- Identifier le rôle de la scolarisation et de l'apprentissage antérieur.
- Séparer la difficulté avec l'écrit de la compréhension orale.
- Distinguer l'illettrisme de l'analphabétisme à l'aide d'un critère testable.
AnalyseNotion · Glossaire
illettrisme
L'illettrisme désigne une maîtrise insuffisante de la lecture et de l'écriture pour comprendre et utiliser l'écrit au quotidien. Il concerne une personne qui a appris à lire et à écrire. Il se distingue ainsi de l'analphabétisme, qui désigne l'absence totale de cet apprentissage.

Sommaire
Ce que vous allez apprendre
En clair
Une personne reçoit une consigne écrite et n'arrive pas à en saisir le sens ou à s'en servir. La même consigne, lue à voix haute, peut être mieux comprise. Cette différence observée entre l'écrit et l'oral est un indice possible, mais elle ne suffit pas à elle seule à conclure à l'illettrisme.
La personne a pourtant été scolarisée et a appris à lire et à écrire. Elle peut avoir perdu ces acquis ou ne jamais les avoir maîtrisés assez pour utiliser l'écrit de manière fonctionnelle.
Définition
L'illettrisme est une maîtrise insuffisante de la lecture et de l'écriture pour comprendre et utiliser l'écrit de façon fonctionnelle chez une personne qui a été scolarisée et a reçu un enseignement de la lecture et de l'écriture. Il ne suffit donc pas de constater qu'une personne ne lit pas un texte donné : la notion associe une difficulté fonctionnelle avec l'écrit à un apprentissage antérieur.
Deux parcours sont compatibles avec cette définition. Les compétences de lecture et d'écriture ont pu être acquises, puis perdues. Elles ont aussi pu être enseignées sans jamais devenir suffisamment maîtrisées pour comprendre et employer l'écrit de façon fonctionnelle.
Les difficultés caractéristiques portent sur l'usage fonctionnel de l'écrit. La compréhension orale peut être préservée : lire le même contenu à voix haute apporte alors un élément d'évaluation, sans suffire à lui seul pour conclure. L'apprentissage antérieur distingue aussi l'illettrisme de l'analphabétisme : dans ce dernier cas, la personne n'a pas appris à lire ni à écrire.
Un exemple, pas à pas
Une personne qui a été scolarisée reçoit cette consigne écrite : « Présentez-vous à l'accueil à 9 h avec une pièce d'identité. » L'action attendue est précise : se rendre à l'accueil à l'heure indiquée avec le document demandé. La personne a appris à lire et à écrire, mais ne parvient pas à comprendre ou à utiliser la consigne sous sa forme écrite ; elle en comprend le contenu quand quelqu'un lit exactement la même phrase à voix haute.
1. On vérifie d'abord qu'un apprentissage de la lecture et de l'écriture a bien eu lieu.
2. On constate ensuite que l'écrit n'est pas compris ou utilisable de manière fonctionnelle.
3. On lit la même consigne à voix haute, sans en changer le contenu.
4. On constate que le message oral est compris.
2. On constate ensuite que l'écrit n'est pas compris ou utilisable de manière fonctionnelle.
3. On lit la même consigne à voix haute, sans en changer le contenu.
4. On constate que le message oral est compris.
Ces observations peuvent orienter l'évaluation vers l'illettrisme. Garder le même message et ne changer que son mode de présentation — écrit d'abord, oral ensuite — fournit une comparaison informative, à croiser avec les autres éléments d'évaluation.
En pratique
Pour conduire l'observation sans la biaiser, on choisit un message écrit assorti d'une action vérifiable, puis on demande à la personne d'expliquer ce qu'elle doit faire. Si le message n'est pas compris, on lit exactement le même texte à voix haute et on pose la même question, sans le simplifier ni le compléter. On note l'éventuel écart entre les deux réponses : c'est un indice à croiser avec d'autres éléments, pas une conclusion.
Pour décrire la situation avec précision, on recherche aussi si la personne a été scolarisée et a reçu un enseignement de la lecture et de l'écriture. Sans cet apprentissage antérieur, le terme pertinent est l'analphabétisme.
Il faut enfin parler de l'usage fonctionnel de l'écrit. Une difficulté isolée devant un mot ou un texte particulier ne suffit pas, à elle seule, à établir que la personne ne maîtrise pas fonctionnellement la lecture et l'écriture.
À ne pas confondre
Analphabétisme. L'apprentissage antérieur est un élément du parcours à établir, en complément de l'évaluation de la maîtrise fonctionnelle actuelle de l'écrit. Une personne illettrée a été scolarisée et a reçu un enseignement de la lecture et de l'écriture ; une personne analphabète n'a pas appris à lire ni à écrire. L'absence totale d'apprentissage relève donc de l'analphabétisme, pas de l'illettrisme.
Limites et pièges
Un échec isolé ne suffit pas. Ne pas comprendre un mot ou un texte particulier ne prouve pas une absence de maîtrise fonctionnelle. Il faut examiner la capacité à comprendre et à utiliser l'écrit, ainsi que l'existence d'un apprentissage antérieur.
La scolarisation ne suffit pas non plus. Avoir été scolarisé et avoir reçu un enseignement est une condition de la définition, mais ce n'est pas à lui seul le constat d'un illettrisme. Il faut aussi observer l'incapacité fonctionnelle face à l'écrit.
Le contenu doit rester le même. Si l'explication orale simplifie ou complète le texte, la comparaison devient trompeuse. Pour isoler la différence entre compréhension écrite et orale, on lit à voix haute le même contenu.
Pour aller plus loin
La distinction entre compétence enseignée et maîtrise fonctionnelle aide à préciser la notion. Un apprentissage a pu avoir lieu sans que la lecture et l'écriture deviennent durablement utilisables. Examiner séparément le parcours d'apprentissage, l'usage actuel de l'écrit et la compréhension orale évite de confondre des situations différentes.
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