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Histoire et cultureNotion · Glossaire

test de Pépin

Test de primalité applicable aux nombres de Fermat, dû au mathématicien français Théophile Pépin (1826–1904). Il énonce que, pour n ≥ 2, le nombre de Fermat F_n = 2^(2^n) + 1 est premier si et seulement si 3^((F_n − 1)/2) ≡ −1 (mod F_n). Ce test fournit ainsi un critère simple et décisif pour établir la primalité d'un nombre de Fermat, sans nécessiter la factorisation de celui-ci.
Calcul du test de Pépin pour F₂ égal à 17 Quatre cartes montrent F₂ égal à 17, puis les restes 9, 13 et 16, ce dernier étant égal à moins 1 modulo 17. F₂ = 17 3² ≡ 9(mod 17) 3⁴ ≡ 13(mod 17) 3⁸ ≡ 16≡ −1(mod 17)
Pour F₂ = 17, trois carrés successifs conduisent de 3 à 16, le représentant positif de −1 modulo 17.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier le domaine d’application du test de Pépin.
  • Lire la congruence qui donne le verdict de primalité.
  • Refaire le calcul complet pour F₂ = 17.
  • Distinguer un verdict de composition d’une factorisation.

En clair

Prenons le nombre de Fermat F2, qui vaut 17. Pour savoir s’il est premier, le test de Pépin demande de calculer une puissance de 3, puis de ne garder que son reste dans la division par 17.
Le reste obtenu est 16, c’est-à-dire −1 modulo 17. Ce résultat suffit pour conclure que 17 est premier. Le même verdict, avec un exposant adapté, vaut pour tout nombre de Fermat Fn lorsque n est au moins égal à 2.

Définition

Le test de Pépin est un critère de primalité réservé aux nombres de Fermat. Pour un entier n au moins égal à 2, le nombre de Fermat d’indice n, noté Fn, est défini par la formule suivante.
Fn=22n+1F_n=2^{2^n}+1
Le critère affirme que Fn est premier si et seulement si la puissance de base 3 et d’exposant (Fn − 1) / 2 laisse le même reste que −1 dans la division par Fn. En notation de congruence, cela s’écrit 3(Fn1)/21(modFn)3^{(F_n-1)/2} \equiv -1 \pmod{F_n}. Le « si et seulement si » donne les deux verdicts : la congruence réussie prouve la primalité, tandis que son échec prouve que le nombre est composé. Aucune recherche des facteurs de Fn n’est nécessaire.

Un exemple, pas à pas

Appliquons le test au nombre de Fermat d’indice 2. Les données sont n = 2, F2 = 24 + 1 = 17 et l’exposant (17 − 1) / 2 = 8. Il faut donc déterminer le reste de 38 dans la division par 17.
1. On élève d’abord 3 au carré : 32 = 9.
2. On élève 9 au carré : 34 = 81. Comme 81 = 4 × 17 + 13, le reste est 13.
3. On élève 13 au carré : 38 a le même reste que 169. Or 169 = 9 × 17 + 16, donc ce reste est 16, c’est-à-dire −1 modulo 17.
Le critère de Pépin est satisfait : F2 = 17 est premier. Pour contrôler le calcul directement, on peut aussi vérifier que 38 = 6 561 = 386 × 17 − 1.

En pratique

Pour tester un nombre de Fermat Fn avec n ≥ 2, on calcule la puissance de 3 modulo Fn. Le calcul modulaire évite de conserver l’immense puissance entière : après chaque multiplication, on remplace le résultat par son reste.
L’exponentiation rapide est préférable à des multiplications répétées. Elle décompose l’exposant en puissances de 2 et réduit chaque carré modulo Fn, comme dans le calcul pour F2.
Si le reste final diffère de Fn − 1, le nombre est composé, même si aucun facteur n’est encore connu. Si le reste vaut Fn − 1, le test prouve au contraire que ce nombre de Fermat est premier.

À ne pas confondre

Le test de Pépin ne se confond pas avec un test de primalité général. Son entrée doit être un nombre de Fermat Fn avec n ≥ 2 ; pour 19, qui n’est pas de cette forme, ce critère ne s’applique pas.
Il ne se confond pas non plus avec la factorisation. Un reste différent de Fn − 1 prouve que Fn est composé, mais ne donne pas automatiquement ses facteurs. Le verdict et la recherche des diviseurs sont deux tâches distinctes.

Limites et pièges

Le domaine annoncé commence à n = 2. Il ne faut donc pas étendre mécaniquement cette formulation à F0 = 3 : la puissance testée vaut alors 3, soit 0 modulo 3, alors que 3 est premier.
Le symbole −1 modulo Fn désigne le même reste que Fn − 1. Dans l’exemple, le calculateur peut afficher 16 plutôt que −1 ; ces deux écritures donnent bien le même verdict modulo 17.
Un échec du test établit seulement que le nombre de Fermat est composé. Chercher ensuite un diviseur exige une méthode de factorisation distincte ; il serait erroné de lire le reste final comme un facteur.

Pour aller plus loin

La fiche nombre de Fermat précise la famille particulière d’entiers à laquelle le test de Pépin s’applique.
La fiche congruence modulo n approfondit la notion de reste qui porte tout le verdict du test.
La fiche test de primalité replace le critère de Pépin parmi les méthodes qui décident si un entier est premier.
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