- Situer Qusta ibn Luqa entre Baalbek et Bagdad au IXe siècle.
- Distinguer ses propres traités des textes grecs qu'il a traduits.
- Identifier les langues, disciplines et auteurs associés à son travail.
- Comprendre les limites documentaires dues à la perte d'une partie de ses écrits.
Histoire et cultureNotion · Glossaire
Qusta ibn Luqa
Qusta ibn Luqa est un savant, auteur et traducteur multilingue qui a composé des traités dans plusieurs disciplines et traduit en arabe de nombreux textes grecs. Son rôle essentiel est d'avoir contribué, grâce à sa maîtrise du grec, de l'arabe et du syriaque, à la transmission du savoir grec au monde arabo-islamique.

Sommaire
Ce que vous allez apprendre
En clair
Au IXe siècle, Qusta ibn Luqa quitte Baalbek, dans l'actuel Liban, et s'installe à Bagdad. Il sait lire le grec, l'arabe et le syriaque. Cette maîtrise lui permet de rendre accessibles en arabe de nombreux textes grecs.
Il ne se contente pas de traduire. Médecin, philosophe, astronome et mathématicien, il écrit aussi ses propres traités. Son parcours illustre ainsi deux gestes complémentaires : produire des savoirs et faire passer ceux d'autres auteurs d'une langue à une autre.
Définition
Qusta ibn Luqa al-Ba'labakki est un savant et traducteur chrétien de rite melkite, né à Baalbek vers 820 et mort vers 912. Installé à Bagdad, il maîtrise le grec, l'arabe et le syriaque. Son rôle historique principal tient à ses traductions de textes grecs en arabe, qui participent à la transmission du savoir grec au monde arabo-islamique.
Son activité couvre la médecine, l'astronomie, l'astrologie, la psychologie, la philosophie, la logique et les mathématiques. Parmi les auteurs associés à ses traductions figurent Galien, Aristarque de Samos, Théodose de Tripoli, Autolycos de Pitane, Hypsiclès, Ptolémée, Héron d'Alexandrie, Aristote, Euclide et Diophante. La source distingue les commentaires de Galien, les traités astronomiques de plusieurs auteurs et d'autres œuvres grecques.
Qusta ibn Luqa est également auteur. Son De differentia spiritus et animae, traité de psychologie, est traduit en latin au XIIe siècle. Une grande partie de ses écrits est toutefois perdue ou connue seulement par des traductions latines médiévales ; l'étude de son œuvre dépend donc parfois de témoins indirects.
Un exemple, pas à pas
Prenons le cas de l'astronomie pour suivre, étape par étape, ce que recouvre son travail de transmission. Les données de départ sont un savant installé à Bagdad, trois langues maîtrisées — grec, arabe et syriaque — et des traités grecs attribués notamment à Aristarque de Samos, Théodose de Tripoli, Autolycos de Pitane, Hypsiclès et Ptolémée.
1. On identifie d'abord les textes de départ : ici, des traités astronomiques grecs.
2. Qusta ibn Luqa mobilise sa connaissance des langues pour les traduire en arabe.
3. Le texte obtenu change de langue, mais demeure rattaché à son auteur grec.
4. On distingue enfin cette traduction des traités que Qusta ibn Luqa compose lui-même.
2. Qusta ibn Luqa mobilise sa connaissance des langues pour les traduire en arabe.
3. Le texte obtenu change de langue, mais demeure rattaché à son auteur grec.
4. On distingue enfin cette traduction des traités que Qusta ibn Luqa compose lui-même.
Le contrôle consiste à vérifier séparément trois informations : l'auteur du texte, la langue de départ et la langue d'arrivée. Ce relevé évite d'attribuer à Qusta ibn Luqa les ouvrages grecs qu'il a traduits, tout en rendant visible son rôle décisif de passeur.
En pratique
Pour lire une notice sur Qusta ibn Luqa, on commence par repérer le verbe employé. « Écrit » signale un traité dont il est l'auteur ; « traduit » signale une œuvre ou un commentaire attribué à un autre auteur.
Pour suivre la circulation d'un texte, on note chaque langue explicitement attestée. Dans son parcours, le grec, l'arabe et le syriaque relèvent de ses compétences linguistiques. Le latin apparaît aussi dans la transmission médiévale de certains de ses propres écrits.
Pour situer son apport aux mathématiques, on recherche les auteurs mathématiques mentionnés avec ses traductions, notamment Euclide et Diophante. On préfère cette vérification précise à l'affirmation trop large qu'il aurait traduit indistinctement tout le corpus grec.
À ne pas confondre
Qusta ibn Luqa et les auteurs qu'il traduit. Une œuvre d'Euclide, de Diophante ou de Ptolémée reste attribuée à son auteur grec. La mention d'une traduction arabe par Qusta ibn Luqa décrit son intervention sur le texte, non sa création.
Traduction et œuvre personnelle. Les textes grecs rendus en arabe ne se confondent pas avec ses propres traités de médecine, d'astronomie, d'astrologie, de psychologie, de philosophie ou de logique. De differentia spiritus et animae relève de son œuvre personnelle.
Limites et pièges
Dates approximatives. Les repères vers 820 et vers 912 ne sont pas des dates exactes. Il faut conserver « vers » dans une chronologie et éviter d'en déduire un âge précis.
Œuvre incomplètement conservée. Une grande partie de ses écrits est perdue ou seulement connue par des traductions latines médiévales. L'absence d'un original ne permet donc pas, à elle seule, de conclure que le texte n'a jamais existé.
Attributions à lire avec précision. La source associe Qusta ibn Luqa à des commentaires de Galien, à des traités astronomiques et à des œuvres de plusieurs auteurs. Il faut conserver la nature du texte indiquée, plutôt que de transformer toute mention en traduction d'une œuvre complète.
Un acteur parmi d'autres. Le qualifier de grand acteur de la transmission ne signifie pas qu'il en est l'unique artisan. La formulation juste situe son importance sans réduire le passage du savoir grec au monde arabo-islamique à une seule personne.
Pour aller plus loin
Le portrait d'Euclide permet de replacer l'un des auteurs mathématiques traduits dans sa propre histoire.
La fiche Diophante d'Alexandrie prolonge l'enquête sur un autre auteur dont Qusta ibn Luqa a transmis une œuvre.
La fiche consacrée à Héron d'Alexandrie éclaire un troisième jalon grec du réseau de traductions mentionné dans la source.
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