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AlgèbreNotion · Glossaire

Dubreil Jacotin Marie-Louise

Marie-Louise Dubreil-Jacotin (1905-1972) est une mathématicienne française dont le parcours va de la physique mathématique à l’algèbre moderne. Formée notamment au contact d’Emmy Noether, elle enseigne à la faculté des sciences de Paris et contribue à diffuser l’algèbre par ses recherches, son groupe d’algébristes et ses Leçons d’algèbre moderne.
Repères du parcours scientifique de Marie-Louise Dubreil-Jacotin Frise non proportionnelle montrant l’agrégation de 1929, le mariage de juin 1930 suivi de la rencontre avec Emmy Noether, la thèse de 1934 et les fonctions de 1954. 1929 agrégation, puis Oslo juin 1930 mariage, puis Noether 1934 thèse sur les fluides 1954 CNRS et faculté de Paris Repères chronologiques — intervalles non à l’échelle
De 1929 à 1954, le parcours passe de l’agrégation et de la physique mathématique à l’algèbre, au CNRS et à la faculté de Paris.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Situer les étapes attestées de la formation et de la carrière de Marie-Louise Dubreil-Jacotin.
  • Expliquer le passage de la physique mathématique à l’algèbre après la rencontre avec Emmy Noether.
  • Distinguer le sujet de sa thèse, sa spécialité ultérieure et les rôles des mathématiciens de son entourage.
  • Conserver les réserves nécessaires sur son statut à l’École normale supérieure et sur la priorité de sa chaire.

En clair

En 1929, Marie-Louise Dubreil-Jacotin obtient l’agrégation, après un parcours contrarié à l’École normale supérieure. Reçue deuxième au concours, elle avait d’abord été écartée par une circulaire réservant l’école aux hommes, puis admise l’année suivante comme élève externe en surnombre.
Son itinéraire scientifique change ensuite de direction. Partie travailler en physique mathématique à Oslo, elle rencontre Emmy Noether en Allemagne et se tourne vers l’algèbre. Elle devient chercheuse, professeure à Paris et autrice d’un ouvrage d’algèbre moderne largement diffusé.

Définition

Marie-Louise Dubreil-Jacotin, née Jacotin en 1905 et morte en 1972, est une mathématicienne française spécialiste d’algèbre. Au lycée Jules-Ferry de Paris, elle a pour professeure de mathématiques Anna Cartan. Reçue deuxième au concours d’entrée à l’École normale supérieure, elle se heurte à une circulaire de 1912 qui réserve l’école aux hommes. L’admission lui est d’abord refusée ; grâce à l’intervention du ministre de l’Instruction publique Édouard Herriot, elle est inscrite l’année suivante comme élève externe en surnombre. Elle obtient l’agrégation en 1929.
Une bourse la conduit ensuite à Oslo pour des recherches en physique mathématique, consacrées à la mécanique des fluides et aux équations d’ondes. En juin 1930, elle épouse le mathématicien Paul Dubreil et le suit en Allemagne. Sa rencontre avec Emmy Noether y détermine son orientation vers l’algèbre. En Italie, elle rencontre aussi Levi-Civita, dont les travaux recoupent les siens. Elle soutient toutefois à Paris, en 1934, une thèse de doctorat sur la mécanique des fluides.
Elle réunit autour d’elle un groupe d’algébristes et publie notamment les Leçons d’algèbre moderne, largement diffusées. En 1954, elle est directrice de recherches au CNRS et est nommée à la faculté des sciences de Paris, où elle travaille jusqu’à sa retraite. Elle meurt en 1972 des suites d’un accident de la circulation. Elle est considérée comme une mathématicienne éminente du XXe siècle et, avec la prudence qu’impose la formulation de la source, probablement comme la première femme à avoir obtenu une chaire universitaire en France.

Un exemple, pas à pas

Pour lire ce parcours sans mêler formation, recherches et carrière, suivons six repères datés fournis par la source. La frise associée distingue visuellement chaque changement d’étape.
1. Partir de 1905. Cette année est celle de la naissance de Marie-Louise Jacotin. Le nom Dubreil vient plus tard de son mariage avec Paul Dubreil.
2. Placer 1929. Elle obtient l’agrégation. Une bourse lui permet ensuite de travailler à Oslo en mécanique des fluides et sur les équations d’ondes.
3. Distinguer juin 1930. Elle épouse Paul Dubreil, puis le suit en Allemagne. La rencontre avec Emmy Noether y marque son orientation vers l’algèbre.
4. Lire 1934, puis 1954. En 1934, elle soutient à Paris sa thèse sur la mécanique des fluides. En 1954, elle est directrice de recherches au CNRS et nommée à la faculté des sciences de Paris.
5. Terminer en 1972. Elle meurt des suites d’un accident de la circulation. Le contrôle consiste à ne rattacher à chaque date que le fait explicitement daté : la rencontre avec Noether suit le mariage, mais la source n’en donne pas l’année séparément.

En pratique

Pour identifier ses publications ou ses fonctions, on cherche le nom complet « Marie-Louise Dubreil-Jacotin ». Pour les années antérieures à son mariage de juin 1930, le nom de naissance Jacotin est le repère pertinent ; Dubreil est le nom de son mari.
Pour situer son travail, on regarde la période concernée. La mécanique des fluides et les équations d’ondes correspondent à ses premières recherches et à sa thèse de 1934 ; l’algèbre caractérise l’orientation prise après sa rencontre avec Emmy Noether.
Pour retracer sa carrière, on sépare diplôme, statut de recherche et poste universitaire. L’agrégation date de 1929 ; la source associe à 1954 la direction de recherches au CNRS et la nomination à la faculté des sciences de Paris.

À ne pas confondre

Marie-Louise Dubreil-Jacotin et Paul Dubreil. Elle est la mathématicienne née Jacotin ; Paul Dubreil est son mari, lui-même mathématicien. Un texte signé ou consacré à Marie-Louise ne doit pas être attribué à Paul parce qu’ils partagent le nom Dubreil.
Sa thèse et sa spécialité ultérieure. La thèse soutenue en 1934 porte sur la mécanique des fluides, tandis que Marie-Louise Dubreil-Jacotin est présentée comme spécialiste d’algèbre. Le sujet du doctorat ne résume donc pas toute sa carrière scientifique.
Emmy Noether et Anna Cartan. Anna Cartan est sa professeure de mathématiques au lycée Jules-Ferry ; la rencontre avec Emmy Noether en Allemagne détermine son orientation vers l’algèbre. Les deux mathématiciennes interviennent à des moments et dans des rôles différents.

Limites et pièges

Une admission ne signifie pas ici un statut ordinaire. Après le refus fondé sur la circulaire de 1912, Marie-Louise Jacotin est inscrite l’année suivante comme élève externe en surnombre. Omettre ces mots efface la forme particulière de son accès à l’École normale supérieure.
Le tournant algébrique n’efface pas la physique mathématique. Le symptôme trompeur serait d’attribuer sa thèse à l’algèbre. Il faut conserver la succession indiquée par la source : recherches sur les fluides et les ondes, rencontre avec Noether, puis thèse de 1934 en mécanique des fluides.
La rencontre italienne n’est pas datée dans la source. Celle-ci indique que Dubreil-Jacotin rencontre Levi-Civita en Italie et que leurs travaux se recoupent. Il faut rapporter ces faits sans leur assigner une année déduite du reste du parcours.
La priorité universitaire reste prudente. La source présente Dubreil-Jacotin comme, semble-t-il, la première femme à avoir obtenu une chaire universitaire en France. Le terme « probablement » doit donc rester : transformer cette réserve en certitude dépasserait l’information disponible.

Pour aller plus loin

Inoubliable Emmy Noether éclaire la mathématicienne dont la rencontre a déterminé l’orientation algébrique de Dubreil-Jacotin.
algèbre donne accès au domaine auquel Dubreil-Jacotin a consacré la suite de sa carrière.
Où sont les femmes dans l’histoire des mathématiques ? replace les obstacles rencontrés par Dubreil-Jacotin dans une histoire plus large.
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