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GéométrieNotion · Glossaire

mathématiques précolombiennes

Les mathématiques précolombiennes désignent les savoirs et pratiques mathématiques élaborés par les civilisations amérindiennes avant l’arrivée des Européens sur le continent américain. Elles regroupent des traditions distinctes qui ont développé des moyens de compter, calculer, mesurer et organiser des données pour répondre notamment à des besoins administratifs, agricoles, calendaires et astronomiques.
Décomposition du nombre 40 en base 20 Deux positions indiquent deux vingtaines et zéro unité, soit quarante. 2 VINGTAINES × 20 0 UNITÉS × 1 2 × 20 + 0 × 1 = 40
La position de gauche apporte 2 × 20 et celle des unités 0 × 1 : leur somme vaut 40.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Distinguer les traditions mathématiques maya, aztèque et inca.
  • Lire un exemple simple de valeur de position en base 20.
  • Relier les systèmes numériques à leurs supports et à leurs usages.

En clair

Imaginez qu'il faille compter des récoltes, organiser un calendrier ou enregistrer un impôt sans employer nos chiffres habituels. Avant l'arrivée des Européens, plusieurs civilisations d'Amérique avaient construit leurs propres réponses mathématiques à ces besoins.
Les Mayas et les Aztèques comptaient par groupes de vingt, mais la numération aztèque classique n'était pas positionnelle comme celle des Mayas. Les Mayas disposaient aussi d'un zéro explicite. Certains quipus incas dont l'usage numérique est documenté enregistraient des nombres décimaux par la position de nœuds sur des cordelettes.

Définition

Les mathématiques précolombiennes regroupent les savoirs et les pratiques mathématiques élaborés par les civilisations amérindiennes avant l'arrivée des Européens en Amérique. Elles se sont développées indépendamment des traditions de l'Ancien Monde. Elles comprennent des systèmes de numération, des outils de calcul, des calendriers et des connaissances astronomiques. Ces instruments répondaient notamment à des besoins administratifs, agronomiques et rituels.
Le terme couvre plusieurs traditions, et non un système unique. Chez les Mayas, la numération est positionnelle, en base 20, et possède un zéro explicite. Les Aztèques emploient également une base 20, mais leur numération classique est principalement additive et multiplicative, et non positionnelle comme celle des Mayas ; ils effectuent notamment des calculs cadastraux et fiscaux. Dans certains quipus incas dont l'encodage numérique est documenté, la position des nœuds représente des valeurs décimales ; cette description ne résume pas tous les usages des quipus.
Dans une numération positionnelle, la base indique la valeur d'un changement de position : de droite à gauche, la position immédiatement suivante vaut vingt fois la précédente en base 20, et dix fois la précédente en base 10. Cette différence interdit de réduire toutes les mathématiques précolombiennes à une seule manière d'écrire ou de calculer.

Un exemple, pas à pas

Prenons un nombre dans un système positionnel en base 20, comme celui des Mayas. Les données sont deux positions, un chiffre 2 dans la position des vingtaines et un zéro explicite dans la position des unités. Cet exemple abstrait montre la valeur des positions, sans reproduire les signes graphiques mayas.
1. La position des vingtaines donne deux groupes de vingt : 2 × 20 = 40.
2. La position des unités porte zéro unité : 0 × 1 = 0.
3. On additionne les deux contributions : 40 + 0 = 40.
Le nombre représenté vaut donc 40. Le zéro est décisif : il signale que la position des unités est vide, tandis que le 2 reste attaché à la position valant vingt.
Le contrôle consiste à regrouper 40 objets par paquets de vingt. On obtient exactement deux paquets et aucun objet isolé, ce qui retrouve les deux données de départ.

En pratique

Pour lire une quantité maya écrite dans une numération positionnelle en base 20, on repère d'abord la valeur de chaque position, puis on additionne ses contributions. Cette méthode ne s'applique pas telle quelle à la numération aztèque classique, principalement additive et multiplicative. Une conversion en base 10 est préférable lorsqu'il faut comparer directement la quantité maya à notre écriture décimale.
Pour étudier une donnée numérique encodée sur un quipu inca, on examine le support matériel : dans les cas documentés, la position des nœuds peut porter une information numérique décimale. Ce mode d'encodage ne caractérise pas à lui seul tous les quipus ni tous leurs usages. Une grille de chiffres écrits ne convient pas, car la donnée étudiée est enregistrée sur un objet matériel.
Pour relier un calcul à son contexte, on identifie enfin le besoin concerné. Un registre fiscal ou cadastral appelle une lecture administrative ; un calendrier ou une observation astronomique demande d'examiner l'organisation du temps.

À ne pas confondre

Les mathématiques précolombiennes ne se confondent pas avec les seules mathématiques mayas. La présence d'une numération positionnelle en base 20 avec zéro explicite caractérise ici la tradition maya ; un quipu décimal oriente au contraire vers la tradition inca.
Un calendrier ou un savoir astronomique n'est pas, à lui seul, le nom de l'ensemble étudié. Les mathématiques précolombiennes englobent aussi les numérations, les outils de calcul et les usages administratifs, agronomiques ou rituels.

Limites et pièges

Le principal piège consiste à parler d'une « numération précolombienne » unique. Il faut distinguer trois aspects : la numération maya est positionnelle en base 20 ; la numération aztèque classique, également en base 20, est principalement additive et multiplicative ; dans certains quipus incas à usage numérique documenté, la position des nœuds représente des valeurs décimales. La base, l'organisation des signes et le support matériel ne sont donc pas des catégories interchangeables.
La présence d'un zéro explicite ne doit pas être étendue automatiquement à toutes les traditions citées. La définition source l'attribue au système maya. Pour les Aztèques, elle établit la base 20 ; pour les Incas, elle décrit un encodage décimal sur quipus.
L'écriture 2 puis 0 de l'exemple explique une valeur de position, mais elle ne reproduit pas un graphisme historique. Il faut séparer la valeur calculée, qui est 40, de la forme matérielle ou graphique employée pour l'enregistrer.

Pour aller plus loin

Les mathématiques mayas approfondissent la numération positionnelle en base 20 et le rôle du zéro explicite.
Les mathématiques aztèques prolongent l'étude de la numération classique en base 20, principalement additive et multiplicative, et de ses usages cadastraux et fiscaux documentés.
Les mathématiques incas montrent comment certains quipus à usage numérique documenté encodent des valeurs décimales par la position des nœuds.
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