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taux de mortalité

En démographie, le taux de mortalité mesure la fréquence des décès dans une population, sur une période et dans un territoire donnés. Il rapporte le nombre de décès à l’effectif moyen de cette même population pendant la période, généralement pour 1 000 habitants (‰), afin de comparer la mortalité entre populations ou périodes comparables.
Un taux de mortalité de huit pour mille Une population de dix mille habitants est divisée en dix groupes de mille. Huit disques rouges montrent le rapport ramené à un groupe de mille. 10 000 habitants 10 groupes de 1 000 8 décès pour 1 000
Ramener 80 décès sur 10 000 habitants revient à exprimer le même rapport comme 8 décès pour 1 000.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier le numérateur, le dénominateur, la période et le territoire nécessaires.
  • Calculer et contrôler un taux exprimé en pour mille.
  • Distinguer mortalité, mortalité infantile, morbidité et létalité par leur population de référence.

En clair

Imaginons un territoire qui compte en moyenne 10 000 habitants pendant une année. Si 80 personnes y décèdent, on compare ces 80 décès à l'ensemble de la population, pas seulement aux personnes malades.
Le résultat est ramené à 1 000 habitants : ici, il vaut 8 ‰, soit huit décès pour mille habitants sur la période étudiée. Ce taux décrit une population dans un territoire et un temps précis ; il ne donne pas la probabilité personnelle de mourir d'un individu.

Définition

Le taux de mortalité est un rapport démographique entre les décès observés et la population qui leur correspond. Il faut fixer le territoire, la période et la population étudiée. Le numérateur compte les décès survenus pendant cette période. Le dénominateur est l'effectif moyen de la population durant la même période.
On note D le nombre de décès, P l'effectif moyen de la population et k le facteur choisi pour l'unité. Le taux T s'écrit :
T=DP×kT=\frac{D}{P}\times k
Pour une expression en pour mille, k vaut 1 000. Le symbole ‰ signifie donc « pour 1 000 », tandis que le symbole % signifie « pour 100 ».
Le dénominateur change lorsqu'on cible un groupe particulier. Le taux de mortalité infantile rapporte les décès d'enfants de moins d'un an aux naissances vivantes, et non à la population moyenne totale. Le taux de mortalité doit aussi être distingué des indicateurs de morbidité : l'incidence porte sur les nouveaux cas dans une population à risque, tandis que la prévalence porte sur les cas présents dans la population correspondante. Le taux de létalité, lui, rapporte les décès aux personnes atteintes. Un rapport calculé parmi des personnes simplement exposées mesure un autre risque ou taux. Ces indicateurs répondent à des questions différentes et se complètent pour décrire l'état sanitaire d'une population.

Un exemple, pas à pas

Un territoire fictif compte en moyenne 10 000 habitants pendant une année. On y enregistre 80 décès au cours de cette même année. Les données sont donc :
• effectif moyen de la population : 10 000 habitants ;
• nombre de décès : 80 ;
• période : une année ;
• unité demandée : le pour mille.
1. Diviser le nombre de décès par l'effectif moyen : 80 ÷ 10 000 = 0,008.
2. Ramener ce rapport à 1 000 habitants : 0,008 × 1 000 = 8.
3. Ajouter l'unité : le taux de mortalité vaut exactement 8 ‰ pour cette population et cette année. Une représentation en dix groupes égaux rend ce rapport visible sans changer le calcul.
Le contrôle consiste à revenir au nombre de décès : 8 ÷ 1 000 × 10 000 = 80. La conversion en pourcentage donne aussi 8 ‰ = 0,8 %, car un pour mille vaut un dixième de pour cent.

En pratique

Pour décrire les décès dans une population, on réunit le nombre de décès, l'effectif moyen, la période et le territoire. Si l'étude porte seulement sur les enfants de moins d'un an, on choisit plutôt le taux de mortalité infantile et son dénominateur en naissances vivantes.
Pour étudier une maladie, la question détermine l'indicateur. Le taux de mortalité convient si les décès sont rapportés à toute la population ; le taux de létalité convient si l'on observe la part des décès parmi les personnes atteintes. Parmi des personnes simplement exposées, on mesure un autre risque ou taux.
Si l'on compte des personnes malades plutôt que des décès, le taux de morbidité est l'indicateur adapté. Le bon réflexe consiste donc à vérifier ce que compte le numérateur et quelle population figure au dénominateur.

À ne pas confondre

Taux de mortalité et taux de létalité. Le premier rapporte les décès à la population moyenne totale ; le second les rapporte aux personnes atteintes d'une maladie. Si 80 décès sont divisés par 10 000 habitants, on calcule une mortalité ; s'ils sont divisés par le nombre de personnes atteintes, on calcule une létalité. Un rapport calculé parmi des personnes simplement exposées mesure un autre risque ou taux.
Taux de mortalité et indicateurs de morbidité. Le critère décisif est ce que l'on compte. Des décès au numérateur conduisent à un taux de mortalité ; les nouveaux cas sur une période, rapportés à la population à risque, mesurent une incidence, tandis que les cas présents à un moment ou sur une période, rapportés à la population correspondante, mesurent une prévalence.

Limites et pièges

Périmètres incompatibles. Un nombre de décès annuel ne doit pas être divisé par la population moyenne d'un autre territoire ou d'une autre période. Le symptôme est un numérateur et un dénominateur qui ne décrivent pas la même population ; il faut les réaligner avant le calcul.
Dénominateur nul. Si l'effectif moyen de la population vaut 0, le rapport est indéfini, même lorsqu'aucun décès n'est compté. Il ne faut pas annoncer 0 ‰ : il faut signaler que le taux ne peut pas être calculé.
Unité mal lue. Un résultat de 8 ‰ ne signifie pas 8 %. Le symptôme est une multiplication par 100 au lieu de 1 000 ; il faut conserver l'unité ou convertir correctement : 8 ‰ = 0,8 %.
Population peu nombreuse. Avec un effectif moyen de 1 000 personnes, le passage de 0 à 1 décès fait passer le taux de 0 ‰ à 1 ‰. Il faut donc lire le taux avec les effectifs bruts et la période, surtout lorsque quelques événements changent fortement le rapport.

Pour aller plus loin

Le taux de létalité prolonge l'étude en changeant de population de référence : il observe les décès parmi les personnes atteintes. Un rapport parmi des personnes simplement exposées mesure un autre risque ou taux.
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