GéométrieNotion · Glossaire
Voïevodski Vladimir
Vladimir Voïevodski, aussi écrit Vladimir Voevodsky, est un mathématicien russo-américain (1966-2017) dont les travaux portent sur la théorie de l'homotopie pour les variétés algébriques. Cette théorie se situe au croisement de la géométrie algébrique, qui étudie des objets définis par des équations, et de la topologie algébrique, qui compare des formes et leurs déformations. Ses travaux ont ainsi contribué à relier ces deux façons d'étudier les objets mathématiques. Son parcours est notamment distingué par la médaille Fields en 2002.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier Voïevodski et ses deux transcriptions de nom.
- Relier ses travaux à la géométrie algébrique et à la topologie algébrique.
- Situer les principales dates, de 1966 à 2017, sans confondre les événements.
En clair
Pour situer Vladimir Voïevodski, on peut suivre quelques repères : Moscou en 1966, une première publication en 1989, un doctorat à Harvard en 1992, la médaille Fields en 2002, puis Princeton. Cette trajectoire relie des questions de géométrie algébrique à celles de topologie algébrique.
La géométrie algébrique étudie des formes décrites par des équations. La topologie algébrique cherche ce qui reste pertinent quand on déforme une forme sans la déchirer. Voïevodski a travaillé à leur rencontre, en développant une théorie de l'homotopie adaptée aux variétés algébriques.
Définition
Vladimir Voïevodski est un mathématicien russo-américain dont les travaux portent principalement sur la théorie de l'homotopie pour les variétés algébriques. Une variété algébrique est un objet géométrique défini par des équations polynomiales ; l'homotopie étudie des déformations continues et les structures qui permettent de les comparer. La théorie de Voïevodski se situe donc entre géométrie algébrique et topologie algébrique, mais elle ne remplace pas l'une par l'autre.
Sa thèse de doctorat, soutenue à Harvard en 1992 sous la direction de David Kazhdan, s'intitule « Homologie des schémas et des motifs covariants ». Elle prolonge une première publication de 1989 sur les triangulations équilatérales des surfaces de Riemann et les courbes sur des champs de nombres algébriques, cosignée avec G. B. Shabat. Plusieurs travaux ultérieurs sont inspirés par les idées de Grothendieck.
La médaille Fields lui est attribuée en 2002. La même année, il devient professeur à l'Institute for Advanced Study de Princeton. Son parcours mentionne ensuite une preuve complète des conjectures de Bloch-Kato et, en 2009, la construction du modèle univalent de la théorie des types de Martin-Löf dans les ensembles simpliciaux.
Un exemple, pas à pas
Un exemple de lecture du parcours consiste à suivre le passage de la thèse de 1992 aux recherches sur l'homotopie des variétés algébriques. Le point de départ est l'homologie des schémas et des motifs covariants, puis le problème devient celui d'une comparaison entre des objets algébriques et des idées topologiques.
Micro-exemple : considérons la courbe plane définie par l'équation y = 0, c'est-à-dire une droite. Une question de déformation précise consiste à demander si la famille d'équations y = t x², pour t allant de 0 à 1, relie cette droite à la parabole y = x² sans la déchirer. Ici, l'équation présente l'objet algébrique ; la question porte sur une déformation continue et sur la propriété de rester connexe. Elle illustre la différence entre l'objet étudié et le cadre topologique de comparaison, sans constituer à elle seule une preuve d'un résultat de Voïevodski.
Ce fil conducteur ne signifie pas que chaque résultat est une simple conséquence de la thèse. Il sert à lire une continuité de recherche : un travail doctoral situé en 1992, un programme d'homotopie algébrique, puis des résultats et une construction de modèle mentionnés à des étapes ultérieures.
En pratique
Pour présenter Voïevodski sans perdre le lecteur, commencez par distinguer trois niveaux : la personne, le domaine de recherche et les résultats cités. La personne est un mathématicien russo-américain ; le domaine relie géométrie algébrique et topologie algébrique ; les résultats comprennent les conjectures de Bloch-Kato et le modèle univalent.
Pour vérifier une chronologie minimale, associez chaque année à un événement précis : 1966 à la naissance à Moscou, 1989 à la première publication, 1992 au doctorat, 2002 à la médaille Fields et au professorat à Princeton, 2009 à la construction du modèle univalent, 2017 au décès.
À ne pas confondre
Il ne faut pas confondre Voïevodski et Voevodsky : il s'agit de deux transcriptions, française et américaine, du même nom. Il ne faut pas non plus confondre la géométrie algébrique avec la théorie de l'homotopie pour les variétés algébriques : la première fournit un domaine d'objets, tandis que la seconde désigne le cadre de recherche auquel ses travaux sont associés.
Enfin, la médaille Fields n'est pas le nom d'une théorie. C'est une distinction reçue en 2002 ; la preuve des conjectures de Bloch-Kato et le modèle univalent sont des éléments de recherche cités séparément dans la source.
Limites et pièges
Les expressions « théorie de l'homotopie », « variétés algébriques », « conjectures de Bloch-Kato » et « modèle univalent » ne désignent pas un seul objet au même niveau. La première est un cadre de comparaison, les variétés algébriques sont les objets géométriques concernés, les conjectures sont un ensemble d'énoncés et le modèle est une construction dans un cadre de théorie des types.
La chronologie doit également rester prudente. La source attribue à 1989 la première publication, à 1992 le doctorat, à 2002 la médaille Fields et le début du professorat à l'Institute for Advanced Study, et à 2009 la construction du modèle univalent. Elle ne donne pas le détail de chaque étape intermédiaire ni la formulation des conjectures ; il serait donc abusif d'en déduire une liste complète de résultats ou de dates.
La transcription d'un nom et l'intitulé d'un résultat obéissent à des conventions différentes : « Voïevodski » et « Voevodsky » sont des formes du nom, tandis que « Homologie des schémas et des motifs covariants » est le titre donné à la thèse.
Pour aller plus loin
Pour prolonger la lecture, on peut retenir le mouvement d'ensemble : partir d'objets algébriques définis par des équations, leur appliquer des questions de type topologique, puis formaliser ces liens dans des cadres de plus en plus larges. Le parcours cité va de l'homologie des schémas et des motifs covariants à l'homotopie des variétés algébriques, aux conjectures de Bloch-Kato et au modèle univalent dans les ensembles simpliciaux.
Le nom de Grothendieck fournit un autre repère intellectuel présent dans la source : plusieurs travaux de Voïevodski sont inspirés par ses idées. Cette mention situe une filiation de recherche, sans réduire les contributions de Voïevodski à celles de son prédécesseur.
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