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Histoire et cultureNotion · Glossaire

Crous Marie

Marie Crous est une mathématicienne française du XVIIe siècle, autrice d'un manuel d'arithmétique consacré notamment aux fractions décimales. Elle y sépare la partie entière de la partie décimale par un point et emploie des zéros pour conserver les positions manquantes, deux choix qui préfigurent l'écriture décimale actuelle ; elle propose aussi d'unifier les monnaies, poids et mesures selon un système décimal.
Deux repères de publication de Marie Crous Une frise place les publications de 1636 et 1641 entre une naissance inconnue et une mort inconnue. Deux repères de publication 1636 1641 publication publication naissance inconnue mort inconnue
La source atteste deux publications, en 1636 et 1641, sans fournir les dates de naissance et de mort de Marie Crous.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Situer les deux publications connues sans inventer les dates biographiques manquantes.
  • Identifier le séparateur décimal et le rôle des zéros de position dans la notation de Marie Crous.
  • Distinguer l'écriture décimale de sa proposition d'unification des monnaies, poids et mesures.
  • Replacer la règle de trois, la division de dénomination et la dédicace dans le contenu documenté du manuel.

En clair

En 1636 puis en 1641, Marie Crous publie un manuel d'arithmétique tourné vers le système décimal. Elle choisit un point pour séparer la partie entière des décimales et écrit des zéros lorsque des positions décimales manquent. En France, la virgule a depuis remplacé ce point.
Son livre ne s'arrête pas à cette écriture. Il aborde les fractions décimales, la règle de trois et une méthode appelée division de dénomination. Marie Crous envisage aussi un système unifié pour les monnaies, les poids et les mesures.

Définition

Marie Crous est une mathématicienne française du XVIIe siècle. Ses dates de naissance et de mort ne sont pas connues. D'origine modeste, elle travaille comme préceptrice auprès de Charlotte de Caumont la Force, une jeune fille de la noblesse. Elle dédie son ouvrage à la duchesse d'Aiguillon, nièce du Cardinal de Richelieu.
Ses publications de 1636 et 1641 portent sur un manuel d'arithmétique centré sur le système décimal. L'ouvrage traite des fractions décimales, de la règle de trois et de ses applications. Il expose aussi une méthode originale que Marie Crous nomme la division de dénomination.
Pour noter les décimaux, elle se distingue des notations introduites par Stevin : un point sépare la partie entière de la partie décimale, et des zéros occupent les positions décimales manquantes. Le point est devenu une virgule en France, mais le principe de position correspond à la notation actuelle. Marie Crous propose en outre d'unifier monnaies, poids et mesures par un système métrique. Cette proposition précède de beaucoup sa concrétisation. Malgré la dédicace de son ouvrage, elle semble être restée hors des milieux savants de son temps et demeure largement méconnue.

Un exemple, pas à pas

Pour suivre ce que la source permet d'établir sur Marie Crous, on dispose de deux dates de publication, de son activité de préceptrice, du contenu de son manuel, de ses choix de notation et de sa proposition d'unification des mesures. La chronologie ne donne ni sa naissance ni sa mort.
1. On situe d'abord Marie Crous au XVIIe siècle et auprès de Charlotte de Caumont la Force, sans compléter les dates biographiques inconnues.
2. On place ensuite les deux repères attestés : une publication en 1636, puis une autre en 1641. La frise les ordonne sans supposer ce que la source ne précise pas sur chacune.
3. On relève le programme du manuel : système et fractions décimales, règle de trois avec ses applications, puis division de dénomination.
4. On distingue enfin deux apports : d'une part l'écriture décimale avec séparateur et zéros de position ; d'autre part la proposition d'un système métrique commun aux monnaies, poids et mesures.
Le contrôle consiste à rattacher chaque affirmation à l'un de ces éléments. Les deux années concernent les publications ; aucune ne doit devenir artificiellement une date de naissance, de mort ou d'adoption du système proposé.

En pratique

Pour lire l'écriture décimale décrite par Marie Crous, on repère d'abord le séparateur entre partie entière et partie décimale. Dans son choix, c'est un point ; dans l'usage français actuel, c'est une virgule.
Lorsqu'une position décimale manque, le zéro conserve sa place. Dans 2.03, le point sépare la partie entière de la partie décimale : le zéro réserve la place des dixièmes et le 3 désigne des centièmes. Sans ce zéro, 2.3 place le 3 au rang des dixièmes. Ce geste évite donc de décaler les chiffres qui suivent et rend visible la valeur de position, principe toujours présent dans notre notation décimale.
Pour étudier les calculs enseignés dans le manuel, la règle de trois convient aux applications de proportionnalité qui y sont annoncées. La division de dénomination doit rester identifiée comme la méthode nommée par Marie Crous, sans être réduite à la règle de trois.
Pour replacer sa proposition métrologique, on sépare le projet de son accomplissement : Marie Crous souhaite unifier monnaies, poids et mesures, mais cette idée n'est concrétisée que bien plus tard.

À ne pas confondre

Marie Crous et Stevin. La source attribue à Stevin des notations antérieures et souligne que Marie Crous s'en distingue. Le cas décisif est le séparateur : elle adopte un point entre partie entière et partie décimale.
Notation décimale et système métrique. La première organise l'écriture des nombres avec un séparateur et des zéros de position. Le second projet cherche à unifier monnaies, poids et mesures. Une écriture de nombre relève de la notation ; une unité commune relève du système métrique.
Point historique et virgule française. Le point est le choix attribué à Marie Crous ; la virgule est la forme devenue usuelle en France. Changer le signe ne change pas la fonction qui sépare les deux parties du nombre.

Limites et pièges

Deux dates ne font pas une biographie complète. Les années 1636 et 1641 concernent les publications. Les dates de naissance et de mort restent inconnues ; il faut donc laisser ces bornes ouvertes au lieu de les déduire.
Une ressemblance actuelle n'abolit pas la convention. Marie Crous emploie le point, tandis que la France utilise ensuite la virgule. Il faut décrire la continuité du principe décimal sans attribuer rétrospectivement à son texte le signe français actuel.
Proposer n'est pas faire adopter. Son système métrique unifié est une proposition. Le présenter comme une réforme appliquée au XVIIe siècle contredirait la source, qui place sa concrétisation bien plus tard.
L'absence de notoriété demande une formulation prudente. La source indique qu'elle semble être restée inconnue des milieux savants de son temps. Ce constat ne permet pas d'affirmer une absence absolue de lecteurs, d'échanges ou d'influence.

Pour aller plus loin

La règle de trois prolonge l'un des calculs enseignés dans le manuel et précise son usage en proportionnalité.
La fiche consacrée à Stevin Simon replace les notations dont Marie Crous se distingue dans une autre étape de l'histoire des décimaux.
Le système métrique éclaire la portée du projet d'unification que Marie Crous étendait aux monnaies, poids et mesures.
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