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Logique et ensemblesNotion · Glossaire

chiffre ghubar

Les chiffres ghubar sont une tradition graphique des chiffres arabes dont descendent directement les formes 0 à 9 aujourd'hui employées en Occident. Ils notent les nombres selon le même système décimal de position, hérité de la numération indienne et transmis par la civilisation arabe : c'est la forme des signes, non le principe de numération, qui les distingue notamment des chiffres hindī.
Transmission de la numération et évolution des chiffres ghubar La numération indienne est transmise par la civilisation arabe. Une branche mène aux chiffres ghubar du Maghreb et de l'Andalousie puis aux formes occidentales via l'Espagne médiévale. Une autre branche mène aux chiffres hindī du Proche et du Moyen-Orient. Du système indien aux graphies régionales Numération indienne Civilisation arabe transmission Chiffres ghubar Maghreb et Andalousie Formes occidentales via l'Espagne médiévale Chiffres hindī Proche et Moyen-Orient plus proches de la notation indienne originelle Un même principe décimal de position des graphies qui évoluent selon les régions
Le système vient de la numération indienne ; la branche ghubar, passée par l'Espagne médiévale, mène aux formes occidentales.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Situer les chiffres ghubar au Maghreb et dans l'Andalousie médiévale.
  • Distinguer l'origine du système décimal de position de celle des formes occidentales.
  • Différencier les traditions graphiques ghubar et hindī.

En clair

Regardez les symboles 0, 1, 2, 3 et les suivants sur un clavier occidental. Leur apparence appartient à une histoire particulière : celle des chiffres ghubar, employés au Maghreb et dans l'Andalousie médiévale.
Il faut séparer deux idées. Le système décimal de position vient de la numération indienne et a été transmis par la civilisation arabe. Les chiffres ghubar désignent, eux, une famille de formes graphiques dont dérivent directement les symboles occidentaux actuels.

Définition

Les chiffres ghubar sont les formes graphiques de chiffres arabes employées au Maghreb et en Andalousie au Moyen Âge. Leur nom vient de l'arabe ghubār, « poussière », par référence à l'écriture sur des tablettes de sable. Diffusées en Europe par l'Espagne médiévale, ces formes ont évolué vers les symboles numériques utilisés aujourd'hui en Occident.
Cette filiation graphique ne doit pas être confondue avec l'origine du système lui-même. La numération décimale de position est héritée de la numération indienne, puis transmise par la civilisation arabe. Dans un tel système, la valeur d'un chiffre dépend de sa place dans l'écriture du nombre ; la forme du signe et le principe de position sont donc deux questions distinctes.
Le monde arabophone n'emploie pas un graphisme unique. Les chiffres dits hindī, utilisés au Proche et au Moyen-Orient, restent morphologiquement plus proches de la notation indienne originelle. Les chiffres ghubar suivent une autre évolution graphique, celle qui conduit aux formes occidentales.

Un exemple, pas à pas

Prenons le nombre écrit 372. Les données sont les trois chiffres 3, 7 et 2, placés respectivement aux rangs des centaines, des dizaines et des unités.
1. Le chiffre 3 vaut trois centaines, soit 300.
2. Le chiffre 7 vaut sept dizaines, soit 70.
3. Le chiffre 2 vaut deux unités, soit 2.
4. La somme reconstitue le nombre :
3×100+7×10+2=3723\times100+7\times10+2=372
Le contrôle consiste à relire les rangs de droite à gauche : unités, dizaines, centaines. Si le dessin des trois signes change mais que leurs valeurs et leurs positions restent les mêmes, le nombre reste 372. L'histoire des chiffres ghubar porte précisément sur cette évolution des signes, sans changer le principe décimal de position transmis depuis la numération indienne.

En pratique

Dans un document médiéval du Maghreb ou d'Andalousie, le contexte géographique et l'apparence des signes orientent vers la piste ghubar. Une graphie inhabituelle ne doit pas être lue comme un système de calcul différent sans autre indice.
Pour raconter l'origine des chiffres occidentaux, on distingue la transmission du système et celle des formes. Le principe décimal de position renvoie à l'héritage indien transmis par la civilisation arabe ; la filiation graphique occidentale passe par les chiffres ghubar et l'Espagne médiévale.
Face à des chiffres employés aujourd'hui dans le monde arabophone, la région fournit un critère utile. Les graphies hindī sont associées au Proche et au Moyen-Orient, tandis que la lignée ghubar concerne le Maghreb, l'Andalousie et l'évolution vers les symboles occidentaux.

À ne pas confondre

Chiffres ghubar et chiffres hindī. Les premiers appartiennent à la tradition graphique du Maghreb et de l'Andalousie ; les seconds sont utilisés au Proche et au Moyen-Orient. Les formes occidentales actuelles dérivent directement de la lignée ghubar, alors que les formes hindī restent plus proches de la notation indienne originelle.
Formes des chiffres et numération décimale de position. La forme est le dessin du signe ; la numération est la règle qui donne notamment une valeur selon la position. Dans 372, remplacer une graphie par une autre relève des signes, tandis que permuter 3 et 7 change les positions et donc le nombre.

Limites et pièges

Le mot « arabes » ne désigne pas une graphie uniforme. Si des symboles employés au Proche ou au Moyen-Orient diffèrent des chiffres occidentaux, il n'y a pas contradiction. Il faut préciser la tradition graphique considérée : hindī ou ghubar.
L'origine graphique n'est pas l'origine du système. Dire que les symboles occidentaux viennent directement des chiffres ghubar ne signifie pas que le principe décimal de position est né au Maghreb ou en Andalousie. Pour éviter ce raccourci, il faut rappeler son héritage indien et sa transmission par la civilisation arabe.
L'étymologie n'est pas une description de chaque document. Ghubār signifie « poussière » et renvoie à l'écriture sur des tablettes de sable. Ce sens explique le nom ; il ne suffit pas, à lui seul, à identifier la graphie d'un signe isolé.

Pour aller plus loin

Le glossaire chiffre arabe permet de replacer l'appellation générale par rapport à la branche graphique ghubar.
L'article Conter les nombres prolonge la réflexion sur l'histoire de la numération et les manières de représenter les nombres.
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