Histoire et cultureNotion · Glossaire
Wiles Andrew
Andrew Wiles est le mathématicien britannique qui a démontré le grand théorème de Fermat : pour tout entier naturel n strictement supérieur à 2, l'équation x^n + y^n = z^n n'admet aucune solution en entiers non nuls. Sa preuve passe par la modularité des courbes elliptiques semi-stables, un pont entre courbes elliptiques et formes modulaires suffisant pour obtenir ce théorème.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Distinguer les rôles de Fermat, Ribet et Wiles dans la chronologie.
- Suivre le passage des courbes elliptiques et des formes modulaires au théorème de Fermat.
- Reconnaître la restriction aux courbes elliptiques semi-stables dans le résultat cité.
En clair
En 1994, Andrew Wiles relie un problème énoncé en 1637 à des objets mathématiques d'un tout autre aspect. Le problème affirme qu'aucune puissance entière d'exposant supérieur à 2 ne se partage en deux puissances de même exposant, lorsque les trois entiers sont non nuls.
Son idée décisive passe par les courbes elliptiques et les formes modulaires. Ken Ribet avait établi en 1985 que la conjecture reliant ces deux mondes entraînerait le grand théorème de Fermat. Wiles en démontre le cas nécessaire pour les courbes elliptiques semi-stables.
Définition
Andrew Wiles est un mathématicien britannique né en 1953, spécialiste de théorie des nombres et de géométrie algébrique. Sa thèse de doctorat porte sur la théorie d'Iwasawa. Devenu professeur à l'université de Princeton en 1982, il obtient aussi, avec Coates, plusieurs résultats importants sur la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer.
Son nom reste principalement associé au grand théorème de Fermat. Si la lettre n désigne un entier naturel strictement supérieur à 2, ce théorème affirme que l'équation n'a aucune solution lorsque x, y et z sont des entiers non nuls. Fermat avait énoncé ce résultat en 1637.
La démonstration de Wiles repose sur un pont entre courbes elliptiques et formes modulaires. En 1985, Ken Ribet avait établi que le théorème de Fermat découlerait de la conjecture de Shimura-Taniyama-Weil. Celle-ci relie les courbes elliptiques aux formes modulaires. Wiles démontre en 1994 la partie concernant les courbes elliptiques semi-stables, suffisante pour obtenir le théorème de Fermat.
Un exemple, pas à pas
Suivons le cas source qui conduit au grand théorème de Fermat. Les données sont l'énoncé de Fermat de 1637, le résultat de Ribet de 1985 et le cas semi-stable établi par Wiles en 1994. Les lettres x, y et z représentent des entiers non nuls ; la lettre n représente un entier naturel strictement supérieur à 2.
1. On part de l'équation à exclure :
2. Ribet établit que le grand théorème de Fermat découlerait de la conjecture reliant courbes elliptiques et formes modulaires.
3. Wiles démontre cette relation pour les courbes elliptiques semi-stables.
4. Ce cas fournit précisément la conséquence attendue : l'équation n'admet aucune solution en entiers non nuls.
2. Ribet établit que le grand théorème de Fermat découlerait de la conjecture reliant courbes elliptiques et formes modulaires.
3. Wiles démontre cette relation pour les courbes elliptiques semi-stables.
4. Ce cas fournit précisément la conséquence attendue : l'équation n'admet aucune solution en entiers non nuls.
Le contrôle consiste à suivre les implications, et non à tester quelques valeurs : Ribet fournit le passage logique vers Fermat, tandis que Wiles établit le résultat nécessaire au départ de ce passage.
En pratique
Pour lire l'histoire du grand théorème de Fermat, on associe chaque date à une contribution distincte : l'énoncé en 1637, l'implication établie par Ribet en 1985, puis le cas semi-stable démontré par Wiles en 1994. Cette chronologie évite d'attribuer à un seul auteur toute la chaîne d'idées.
Pour situer la stratégie de Wiles, on suit le pont entre trois objets : l'équation de Fermat, les courbes elliptiques et les formes modulaires. Une recherche directe de solutions entières ne décrit pas la méthode donnée par la source ; le critère pertinent est la relation de modularité.
Pour replacer Wiles dans son domaine, on ne réduit pas ses travaux à Fermat. Sa thèse sur la théorie d'Iwasawa et ses résultats avec Coates sur la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer le situent plus largement en théorie des nombres et en géométrie algébrique.
À ne pas confondre
La contribution de Ken Ribet et celle d'Andrew Wiles. En 1985, Ribet établit l'implication qui fait découler le théorème de Fermat de la conjecture de Shimura-Taniyama-Weil. En 1994, Wiles démontre le cas semi-stable requis. La question « qui a construit le passage logique ? » désigne Ribet ; la question « qui a établi le cas permettant de conclure ? » désigne Wiles.
Le grand théorème de Fermat et la conjecture de Shimura-Taniyama-Weil. Le premier porte sur l'absence de solutions entières non nulles d'une équation de puissances pour un exposant supérieur à 2. La seconde relie courbes elliptiques et formes modulaires. Dans le cas traité par Wiles, cette relation sert à démontrer le théorème ; les deux énoncés ne sont donc pas identiques.
Limites et pièges
Ne pas élargir le résultat cité. La source attribue à Wiles la démonstration de la conjecture de Shimura-Taniyama-Weil pour les courbes elliptiques semi-stables. Écrire qu'il y démontre, sans restriction, le cas de toute courbe elliptique effacerait l'hypothèse décisive. Il faut conserver le qualificatif « semi-stable ».
Ne pas réduire la preuve à des essais numériques. Vérifier l'absence de solutions pour quelques valeurs de n ne traite jamais tous les entiers naturels strictement supérieurs à 2. Le symptôme du piège est une liste finie d'exemples présentée comme une preuve générale. Il faut suivre l'implication établie par Ribet puis le résultat de Wiles.
Respecter les conditions de l'équation. L'énoncé cité exige n > 2 et des entiers x, y et z non nuls. Autoriser n = 2 ou une valeur nulle change le problème. Avant d'invoquer le grand théorème de Fermat, il faut donc vérifier l'exposant et la non-nullité des trois entiers.
Pour aller plus loin
théorème de Fermat — Pour examiner précisément l'énoncé arithmétique auquel aboutit la démonstration de Wiles.
courbe elliptique — Pour identifier l'objet géométrique au cœur du cas semi-stable établi par Wiles.
forme modulaire — Pour approfondir l'autre famille d'objets reliée aux courbes elliptiques dans la stratégie.
Explorez les mathématiques autrement
Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.
Découvrir les offres
