Alors que le nombre d’or n’était, dans les écrits d’Euclide, qu’un rapport géométrique parmi d’autres, une mythologie s’est progressivement créée autour de lui, qui a voulu y voir l’incarnation même de l’esthétique. Scientifiques comme artistes s’y sont laissés prendre.
La première partie de l’ouvrage, écrite par Marguerite Neveux, détaille avec un soin clinique la naissance et l’expansion du mythe. On y découvre notamment combien Luca Pacioli, l’un des premiers « promoteurs » du nombre d’or dans son De Divine Proportione de 1509, mélangeait les considérations mathématiques avec des idées qu’on qualifiera d’étranges, se traduisant par d’hasardeuses « correspondances » telles que celle faite entre la Trinité et les trois termes qui définissent le fameuse proportion. La seconde partie de l’ouvrage, écrite par le mathématicien H. E. Huntley et publiée à l’origine en 1970, est là pour illustrer le propos en montrant diverses propriétés mathématiques de la proportion dorée, parsemées de considérations, parfois naïves, parfois hardies, sur les liens entre mathématiques et beauté.
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