodym. Si le passage porte plutôt sur son parcours, les jalons de Cracovie, Varsovie et du Kenyon College permettent de le situer.
Pour retrouver ses thèmes de recherche, on cherche les espaces de Banach et de Hilbert, le calcul tensoriel ou la mécanique quantique. Le critère utile est la présence d'un de ces domaines, et non la seule mention d'une équation différentielle.
À ne pas confondre
Nikodym ne se confond pas avec Sierpinski. Le critère est biographique : Sierpinski est cité comme l'un de ses professeurs à Lvov, puis comme la personne qui l'oriente vers la recherche en 1924 ; Nikodym est le mathématicien qui poursuit ensuite sa propre carrière et publie ses travaux à partir de 1925.
Il faut également distinguer le mathématicien du théorème de Radon-Nikodym. Le nom du théorème désigne un résultat de théorie de la mesure associé à l'un de ses domaines de recherche ; il ne désigne ni sa biographie ni l'ensemble de ses travaux.
Limites et pièges
Un premier piège consiste à réduire Nikodym au seul théorème de Radon-Nikodym. Le symptôme est une fiche qui omet l'analyse fonctionnelle, les espaces de Banach et de Hilbert, le calcul tensoriel et la mécanique quantique. Il faut alors restituer la pluralité de ses domaines de prédilection. Pour interpréter une mesure par une densité relative, il faut toutefois rester dans les hypothèses appropriées du théorème : cette lecture est conditionnelle et ne vaut pas pour deux mesures quelconques.
Un second piège consiste à lire sa carrière comme une suite de postes sans rupture. Le tournant est daté de 1924 : Sierpinski le convainc de s'orienter vers la recherche. Les premiers travaux suivent en 1925, puis l'habilitation arrive en 1927 ; ces trois étapes ne doivent pas être fondues en un seul événement.
Enfin, ses publications ne forment pas une liste homogène. Introduction au calcul différentiel paraît en 1936, l'ouvrage sur les tenseurs en 1938, Equations différentielles en 1949 et The Mathematical Apparatus for Quantum-Theories en 1966. Plusieurs ouvrages ont été perdus pendant la Seconde Guerre mondiale, et Nikodym a choisi de ne pas les réécrire.
Pour aller plus loin
Pour prolonger le thème de la théorie de la mesure, l'article La poussière dans les coins offre un autre accès à cette famille de questions. Le lecteur y gagne un contexte complémentaire pour situer le domaine auquel le nom de Nikodym est notamment rattaché.
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