Ying Zheng, qui sera le premier empereur de Chine, est encore roi de Qin en ‒227, à la fin de la période des Royaumes combattants. Alors qu’il se sent divinement investi par la mission d’unification du monde et prête attention aux prêtres et aux mystiques, Jing Ke, un mystérieux émissaire du royaume voisin de Yan, déjoue un attentat contre lui. Cet étranger se révèle être un mathématicien réputé, et propose de mettre son savoir au service du roi de Qin.
Le savant convainc le monarque de désarmer ses trois millions de soldats pour les mettre au service d’un grand projet calculatoire afin de déterminer les cent mille premières décimales de π. Le cœur de l’argument touche à la fameuse conjecture concernant le caractère « universel » de ce nombre (selon laquelle toute suite finie de nombres se trouverait dans le développement décimal de π). Quant à la mise en œuvre du calcul, détaillée sur plusieurs planches explicatives précises, elle n’est pas sans rappeler le fonctionnement d’un micro-processeur ou le langage binaire ; elle est matérialisée par des soldats levant des drapeaux blancs ou noirs.