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Histoire et cultureNotion · Glossaire

Lucas Edouard

Édouard Lucas est un mathématicien français dont les travaux relient théorie des nombres et récréations mathématiques. Son nom reste attaché à la suite de Lucas, au test de Lucas-Lehmer et à la forme canonique du problème des tours de Hanoï.
Une règle, deux couples initiaux Les suites de Lucas et de Fibonacci partagent la même addition, mais commencent respectivement par 2, 1 et 0, 1. Une règle, deux couples initiaux Lucas Fibonacci 213471118 0112358 chaque terme suivant = somme des deux précédents
La même récurrence produit deux lignes différentes parce que les couples initiaux sont 2, 1 et 0, 1.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Situer le parcours d’Édouard Lucas entre Amiens, l’Observatoire de Paris et l’enseignement.
  • Construire et contrôler les premiers termes de la suite de Lucas.
  • Relier le test de Lucas-Lehmer, les nombres de Mersenne et les récréations mathématiques sans confondre les attributions.

En clair

En 1861, Édouard Lucas quitte Amiens pour entrer à l’École normale supérieure. Il passe ensuite de l’Observatoire de Paris aux classes préparatoires des lycées Charlemagne et Saint-Louis. Ce parcours d’enseignant et de chercheur nourrit une œuvre où les calculs savants rencontrent les jeux.
Une suite de nombres, un test de primalité, les tours de Hanoï ou des réglettes de calcul montrent les deux faces de son travail : chercher des propriétés profondes et les rendre manipulables.

Définition

François Édouard Anatole Lucas (1842–1891) est un mathématicien français né à Amiens dans une famille modeste. Après ses études secondaires dans cette ville, il entre à l’École normale supérieure en 1861 et prépare l’agrégation. Il travaille quelque temps à l’Observatoire de Paris sous la direction de Le Verrier, puis enseigne en classes préparatoires, notamment aux lycées Charlemagne et Saint-Louis à Paris. Il meurt en 1891 des suites d’une blessure accidentelle.
Ses recherches couvrent la géométrie des transformations, la géométrie projective, la cryptographie et surtout la théorie des nombres. Il étudie la suite de Fibonacci et introduit une suite régie par la même récurrence, mais commençant par 2 et 1 au lieu de 0 et 1 : la suite de Lucas. Les termes obtenus sont les nombres de Lucas. Son traité Théorie des nombres, consacré à l’arithmétique diophantienne, paraît en 1891.
Lucas conçoit aussi un test de primalité, perfectionné par Derrick Lehmer dans les années 1930 et désormais nommé test de Lucas-Lehmer. Son application aux nombres de Mersenne lui permet d’établir leur primalité ou leur compositivité jusqu’à M127, entier de 39 chiffres. Ses Récréations mathématiques rassemblent notamment carrés magiques, solitaire, dominos et tours de Hanoï. La présentation canonique de ce dernier problème lui est attribuée. Il participe enfin aux réglettes de Genaille-Lucas, qui améliorent les baguettes de Neper, et signe certains travaux du pseudonyme N. Claus de Siam, anagramme de Lucas d’Amiens.

Un exemple, pas à pas

Construisons les premiers nombres de Lucas. Les données sont la valeur initiale L0 = 2, la valeur suivante L1 = 1 et la règle qui additionne les deux termes précédents.
1. Le troisième terme vaut L2 = 2 + 1 = 3.
2. Le terme suivant vaut L3 = 1 + 3 = 4, puis L4 = 3 + 4 = 7.
3. En poursuivant le même geste, L5 = 4 + 7 = 11 et L6 = 7 + 11 = 18. On obtient donc 2, 1, 3, 4, 7, 11, 18.
Le contrôle consiste à reprendre n’importe quel terme à partir de L2 : 18 est bien la somme de 7 et 11. La comparaison avec 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8 montre que la suite de Fibonacci suit la même règle, mais pas les mêmes valeurs initiales.

En pratique

Pour observer une récurrence, on peut produire les nombres de Lucas terme après terme. La suite de Fibonacci constitue l’alternative naturelle : le critère de choix est le couple initial, 2 et 1 pour Lucas, 0 et 1 pour Fibonacci.
Pour étudier certains nombres de Mersenne, le test de Lucas-Lehmer fournit un critère de primalité adapté. Un test général pour les entiers est préférable lorsque le nombre examiné n’appartient pas à cette famille.
Pour entrer dans l’œuvre par la manipulation, les tours de Hanoï, les carrés magiques, le solitaire et les dominos donnent des problèmes concrets. Les réglettes de Genaille-Lucas relèvent d’un autre geste : effectuer des calculs avec un instrument matériel.

À ne pas confondre

Suite de Lucas et suite de Fibonacci. Elles obéissent à la même addition des deux termes précédents, mais leurs valeurs initiales les séparent. La première commence par 2 et 1 ; la seconde par 0 et 1.
Lucas et Lehmer. Lucas élabore le test de primalité ; Derrick Lehmer l’améliore dans les années 1930. Le nom composé « test de Lucas-Lehmer » conserve ces deux contributions distinctes.
Édouard Lucas et N. Claus de Siam. Ces signatures ne désignent pas deux auteurs : la seconde est le pseudonyme de Lucas et une anagramme de « Lucas d’Amiens ».

Limites et pièges

Une même récurrence ne suffit pas à identifier une suite. Si seuls les calculs d’addition sont visibles, le symptôme est une attribution hésitante à Lucas ou Fibonacci. Il faut aussi contrôler les deux valeurs initiales.
L’indice 127 n’est pas le nombre de chiffres. Dans M127, 127 est l’indice mentionné par le nom, tandis que l’entier compte 39 chiffres. Il faut conserver ces deux informations séparées.
Le nom actuel du test rassemble deux époques. Attribuer toute sa forme à Lucas seul efface l’amélioration de Lehmer dans les années 1930. Il faut distinguer l’élaboration initiale et le perfectionnement ultérieur.
Une attribution n’est pas une date de création. La source attribue à Lucas la présentation canonique des tours de Hanoï sans en donner l’année. Il faut donc éviter de déduire une date précise de cette seule mention.

Pour aller plus loin

La suite de Fibonacci permet de comparer deux suites qui partagent leur récurrence tout en différant par leurs valeurs initiales.
Le test de Lucas-Lehmer approfondit le critère de primalité associé aux nombres de Mersenne.
Le problème des tours de Hanoï développe la récréation mathématique dont la présentation canonique est attribuée à Lucas.
Le nombre de Mersenne situe la famille d’entiers sur laquelle le test de Lucas-Lehmer est appliqué.
Le nombre premier rappelle le verdict recherché par un test de primalité.
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