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tableau de Young
Un tableau de Young est un assemblage de cases en lignes justifiées à gauche, dont les longueurs décroissent ou restent égales de haut en bas. Ses cases sont remplies d'entiers strictement positifs qui croissent de gauche à droite et de haut en bas. C'est un outil central de combinatoire algébrique, notamment pour étudier les représentations et les polynômes symétriques.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Lire la forme d'un tableau de Young comme une partition.
- Vérifier la croissance des valeurs sur les lignes et les colonnes.
- Refaire un exemple complet de forme (4, 3, 1).
- Distinguer diagramme, tableau strict, tableau standard et tableau semi-standard.
En clair
Imaginez huit cases rangées en escalier : quatre sur la première ligne, trois sur la suivante, puis une sur la dernière. Chaque nouvelle ligne ne dépasse pas celle qui la précède. Cette silhouette justifiée à gauche est la forme du tableau.
On inscrit ensuite des entiers positifs dans les cases. Avec la convention de cette fiche, ils augmentent strictement quand on va vers la droite ou vers le bas. La forme organise donc les cases, tandis que le remplissage apporte l'information combinatoire.
Définition
Un tableau de Young part d'un diagramme formé de lignes de cases justifiées à gauche. Les longueurs des lignes constituent une partition : si λi désigne la longueur de la ligne numéro i et si r est le nombre de lignes, elles vérifient :
On remplit chaque case par un entier strictement positif. Si ai,j est l'entrée située sur la ligne i et dans la colonne j, la convention retenue ici impose une croissance stricte entre deux cases voisines de toute ligne et de toute colonne :
Le tableau conducteur a pour forme (4, 3, 1), soit huit cases, et contient une fois chacun des entiers de 1 à 8. Il est donc aussi un tableau de Young standard. D'autres conventions existent : un tableau semi-standard autorise généralement des répétitions le long des lignes, avec une croissance faible sur les lignes et stricte dans les colonnes. Il faut toujours annoncer la convention de croissance utilisée.
Où on le rencontre
On rencontre le tableau de Young dans un dessin en cases : les lignes commencent au même bord, leurs longueurs ne croissent jamais en descendant, chaque case contient un entier positif et les valeurs respectent un ordre horizontal et vertical. La suite des longueurs porte la partition, tandis que les nombres inscrits portent le remplissage.
Ce support intervient en combinatoire algébrique, dans la théorie des représentations des groupes symétriques et linéaires, ainsi que dans l'étude des polynômes symétriques. Alfred Young l'a introduit en 1903 dans ses travaux sur les représentations des groupes.
Le mode d'emploi
La première information à lire est la forme, c'est-à-dire la longueur de chaque ligne. Pour le tableau conducteur, on lit successivement 4, 3 et 1 cases : sa forme est donc (4, 3, 1) et sa taille totale vaut 4 + 3 + 1 = 8 cases.
1. Vérifiez que toutes les lignes partent du même bord et qu'aucune ligne basse n'est plus longue que celle qui la surmonte.
2. Lisez chaque ligne de gauche à droite et contrôlez que chaque valeur est strictement plus grande que la précédente.
3. Lisez chaque colonne de haut en bas et appliquez le même contrôle.
4. Examinez enfin les valeurs utilisées pour savoir s'il s'agit d'un tableau standard ou d'un autre remplissage autorisé.
2. Lisez chaque ligne de gauche à droite et contrôlez que chaque valeur est strictement plus grande que la précédente.
3. Lisez chaque colonne de haut en bas et appliquez le même contrôle.
4. Examinez enfin les valeurs utilisées pour savoir s'il s'agit d'un tableau standard ou d'un autre remplissage autorisé.
L'œil peut prendre l'escalier de cases pour toute l'information. Or deux tableaux de même forme peuvent avoir des remplissages différents. Le bon réflexe consiste à séparer le contrôle de la silhouette de celui des valeurs, puis à vérifier la convention de croissance annoncée.
Un exemple, pas à pas
Construisons un tableau avec huit cases. Le dessin associé rend simultanément visibles sa forme (4, 3, 1), son remplissage et les comparaisons à effectuer.
Données.
Longueurs des lignes : 4, 3 et 1.
Première ligne : 1, 2, 4, 7.
Deuxième ligne : 3, 5, 8.
Troisième ligne : 6.
Convention : croissance stricte vers la droite et vers le bas.
Longueurs des lignes : 4, 3 et 1.
Première ligne : 1, 2, 4, 7.
Deuxième ligne : 3, 5, 8.
Troisième ligne : 6.
Convention : croissance stricte vers la droite et vers le bas.
Étape 1. Les longueurs vérifient 4 ≥ 3 ≥ 1. Les huit cases forment donc bien un diagramme de Young de forme (4, 3, 1).
Étape 2. Les lignes sont strictement croissantes : 1 < 2 < 4 < 7, puis 3 < 5 < 8. La troisième ligne n'a qu'une case, donc aucune paire horizontale à comparer.
Étape 3. Les colonnes donnent 1 < 3 < 6, puis 2 < 5 et 4 < 8. La quatrième colonne ne contient que 7. Toutes les comparaisons verticales requises sont donc satisfaites.
Résultat et contrôle. Le remplissage est un tableau de Young selon la convention stricte de la fiche. Comme les entiers de 1 à 8 apparaissent chacun exactement une fois, c'est aussi un tableau standard. Le comptage 4 + 3 + 1 = 8 contrôle qu'aucune valeur ne manque.
En pratique
Pour représenter une partition, on dessine seulement la forme : la partition (4, 3, 1) devient trois lignes de 4, 3 et 1 cases. Si les valeurs inscrites n'interviennent pas, le diagramme de Young suffit et évite de choisir un remplissage inutile.
Pour étudier les représentations des groupes symétriques ou linéaires, les remplissages distinguent des objets associés à une même forme. Le choix entre tableau standard et semi-standard dépend alors de la règle de répétition et de croissance exigée par le problème.
Dans l'étude des polynômes symétriques, la forme et les entrées servent à organiser des contributions combinatoires. Avant tout calcul, on vérifie la convention du texte : stricte sur les deux directions, standard, ou semi-standard.
À ne pas confondre
Tableau et diagramme de Young. Le diagramme est seulement l'escalier de cases associé à une partition ; le tableau ajoute des valeurs dans ces cases. Pour la forme (4, 3, 1), deux remplissages différents donnent le même diagramme mais deux tableaux distincts.
Tableau de Young et tableau standard. Le tableau standard de taille n emploie chacun des entiers de 1 à n exactement une fois. Un remplissage strict utilisant 1, 3 et 5 dans une ligne de trois cases respecte l'ordre, mais n'est pas standard de taille 3.
Tableau strict et tableau semi-standard. Dans la convention semi-standard courante, les lignes peuvent comporter des valeurs égales, tandis que les colonnes restent strictement croissantes. La ligne 1, 1, 3 est admise par cette règle, mais refusée par la convention strictement croissante de cette fiche.
Limites et pièges
Les conventions varient selon les ouvrages. « Tableau de Young » peut désigner largement un diagramme rempli, puis être précisé par « standard », « semi-standard » ou « strict ». Le symptôme est une règle de croissance différente ; il faut reprendre la définition donnée localement avant de tester un remplissage.
L'orientation du dessin n'est pas universelle. Certaines présentations placent les lignes longues en bas plutôt qu'en haut. Une figure renversée n'est donc pas automatiquement fausse : il faut repérer la convention graphique et traduire correctement l'ordre des lignes et des colonnes.
Une ligne ou une colonne d'une seule case ne fournit aucune comparaison. Dans la dernière ligne du tableau conducteur, la valeur 6 ne peut violer aucune croissance horizontale. Il reste toutefois à la comparer verticalement à 3, située au-dessus.
La forme ne détermine pas le remplissage. La partition (4, 3, 1) fixe huit positions, pas les nombres qu'elles contiennent. Pour conclure qu'un tableau est standard, il faut contrôler séparément que les huit valeurs sont exactement 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8.
Pour aller plus loin
La forme d'un tableau relie immédiatement l'objet aux partitions : le nombre total de cases est la somme des longueurs de lignes. Le remplissage ajoute ensuite des contraintes d'ordre, ce qui permet de classer plusieurs tableaux partageant le même diagramme.
Le glossaire sur le Polynôme symétrique (élémentaire) présente l'une des familles algébriques pour lesquelles les tableaux de Young constituent un outil fondamental.
L'article Cheminement combinatoire élargit la perspective vers les constructions et raisonnements propres à la combinatoire.
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