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AnalyseNotion · Glossaire

von Humboldt Alexander

Alexander von Humboldt (1769-1859) est un naturaliste, géographe et explorateur allemand. Ses voyages, ses relevés précis et son étude des interactions entre les forces de la nature et les êtres vivants ont contribué au développement de la géographie moderne, de la climatologie, de l’océanographie et de la volcanologie.
Chronologie d’Alexander von Humboldt Frise de 1769 à 1859 indiquant l’administration minière en 1792, l’expédition américaine de 1799 à 1804 et l’expédition russe en 1827. Alexander von Humboldt — repères chronologiques 1769-1859 Vie d’Alexander von Humboldt 1792 Administration minière 1799-1804 Expédition américaine — cinq ans 1827 Expédition en Russie, Oural 1769 1859
La frise distingue la carrière minière, l’expédition américaine de cinq ans et l’expédition russe dans la vie de Humboldt.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Situer les principales étapes de la vie scientifique d’Alexander von Humboldt.
  • Suivre le déroulement de l’expédition américaine de 1799 à 1804.
  • Relier sa méthode de relevés à ses contributions scientifiques.
  • Distinguer Alexander de Wilhelm von Humboldt et la biographie de sa fictionnalisation.

En clair

En 1799, Alexander von Humboldt quitte l’Europe avec son ami Bonpland pour une expédition de cinq ans en Amérique. Il ne se contente pas de traverser des territoires : il mesure, cartographie, observe les milieux et rassemble des spécimens animaux, végétaux et minéraux.
Son idée directrice est de rapprocher ces observations. Du Venezuela aux Andes, puis de Lima au Mexique, une mesure météorologique, un relief et une plante deviennent les éléments d’une même enquête sur les relations entre le milieu géographique et la vie.

Définition

Alexander von Humboldt (1769-1859) est un savant allemand à la fois naturaliste, géographe et explorateur, issu d’une famille aristocratique. Comme son frère aîné Wilhelm, il reçoit de précepteurs une éducation inspirée des principes pédagogiques de Rousseau, puis étudie à Francfort-sur-l’Oder et à Göttingen. Il se passionne pour la physique, l’anatomie, la zoologie et la botanique, tout en se formant à l’économie. Entré en 1792 dans l’administration minière, il y mène une brillante carrière et des recherches sur la sécurité des mines. Il démissionne ensuite pour consacrer aux voyages et aux sciences une fortune personnelle qui lui permet de financer ses travaux. Installé à Paris en 1798, il fréquente Cuvier, Jussieu, Lamarck, Vauquelin, Delambre, Laplace et Borda.
Son expédition américaine, menée avec son ami Bonpland de 1799 à 1804, vise à étudier les interactions entre les forces de la nature et l’influence du milieu géographique sur la vie végétale et animale. Partis d’Espagne, les voyageurs gagnent le Venezuela, où ils cartographient l’Orénoque et le Rio Negro, puis Cuba, la Colombie et les Andes. Humboldt réalise une ascension partielle du Chimborazo, donné à 6 268 m et alors considéré comme le point le plus éloigné du centre de la Terre. Le parcours continue jusqu’à Lima, au Mexique et à Philadelphie, où Humboldt souhaite rencontrer Thomas Jefferson. La précision des relevés et le volume des spécimens animaux, végétaux et minéraux rapportés distinguent cette expédition. Recueillies en mer, sur les fleuves et dans les Andes, les données concernent l’astronomie, la météorologie, la géographie, la géologie, la sismologie, la chimie, l’anthropologie et la linguistique. Les résultats occupent à eux seuls trente volumes.
De retour en Europe, Humboldt s’établit à Paris de 1804 à 1824 et participe aux travaux de la Société d’Arcueil, notamment avec Gay-Lussac et Arago. Après la chute de Napoléon, son opposition à la politique dominante en Europe le conduit à refuser le poste d’ambassadeur de Prusse à Paris. Contraint de rentrer à Berlin en 1826, il y donne des conférences très suivies. En 1827, il dirige dans l’Oural une expédition pendant laquelle il prédit la présence de diamants et réalise des relevés magnétiques et météorologiques. Son influence scientifique et politique contribue à renforcer les liens entre la Prusse et la France, malgré l’hostilité de milieux réactionnaires. Élu à l’Académie des sciences de Paris en 1806 et associé à la fondation de la Société de géographie en 1821, il contribue au développement de la géographie moderne, de la climatologie, de l’océanographie et de la volcanologie. Sa rigueur scientifique et sa culture encyclopédique héritée des Lumières en font l’un des derniers savants de cette tradition. Son nom demeure attaché à des espèces, à un parc national cubain, à des montagnes, une baie, un glacier et au courant marin longeant le Chili et le Pérou. La chronologie permet de distinguer sa formation, ses deux grandes expéditions et la diffusion européenne de ses travaux.

Un exemple, pas à pas

L’expédition américaine montre comment Humboldt transforme un voyage en enquête scientifique cohérente. Les données de départ sont un départ en 1799, une durée de cinq ans, la présence de Bonpland et un parcours allant de l’Espagne à Philadelphie par l’Amérique tropicale et les Andes.
1. Au Venezuela, les deux voyageurs cartographient l’Orénoque et le Rio Negro.
2. Ils poursuivent par Cuba, la Colombie et les Andes. Humboldt réalise notamment une ascension partielle du Chimborazo, donné dans la source à 6 268 m.
3. Le parcours continue jusqu’à Lima, au Mexique, puis à Philadelphie, où Humboldt souhaite rencontrer Thomas Jefferson.
4. Mini-cas à partir des faits fournis : au Venezuela, Humboldt et Bonpland cartographient l’Orénoque et le Rio Negro ; dans les Andes, la source associe au Chimborazo une altitude de 6 268 m et une ascension seulement partielle. La comparaison fait passer d’un réseau de fleuves à un relief de haute altitude : elle montre comment situer une observation dans son milieu. Elle ne permet pas d’en déduire l’effet de l’altitude sur la vie ni une causalité, car la source ne rattache à ces deux étapes aucune mesure météorologique ni aucune plante précise.

En pratique

Pour lire un travail de Humboldt, il faut d’abord repérer ce qui a été observé ensemble. Un relevé météorologique isolé décrit une condition ; rapproché d’un relief, d’une position géographique et d’espèces présentes, il participe à l’étude des relations entre milieu et vie.
Pour suivre son parcours, une chronologie est préférable à une simple liste de lieux lorsque la question porte sur l’évolution de sa carrière. La carte devient l’outil adapté lorsque la question porte plutôt sur l’ordre des étapes de l’expédition américaine.
Pour évaluer son héritage, il faut distinguer une contribution scientifique d’un hommage. Ses travaux ont contribué à plusieurs disciplines ; les montagnes, la baie, le glacier, le parc cubain, les espèces et le courant marin portant son nom témoignent de sa postérité.

À ne pas confondre

Alexander et Wilhelm von Humboldt. Alexander est le naturaliste, géographe et explorateur étudié ici. Son frère aîné Wilhelm est présenté dans la source comme philosophe, diplomate et ministre de l’éducation en Prusse. Une référence aux expéditions américaines désigne donc Alexander.
Biographie et fiction. Les faits de la fiche proviennent de la notice biographique. Les Arpenteurs du monde de Daniel Kehlmann est, lui, un roman proposant une double biographie fictionnalisée de Humboldt et de Gauss ; il ne constitue pas un compte rendu documentaire de l’expédition.
Le savant et les lieux qui portent son nom. Le courant longeant les côtes du Chili et du Pérou, comme les montagnes ou le glacier cités, perpétue le nom de Humboldt. Une mention du « courant de Humboldt » ne désigne pas la personne elle-même.

Limites et pièges

Une altitude n’est pas une ascension achevée. La source donne 6 268 m pour le Chimborazo mais parle d’une ascension partielle. Il ne faut donc pas transformer la valeur associée à la montagne en altitude atteinte par Humboldt.
Une chronologie ne prouve pas une causalité. Humboldt séjourne à Paris, collabore avec des savants et publie les résultats de ses voyages. La succession de ces faits ne suffit pas à attribuer chaque contribution à un collaborateur précis si la source ne le fait pas.
Une discipline ne résume pas sa démarche. Le qualifier seulement de géographe efface la botanique, la zoologie, la météorologie ou la géologie présentes dans ses relevés. À l’inverse, l’étendue de ses travaux ne permet pas de lui attribuer seul la naissance de chacune de ces disciplines.
Un hommage n’est pas une découverte. Le fait qu’un courant marin ou une espèce porte son nom établit une trace actuelle, pas les circonstances de sa dénomination. Pour ces détails, il faut une source spécifique plutôt qu’une déduction à partir du nom.

Pour aller plus loin

Gauss Carl — Situer l’autre savant au cœur de la double biographie fictionnalisée dans Les Arpenteurs du monde.
Un autre prolongement consiste à comparer les types de traces laissées par Humboldt : ses publications, ses institutions scientifiques et les lieux ou espèces auxquels son nom a été donné.
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