GéométrieNotion · Glossaire
Gaultier Louis
Louis Gaultier est un ingénieur et professeur français de géométrie descriptive. Il a enseigné les mathématiques et le dessin appliqué à la mécanique, et son étude du problème d'Apollonius a contribué à introduire les termes « axe radical » et « centre radical ».
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier Louis Gaultier et les principales étapes de sa carrière.
- Relier son enseignement au Conservatoire des Arts et Métiers à la géométrie descriptive.
- Comprendre le rôle de son mémoire sur les cercles et les sphères tangents.
- Distinguer les bornes de huit cercles et seize sphères des solutions effectivement réalisées.
En clair
En 1807, au Conservatoire des Arts et Métiers, Louis Gaultier ouvre avec Dewailly une école gratuite de dessin appliqué à la mécanique. Les élèves y apprennent à représenter des objets, à raisonner sur leurs formes et à utiliser la géométrie pour des métiers concrets.
Gaultier n'est donc pas seulement un chercheur en géométrie. Il est aussi un pédagogue qui transmet la géométrie descriptive, l'arithmétique et les rudiments de la statique et de la dynamique à de jeunes artisans, mécaniciens et fabricants. Ses travaux sur les cercles tangents ont également laissé deux termes importants : l'axe radical et le centre radical.
Définition
Louis Gaultier (1776-1848) est un ingénieur et professeur français de géométrie descriptive. Entré à l'École Polytechnique en 1798, il renonce à la carrière militaire à sa sortie en 1801. Ses compétences couvrent les mathématiques, la statique et l'histoire naturelle ; il réalise notamment tous les dessins illustrant le cours sur les éléments des machines enseigné à l'École Polytechnique.
Nommé professeur au Conservatoire des Arts et Métiers le 1er janvier 1807, Gaultier y crée avec le peintre et dessinateur Dewailly une école gratuite de dessin appliqué à la mécanique. Cette école devient rapidement une école de géométrie descriptive et de dessin destinée aux fils d'artisans, de mécaniciens et de fabricants. De 1807 à 1816, puis de 1818 à 1848, il enseigne à des jeunes de 15 à 18 ans la géométrie élémentaire et descriptive, l'arithmétique, ainsi que des rudiments de statique et de dynamique.
Son enseignement comprend aussi une « école du trait » pour les menuisiers, les charpentiers et les maçons. Ses contributions mathématiques portent sur l'utilisation de la méthode de Roberval pour construire des tangentes à l'épicycloïde, ainsi que sur le problème d'Apollonius, qui consiste à construire un cercle tangent à trois cercles donnés.
En 1812, Gaultier soumet à l'Institut un mémoire sur la construction graphique d'un cercle défini par trois conditions ou d'une sphère définie par quatre conditions. Il y démontre, pour des configurations non dégénérées de données distinctes, l'existence d'au plus huit cercles tangents à trois cercles donnés et de seize sphères tangentes à quatre sphères données. Le mémoire, favorablement rapporté par Poisson, paraît en 1813 dans le seizième cahier du Journal de l'École Polytechnique. Gergonne relève que les termes « axe radical » et « centre radical » y apparaissent pour la première fois.
Un exemple, pas à pas
Le mémoire de 1812 fournit un exemple historique de démarche géométrique. Gaultier part d'un problème de construction : déterminer un cercle tangent à trois cercles donnés, ou une sphère tangentielle à quatre sphères données.
Les données sont les suivantes : trois cercles donnés pour le problème plan ; quatre sphères données pour le problème spatial ; une construction graphique ; des conditions de tangence ; un résultat sur le nombre maximal de solutions.
Pour lire le raisonnement sur le cas plan, repérez trois cercles distincts, en configuration non dégénérée, et notez-les C1, C2 et C3. La question historique est alors la suivante : quelles contraintes une construction devrait-elle respecter ? Le cercle recherché doit être tangent à C1, à C2 et à C3. Une construction candidate ne pourrait donc être retenue que si elle satisfait ces trois contraintes. Cette grille de lecture ne fournit pas une construction à reproduire ; elle aide à comprendre pourquoi le mémoire énonce une borne — au plus huit cercles tangents à trois cercles donnés — plutôt qu'un nombre garanti de solutions.
Le contrôle historique est vérifiable dans la source : le résultat ne décrit pas une solution unique, mais une borne supérieure. La publication de 1813 est distincte de la soumission de 1812, et les deux termes « axe radical » et « centre radical » sont associés à ce mémoire.
En pratique
Pour situer Gaultier dans l'histoire des mathématiques, on peut partir de ses fonctions d'enseignant au Conservatoire des Arts et Métiers. Le critère observable est la matière transmise : géométrie descriptive, dessin appliqué à la mécanique, arithmétique, statique et dynamique.
Pour relier son nom à une notion de géométrie, on peut chercher le problème d'Apollonius et les expressions « axe radical » et « centre radical ». Cette entrée est plus précise qu'une recherche générale sur les professeurs de l'École Polytechnique, qui ne distingue pas son travail sur les cercles tangents.
Pour suivre sa trajectoire, on distingue les périodes d'enseignement : 1807-1816, puis 1818-1848. Cette séparation évite de transformer l'interruption mentionnée dans la source en une période d'activité continue.
À ne pas confondre
Louis Gaultier et Louis Gaultier de Kerveguen. La source demande de ne pas confondre ces deux personnes. Le critère qui tranche ici est l'identité biographique : l'entrée concerne l'ingénieur et professeur né en 1776, parfois précisé comme « Louis Gaultier de Tours », et non Louis Gaultier de Kerveguen.
Limites et pièges
Une borne n'est pas un nombre de solutions effectivement construites. « Au plus huit cercles » signifie que le mémoire établit une limite supérieure pour trois cercles donnés ; cela ne garantit pas que les huit solutions existent dans chaque configuration. Il faut donc conserver les conditions géométriques particulières du problème au lieu d'annoncer huit cercles dans tous les cas.
Le cas spatial n'est pas une simple répétition du cas plan. Le résultat cité pour quatre sphères données porte sur au plus seize sphères tangentes. Il ne faut pas remplacer les sphères par des cercles ni transférer automatiquement le nombre huit d'un cadre à l'autre.
La chronologie distingue enseignement, mémoire et publication. Gaultier est professeur à partir du 1er janvier 1807, enseigne de 1807 à 1816 puis de 1818 à 1848, soumet son mémoire en 1812 et le fait paraître en 1813. Une seule date ne résume pas correctement ces événements distincts.
Pour aller plus loin
Le prolongement naturel consiste à examiner le problème d'Apollonius comme un problème de construction sous conditions : trois cercles imposent des contraintes de tangence à un quatrième. Cette perspective permet de comprendre pourquoi un même énoncé peut conduire à plusieurs solutions ou à moins de solutions selon la configuration, et pourquoi Gaultier distingue le cadre des cercles de celui des sphères.
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