Poursuivant sa série de « petites histoires », l’académicien Étienne Ghys s’en va gambader sur un terrain où on ne l’attendait pas : les lettres. Pas les lettres au sens de la littérature mais les lettres que vous lisez en ce moment les unes après les autres. Ces lettres que l’on a pu écrire à la main, avec des caractères mobiles en plomb, par photocomposition ou, aujourd'hui, à l’aide des courbes de Bézier, sur lesquelles on peut zoomer à l’infini puisqu’il ne s’agit plus de caractères physiques mais de directions que l’on donne à une courbe. Eh oui, les mathématiques se cachent même sous les lettres, et à toutes les époques !
L’ouvrage propose ainsi de naviguer parmi les grands noms des lettres, qu’il s’agisse de co-pistes, d’imprimeurs ou d’éditeurs (y compris de l’« éditeur » de textes LaTeX !). On se laisse prendre par la main dans ce récit étonnant, foisonnant et passionnant d’autant plus qu’il est très illustré, ce qui lui donne beaucoup de caractère (vous l’avez ?). Un livre riche qui ouvre, avec un regard mathématique, sur une histoire fascinante !
La petite histoire des lettres. Étienne Ghys, Odile Jacob, 160 pages, 2026, 18,90 euros.