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Histoire et cultureNotion · Glossaire

Collins John

John Collins est un mathématicien et érudit autodidacte, réputé pour ses talents de calculateur et ses travaux pratiques. Il joue surtout un rôle de relais entre savants grâce à une vaste correspondance. Rassemblées après sa mort, ses lettres servent dans la controverse entre Newton et Leibniz sur la priorité de l'invention du calcul infinitésimal.
Chronologie de John Collins John Collins naît en 1625 et meurt en 1683. Le recueil de sa correspondance est édité en 1717, trente-quatre ans après sa mort. 1625 1683 1717 vie de John Collins naissance mort édition du recueil 34 ans après sa mort
La publication de 1717 intervient trente-quatre ans après la mort de Collins en 1683.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Retracer les métiers, l'apprentissage autodidacte et les travaux de John Collins.
  • Identifier les savants avec lesquels Collins correspondait.
  • Distinguer les lettres de Collins de l'édition posthume du Commercium epistolicum.
  • Situer le recueil de 1717 dans la querelle de priorité entre Newton et Leibniz.

En clair

Entre 1625 et 1683, l'Anglais John Collins passe de la marine à l'enseignement, puis à la comptabilité. Autodidacte en mathématiques et réputé pour ses capacités de calcul, il échange des lettres avec des savants européens majeurs, dont Newton et Leibniz.
Son importance historique tient donc autant à sa correspondance savante qu'à ses propres publications sur les cadrans solaires, la navigation et les annuités. Ses lettres seront réunies après sa mort dans un ouvrage engagé dans la querelle sur le calcul infinitésimal.

Définition

John Collins est un mathématicien et érudit anglais du XVIIe siècle, né en 1625 et mort en 1683. Orphelin de père à treize ans, il devient successivement marin, enseignant et comptable. Sa réputation de calculateur et son apprentissage autodidacte des mathématiques éclairent ses deux activités savantes : publier ses propres travaux et entretenir un vaste réseau de correspondance. Trois dates structurent ce parcours et sa postérité éditoriale : 1625, 1683 et 1717.
Ses publications portent sur les cadrans solaires, la navigation et le calcul des annuités. Ses correspondants cités comprennent Isaac Barrow, David Gregory, James Gregory, Isaac Newton, John Wallis, Christiaan Huygens, Gottfried Wilhelm Leibniz, Ehrenfried Walther von Tschirnhaus et René-François de Sluze. Cette liste associe Collins aux principaux échanges savants européens de son époque. Il est aussi membre de la Royal Society.
Sa notoriété posthume est liée au Commercium epistolicum, recueil de sa correspondance édité par la Royal Society en 1717. L'ouvrage intervient dans la querelle de priorité opposant Newton et Leibniz au sujet de l'invention du calcul infinitésimal et attribue la priorité à Newton. Il faut ainsi distinguer la vie de Collins, achevée en 1683, de l'usage éditorial fait de ses lettres en 1717.

Un exemple, pas à pas

Prenons un cas précis : situer le Commercium epistolicum sans attribuer à Collins ce qui relève de l'édition posthume. Les données disponibles sont la mort de Collins en 1683, l'édition du recueil par la Royal Society en 1717, son insertion dans la querelle Newton–Leibniz et sa conclusion favorable à Newton.
1. On identifie d'abord le matériau : la correspondance savante de Collins.
2. On repère ensuite l'acteur de l'édition : la Royal Society.
3. On compare les dates : 1717 vient trente-quatre ans après 1683.
4. On distingue enfin le contenu des lettres de la fonction donnée au recueil dans la querelle de priorité.
Le résultat est une lecture chronologique contrôlable : Collins a participé aux échanges de son vivant, tandis que le recueil de 1717 et son attribution de priorité à Newton sont posthumes. Le contrôle consiste à refaire la soustraction 1717 − 1683 = 34 et à vérifier que l'on ne présente pas Collins comme l'éditeur vivant de l'ouvrage.

En pratique

Dans une histoire du calcul infinitésimal, le nom de Collins signale d'abord un correspondant de nombreux savants. Si la question porte sur l'invention elle-même, il faut se tourner vers Newton et Leibniz, que la querelle de priorité oppose.
Devant une mention du Commercium epistolicum, le bon geste consiste à séparer trois éléments observables : les lettres de Collins, l'édition de 1717 par la Royal Society et la conclusion favorable à Newton. Cette séparation évite d'attribuer toutes les positions du recueil à Collins.
Pour étudier les propres travaux de Collins, les indices pertinents sont leurs sujets : cadrans solaires, navigation ou annuités. Une recherche centrée sur sa correspondance répond à une autre question, celle du réseau savant auquel il participait.

À ne pas confondre

John Collins et Isaac Newton. Collins correspond avec Newton, mais les deux noms ne désignent pas le même rôle dans la source. Le cas du Commercium epistolicum tranche : le recueil exploite la correspondance de Collins tout en attribuant à Newton la priorité sur le calcul infinitésimal.
John Collins et Gottfried Wilhelm Leibniz. Leibniz figure parmi les correspondants de Collins et parmi les deux protagonistes de la querelle de priorité. Collins, lui, est présenté comme calculateur, auteur et correspondant, non comme l'un des deux prétendants à cette priorité.
Les travaux de Collins et le Commercium epistolicum. Les premiers portent notamment sur les cadrans solaires, la navigation et les annuités. Le second est un recueil posthume de correspondance, édité par la Royal Society en 1717.

Limites et pièges

Piège chronologique. Associer directement Collins à une décision éditoriale de 1717 efface qu'il est mort en 1683. Le symptôme est une phrase qui le présente comme l'auteur ou l'éditeur vivant du recueil ; il faut nommer la Royal Society et préciser le caractère posthume de l'édition.
Piège d'attribution. Une lettre conservée dans un recueil et la conclusion donnée à ce recueil ne sont pas automatiquement une seule voix. Quand une affirmation concerne la priorité de Newton, il faut l'attribuer au Commercium epistolicum tel qu'il a été édité, et non la transformer sans preuve en opinion personnelle de Collins.
Piège biographique. La diversité des métiers de Collins n'autorise pas à lui attribuer une formation institutionnelle ou une spécialité absente de la source. Le repère sûr est plus limité : marin, enseignant, comptable, autodidacte en mathématiques, auteur sur trois domaines cités et membre de la Royal Society.

Pour aller plus loin

Le portrait de Collins ouvre sur les deux savants au cœur de la querelle et sur le contexte mathématique dans lequel sa correspondance a été mobilisée.
Newton Isaac — Situer le savant auquel le recueil de 1717 attribue la priorité sur le calcul infinitésimal.
Leibniz Gottfried — Identifier l'autre protagoniste de la querelle et l'un des correspondants de Collins.
L’histoire du calcul infinitésimal — Replacer la querelle de priorité dans l'histoire plus large de cette branche des mathématiques.
Les fluxions de Newton — Approfondir le versant newtonien du calcul mentionné dans la controverse.
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