Si le livre s’ouvre sur le phénomène de quantification à tout-va durant la pandémie de Covid-19, cet ouvrage propose non pas une dénonciation des mésusages des nombres dans les conceptions populationnelles mais une réflexion sur la manière dont on quantifie les populations.
Déjà, il ne va pas de soi de compter les êtres, et encore moins de les rendre commensurables. Cette volonté est liée en grande partie à l’empirisme et au mouvement de rationalisation issus de la Renaissance : le chiffre est censé porter une vérité supérieure à l’opinion. Mais pour quantifier, il faut des données. Le major Graunt, au XVIIe siècle, a eu le génie de se saisir des bulletins de décès pour les transformer et les structurer en une source scientifique.