Bernard Randé, mathématicien, Joanne Brueton, docteure en lettres modernes et Antoine Houlou-Garcia, lauréat du Prix Tangente et spécialiste des mathématiques de l’Antiquité, ont tous trois l’amour des lettres (ils ont écrit de nombreux articles et livres) et un regard d’une profonde bienveillance tant sur les mathématiques que sur la poésie, auxquels ils trouvent de nombreux points communs ou points d’attache. Comme l’indique Jean Dhombres dans sa préface, trois voix, bien différentes mais concordantes, mettent en jeu ces deux types de créations humaines, la façon de les transmettre et celle de les percevoir.
Leurs collaborations à ce livre sont d’une grande diversité, mais le sous-titre parle de lui-même : Regards croisés sur les mathématiques et la poésie.
Pour la plus grande partie des humains, la poésie comme la mathématique peuvent juste se faire entendre à l’extérieur du monde qu’ils fréquentent. D’autres personnes sont immergées… dans l’une d’entre elles en restant étrangers à l’autre. Enfin, il y a ceux qui se reconnaissent dans les deux, voire qui y ont consacré l’essentiel de leurs activités, comme Jacques Roubaud ou d’autres membres de l’Oulipo. À travers les textes et les innombrables citations d’écrivains, poètes, scientifiques et mathématiciens, on constate les approches différentes, voire opposées, que même des références célèbres ont pu avoir, certains clamant haut et fort le rejet de l’autre domaine, tandis qu’un petit groupe d’entre eux va jusqu’à affirmer sa double identité.