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ArithmétiqueNotion · Glossaire

tablette cunéiforme

Une tablette cunéiforme est un support d'argile sur lequel des signes en forme de coins sont imprimés avec un roseau taillé. Ces signes forment un système d'écriture, et non une langue particulière, capable notamment de noter des syllabes et de conserver des informations variées.
tablette cunéiforme
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Reconnaître le support d'argile et les empreintes en forme de coin.
  • Distinguer la tablette, le système d'écriture et les langues qu'il note.
  • Situer le passage progressif des pictogrammes à un système phonétique syllabique.
  • Identifier la diversité des domaines documentés, dont les mathématiques.

En clair

Imaginez une plaque d'argile encore fraîche et un roseau taillé. En pressant son extrémité dans l'argile, on obtient de petites empreintes en forme de coins. Leur organisation forme des signes : la tablette devient alors le support d'une information écrite.
Ces signes ont d'abord ressemblé à des dessins stylisés. Ils ont ensuite servi à noter des syllabes, ce qui a rendu le système adaptable à plusieurs langues.

Définition

Une tablette cunéiforme est un support d'argile portant des signes de l'écriture cunéiforme. Le nom vient du latin cuneus, « coin » : les signes résultent des empreintes d'un roseau taillé pressé dans l'argile fraîche. L'écriture est née dans le Proche-Orient ancien à la fin du quatrième millénaire avant notre ère.
Les premiers signes étaient pictographiques : leurs dessins stylisés évoquaient des objets ou des notions. À partir du milieu du troisième millénaire, le système a progressivement acquis un fonctionnement phonétique syllabique, dans lequel des signes notent des syllabes. Employée d'abord pour le sumérien, cette écriture a ensuite été adaptée à d'autres langues mésopotamiennes, notamment l'akkadien, langue sémitique dominante au deuxième millénaire.
Les centaines de milliers de tablettes conservées ne forment donc pas un corpus uniquement mathématique. Elles témoignent aussi de l'administration, du commerce, de la législation, de la littérature, de l'astronomie et de la divination.

Un exemple, pas à pas

Prenons le cas d'une information administrative à inscrire. Les données sont un support d'argile fraîche, un roseau taillé et le contenu à noter.
1. L'extrémité du roseau est pressée dans l'argile. Chaque pression laisse une empreinte en forme de coin.
2. Plusieurs empreintes sont organisées en signes. Les signes encodent l'information selon le système d'écriture employé.
3. Le résultat est une tablette cunéiforme : l'argile est le support, tandis que les empreintes ordonnées portent le message.
Le contrôle consiste à retrouver les trois marqueurs annoncés : une tablette d'argile, des traces produites par pression et des signes composés d'empreintes en coin.

En pratique

Pour identifier le support, on observe d'abord la matière et la forme des traces. Une tablette d'argile marquée d'empreintes en coin oriente vers le cunéiforme ; une plaque d'argile sans signes organisés ne suffit pas à conclure.
Pour situer un document dans l'évolution de l'écriture, on distingue les dessins stylisés qui évoquent des objets ou des notions des signes employés pour noter des syllabes. Cette distinction évite de réduire toute l'histoire du cunéiforme à une seule forme.
Pour classer le contenu, on s'appuie sur l'information portée par la tablette. Une inscription mathématique n'est qu'un cas parmi des documents administratifs, commerciaux, juridiques, littéraires, astronomiques ou divinatoires.

À ne pas confondre

La tablette et l'écriture. La tablette est le support en argile ; le cunéiforme est le système de signes. Une plaque d'argile sans signes cunéiformes n'est donc pas une tablette cunéiforme au sens documentaire.
Cunéiforme et pictogramme. Un pictogramme évoque un objet ou une notion par un dessin stylisé. Le cunéiforme a connu cette phase, puis a progressivement intégré des signes phonétiques notant des syllabes.
Écriture et langue. « Cunéiforme » ne signifie ni « sumérien » ni « akkadien ». Le même système d'écriture a d'abord noté le sumérien, puis a été adapté à l'akkadien et à d'autres langues mésopotamiennes.

Limites et pièges

Une chronologie sans année unique. La naissance est située à la fin du quatrième millénaire avant notre ère. La remplacer par une année précise donnerait une exactitude que la source n'établit pas.
Une évolution progressive. Le passage des pictogrammes au fonctionnement phonétique syllabique commence à partir du milieu du troisième millénaire. Il ne faut pas le présenter comme un basculement instantané.
La forme ne donne pas tout le sens. Reconnaître des empreintes en coin aide à identifier l'écriture, mais ne détermine à lui seul ni la langue ni le domaine du texte. Il faut examiner les signes et le contenu.

Pour aller plus loin

La numération babylonienne prolonge l'étude des tablettes mathématiques en montrant le système de nombres employé dans ce contexte.
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