Passer au contenu principal
AnalyseNotion · Glossaire

métacognition

La métacognition est la capacité à prendre conscience de ses propres processus cognitifs, de ses connaissances et de la manière dont on les acquiert. Elle comprend la connaissance de son propre fonctionnement intellectuel. Elle comprend aussi le contrôle de son activité mentale : l'apprenant examine ses stratégies, en évalue l'efficacité et les ajuste en reliant les moyens employés aux résultats obtenus.
Cycle métacognitif en quatre étapes Prévoir, agir, contrôler et ajuster forment une boucle orientée. Prévoir Agir Contrôler Ajuster
La métacognition forme une boucle : le contrôle du résultat nourrit l'ajustement, puis la préparation d'une nouvelle tentative.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Distinguer la connaissance de son fonctionnement intellectuel du contrôle de ses activités mentales.
  • Suivre un exemple où une stratégie est prévue, appliquée, vérifiée puis réutilisée.
  • Séparer métacognition, cognition et simple autoévaluation.

En clair

Une élève résout une équation, puis ne regarde pas seulement si sa réponse est juste. Elle se demande quelle stratégie elle a choisie, où elle a hésité et ce qu'elle changerait au prochain exercice.
Ce recul sur sa propre manière de penser relève de la métacognition. Il associe une prise de conscience — ce que je sais et comment je m'y prends — à un contrôle : prévoir, surveiller et ajuster son activité mentale selon le résultat obtenu.

Définition

La métacognition est la capacité d'une personne à connaître son propre fonctionnement intellectuel et à exercer un contrôle sur ses activités mentales. Elle porte à la fois sur ses connaissances, sur les processus cognitifs qu'elle mobilise et sur la manière dont elle acquiert ces connaissances. La notion a notamment été formulée par Flavell en 1979.
Deux dimensions se complètent. La connaissance métacognitive consiste à reconnaître ce que l'on sait, ce que l'on ignore et les stratégies dont on dispose. Le contrôle métacognitif intervient lorsque l'on prépare une démarche, en suit l'efficacité et la modifie si le résultat ne correspond pas au but.
En didactique, la démarche devient observable lorsque l'apprenant explicite une stratégie d'apprentissage, juge son efficacité et relie les moyens employés aux résultats obtenus. Le simple fait d'obtenir une bonne réponse ne suffit donc pas : il faut aussi examiner la manière d'y parvenir afin d'éclairer un apprentissage futur.

Un exemple, pas à pas

Une élève doit résoudre l'équation 3x + 5 = 20. Elle dispose de l'égalité à traiter, de sa stratégie habituelle — isoler l'inconnue — et d'un contrôle possible par substitution. L'enjeu métacognitif n'est pas seulement de trouver x, mais d'observer la stratégie utilisée.
1. Prévoir. Elle annonce qu'elle va d'abord soustraire 5 aux deux membres, puis diviser les deux membres par 3.
2. Agir. Elle obtient successivement 3x = 15, puis x = 5.
3. Contrôler. Elle remplace x par 5 dans l'égalité initiale : 3 × 5 + 5 = 20. Les deux membres valent bien 20.
4. Ajuster. Elle retient que la substitution vérifie le résultat et décide de l'intégrer à ses prochains exercices. Le résultat mathématique est x = 5 ; le résultat métacognitif est une stratégie décrite, contrôlée et réutilisable.

En pratique

Avant un exercice, l'apprenant peut annoncer ce qu'il pense savoir et choisir une stratégie. S'il ne sait pas encore justifier ce choix, il peut comparer deux démarches possibles avant de commencer.
Pendant la résolution, il peut marquer l'étape où apparaît une hésitation. Lorsque la démarche n'avance plus, il revient au but, examine le moyen employé et en essaie un autre au lieu de poursuivre mécaniquement.
Après le travail, il rapproche le résultat de la stratégie suivie. Une réponse correcte peut être vérifiée ; une erreur peut être localisée ; dans les deux cas, il formule ce qu'il conservera ou modifiera lors d'une tâche comparable.

À ne pas confondre

Métacognition et cognition. La cognition regroupe les processus mentaux mobilisés pour connaître ou traiter une tâche. La métacognition porte sur la conscience et le contrôle de ces processus. Résoudre 3x + 5 = 20 mobilise la cognition ; décrire puis vérifier sa stratégie relève de la métacognition.
Métacognition et autoévaluation. Une autoévaluation juge un état ou un résultat, par exemple une réponse que l'on estime correcte. La démarche devient métacognitive lorsqu'elle examine aussi les moyens employés et les ajuste pour un apprentissage futur.

Limites et pièges

Nommer une stratégie sans l'éprouver. Dire « j'ai isolé l'inconnue » décrit un moyen, mais n'en établit pas l'efficacité. Il faut le relier au résultat, ici en substituant x = 5 dans l'égalité initiale.
Se limiter au verdict. « J'ai juste » ou « j'ai faux » évalue le résultat sans expliquer le processus. La démarche utile localise une étape, explicite le choix effectué et indique ce qui sera conservé ou changé.
Confondre contrôle et application mécanique. Suivre des étapes imposées ne montre pas, à lui seul, que l'apprenant contrôle son activité mentale. Le contrôle apparaît lorsqu'il surveille l'effet de sa stratégie et peut l'ajuster en fonction du résultat.

Pour aller plus loin

La cognition précise ce que recouvrent les processus mentaux dont la métacognition prend conscience et organise le contrôle.
L'article Apprentissage : replace l'ajustement des stratégies dans le cadre plus large de l'acquisition des connaissances.
Continuez avec Tangente

Explorez les mathématiques autrement

Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.

Découvrir les offres