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Logic and set theoryMethod · Glossary
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Diagonal argument

Le procédé diagonal construit un objet absent d'une liste supposée complète. Pour cela, on modifie la n-ième coordonnée du n-ième objet : le résultat diffère ainsi de chaque objet de la liste. Cantor emploie ce geste pour montrer que les réels ne sont pas dénombrables.
Construction d'une suite par le procédé diagonal Cinq suites binaires forment une grille. Les cases diagonales jaunes donnent 01101 et leur complément rouge donne 10010. Diagonale 01101 1 2 3 4 5 x₁ x₂ x₃ x₄ x₅ 01011 11001 00110 10100 11011 y 10010 suite construite
Les cases jaunes donnent 01101 ; leur inversion produit 10010, qui diffère de chaque ligne au rang correspondant.
Contents

What you will learn

  • Construire une suite qui diffère de la n-ième ligne au n-ième rang.
  • Relier cette construction à la non-dénombrabilité des réels.
  • Éviter le piège des deux développements décimaux d'un même réel.
  • Reconnaître l'extraction diagonale employée avec une infinité de conditions.

In plain terms

Imaginez une liste infinie de suites de 0 et de 1, écrites ligne après ligne. Prenez le premier symbole de la première ligne, le deuxième de la deuxième, puis le troisième de la troisième, et ainsi de suite. Ces symboles forment une diagonale.
Inversez chacun d'eux : 0 devient 1 et 1 devient 0. La nouvelle suite diffère de la première ligne à la première place, de la deuxième à la deuxième place, et de toute ligne quelque part. Elle ne figurait donc pas dans la liste, même si celle-ci prétendait être complète.

Definition

Le procédé diagonal est une construction par laquelle on réfute l'exhaustivité d'une liste infinie. On suppose que des objets x1, x2, … sont tous rangés selon les entiers naturels et que chacun possède une suite de coordonnées. On fabrique un objet y dont la n-ième coordonnée est choisie différente de la n-ième coordonnée de xn. Pour tout entier naturel n au moins égal à 1, y et xn diffèrent donc à cette coordonnée. Ainsi, y n'est égal à aucun objet annoncé dans la liste.
Dans l'argument de Cantor sur les réels, les coordonnées sont des chiffres décimaux. Il faut fixer une écriture canonique, car certains réels ont deux développements décimaux. Une règle sûre choisit toujours 1 ou 2 : au rang n, on écrit 2 si le n-ième chiffre du n-ième réel vaut 1, et 1 sinon. Le réel construit ne finit pas par une suite de 9 et diffère du n-ième réel au rang n.
Le même geste sert en analyse à sélectionner une sous-suite qui conserve successivement une infinité de conditions. Chaque étape raffine la sous-suite précédente ; la sous-suite diagonale prend ensuite son n-ième terme dans le n-ième raffinement.

The principle

Supposons qu'une liste x1, x2, … prétende contenir toutes les suites binaires infinies. Le symbole situé au rang n de la suite xn est noté xn,n. On définit le symbole de rang n d'une nouvelle suite y par la règle :
yn=1xn,ny_n=1-x_{n,n}
Alors y diffère de xn au rang n, quel que soit n. La liste omet donc y et ne peut pas contenir toutes les suites binaires infinies.

When to use it

La construction exige une liste indexée par les entiers naturels, une coordonnée de rang n définie pour chaque objet xn, et une règle qui choisit à ce rang une valeur autorisée mais différente. L'objet obtenu doit encore appartenir à l'ensemble étudié. Ces points sont vérifiables avant de conclure que la liste n'est pas exhaustive.
Avec des écritures décimales, le choix des représentations doit aussi supprimer l'ambiguïté entre une écriture terminée et une écriture finissant par des 9. Si les objets sont seulement des mots finis, la n-ième position peut ne pas exister sur la n-ième ligne : le procédé décrit ici est alors bloqué. Il faut d'abord définir un prolongement commun ou employer un autre argument adapté aux objets finis.

A step-by-step example

Une liste prétend contenir toutes les suites infinies de 0 et de 1. Ses cinq premières lignes commencent par 01011, 11001, 00110, 10100 et 11011. Chaque ligne continue au-delà des cinq rangs affichés.
La grille surligne les symboles diagonaux et montre en rouge le début de la suite construite. Le geste se poursuit à tous les rangs.
1. On lit la diagonale : 0 sur x1, 1 sur x2, 1 sur x3, 0 sur x4, puis 1 sur x5. Elle commence donc par 01101.
2. On inverse chaque symbole diagonal. La nouvelle suite y commence par 10010 et se poursuit en appliquant la même règle à chaque rang.
3. On compare y à chaque ligne au rang correspondant. Son premier symbole diffère de celui de x1, son deuxième de celui de x2, et ainsi de suite.
Le contrôle est refaisable ligne par ligne : au rang n, les deux symboles ont une somme égale à 1. La suite y diffère donc de chaque xn et manque à la liste prétendument complète.

In practice

Pour contester qu'un ensemble soit dénombrable, on part d'une liste supposée complète. Si chaque objet possède des coordonnées successives que l'on peut modifier sans quitter l'ensemble, le procédé diagonal construit directement l'élément oublié. Une simple recherche d'un doublon ne suffirait pas : elle montrerait seulement que la liste est mal présentée.
Pour satisfaire une infinité de conditions par extraction, on choisit d'abord une sous-suite répondant à la première condition, puis une sous-suite de celle-ci répondant à la deuxième, et ainsi de suite. Prendre le n-ième terme du n-ième choix produit la sous-suite diagonale. Cette méthode intervient notamment avec des suites bornées et dans le théorème d'Arzelà-Ascoli.

Not to be confused with

La diagonale d'un tableau. Elle désigne seulement les entrées de positions correspondantes, comme x1,1, x2,2, x3,3. Le procédé diagonal ajoute une opération décisive : il modifie chacune de ces entrées afin de construire un objet absent de la liste. Lire 01101 dans l'exemple donne la diagonale ; écrire 10010 applique le procédé.
Une extraction ordinaire de sous-suite. Elle sélectionne des termes selon un seul choix fixé. L'extraction diagonale traverse au contraire une chaîne de sous-suites emboîtées : son terme de rang n vient du n-ième raffinement. Le critère distinctif est donc la présence d'une infinité de sélections successives à concilier.

Limits and pitfalls

Deux écritures pour un même réel. Changer un chiffre ne prouve pas toujours que deux développements décimaux représentent des nombres différents : une écriture terminée peut coïncider avec une écriture finissant uniquement par des 9. Le symptôme est précisément cette queue de 9. On fixe des écritures canoniques et l'on choisit pour le réel diagonal des chiffres tels que 1 et 2.
Une construction qui sort de l'ensemble. Différer de chaque ligne ne suffit pas si l'objet fabriqué ne respecte plus la définition de l'ensemble étudié. Avant de conclure, il faut vérifier que toutes ses coordonnées sont autorisées et que leur suite définit bien un objet du même type.
Une diagonale finie. Les cinq lignes de l'exemple ne prouvent qu'une différence avec ces cinq débuts. La conclusion générale exige que la règle soit définie pour tout entier n au moins égal à 1. Une figure finie illustre ce mécanisme ; elle ne remplace pas sa poursuite à l'infini.

Further reading

Dénombrable — Situez exactement la propriété que l'argument diagonal réfute lorsqu'une liste prétend épuiser tous les objets.
suite bornée — Retrouvez le cadre de suites cité dans les extractions diagonales utilisées en analyse.
Cantor Georg — Replacez l'argument de non-dénombrabilité des réels dans le parcours du mathématicien qui l'a employé.
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