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AnalyseNotion · Glossaire

activité didactique verticale

Activité mathématique organisée sur plusieurs niveaux scolaires simultanément, permettant d'observer et de comparer les productions, les procédures et les représentations d'élèves d'âges différents à propos des concepts étudiés.
Trois représentations de trois quarts selon trois niveaux Une bande coloriée, un point sur un segment et une barre à 75 pour cent représentent tous exactement trois quarts. Même nombre : 3/4 Niveau A Niveau B Niveau C
Le support change entre les niveaux A, B et C, mais la position représentée reste exactement trois quarts de l’unité.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier le noyau commun qui rend plusieurs niveaux comparables.
  • Suivre un exemple sur les représentations de 3/4 à trois niveaux.
  • Distinguer comparaison verticale, étude longitudinale et analyse curriculaire.
  • Éviter d’attribuer trop vite une différence à une méthode d’enseignement.

En clair

Trois groupes d’élèves, appartenant à trois niveaux scolaires, travaillent au même moment sur une même idée mathématique. La consigne peut être adaptée à ce que chaque groupe connaît déjà, mais le cœur du problème reste commun.
En comparant les démarches, les erreurs et les explications, on observe les différences entre les productions et les conceptions des groupes de chaque niveau, sans pouvoir les attribuer directement à l’enseignement. Cette organisation est dite verticale parce qu’elle traverse plusieurs étapes de la scolarité, au lieu d’étudier une seule classe isolément.

Définition

Une activité didactique verticale est un dispositif dans lequel une activité mathématique portant sur un concept commun est organisée simultanément auprès d’élèves de plusieurs niveaux scolaires. L’objet comparé n’est donc pas seulement la réussite à une question : ce sont aussi les procédures, les arguments, les représentations et les erreurs mobilisés à chaque niveau.
Pour que la comparaison soit interprétable, le concept étudié et le noyau mathématique de la tâche doivent rester reconnaissables d’un niveau à l’autre. La formulation, le matériel ou le degré de formalisation peuvent être adaptés à l’âge des élèves. Ces adaptations doivent toutefois être consignées, car elles font partie des méthodes d’enseignement dont on cherche à examiner les effets.
Le dispositif fournit une coupe entre plusieurs niveaux à un moment donné. Il peut faire apparaître des transformations dans les conceptions des élèves, mais la comparaison ne suffit pas, à elle seule, à prouver le parcours d’un même élève ni à attribuer une différence observée à une seule méthode.

Un exemple, pas à pas

On veut étudier la conception du nombre trois quarts. Trois groupes, nommés niveaux A, B et C, travaillent simultanément. Le noyau commun est de situer 3/4 entre 0 et 1. Chaque réponse écrite et chaque justification orale sont recueillies.
1. Au niveau A, les élèves partagent une bande en quatre parts égales et en désignent trois. On relève si le partage est réellement égal.
2. Au niveau B, les élèves placent 3/4 sur un segment gradué de 0 à 1. On observe le passage du partage d’un objet à une position sur une droite.
3. Au niveau C, les élèves relient l’écriture fractionnaire à l’écriture décimale. Le calcul donne exactement 34=0,75\frac{3}{4}=0{,}75.
Le contrôle consiste à superposer les trois représentations : trois parts sur quatre, le point situé aux trois quarts du segment et 0,75 occupent la même position. La comparaison décrit alors les moyens utilisés pour exprimer un même nombre, sans confondre changement de représentation et changement de concept.

En pratique

Pour préparer une progression, l’enseignant choisit une idée qui traverse plusieurs niveaux, puis compare les procédures attendues et celles réellement produites. Une analyse des seuls programmes est préférable si la question porte uniquement sur les contenus prescrits.
Pour étudier l’effet d’une méthode, le chercheur conserve un noyau de tâche commun et note précisément les consignes, les supports et les interventions. Une expérimentation mieux contrôlée est nécessaire lorsque l’objectif est d’isoler l’effet causal d’un seul facteur.
Pour repérer une évolution possible des conceptions, on classe les productions selon des critères communs : représentation choisie, type de justification et erreur caractéristique. Un suivi longitudinal convient mieux si l’on veut décrire le parcours des mêmes élèves au fil du temps.

À ne pas confondre

Classe multiâge ou enseignement multiniveau. Des élèves de niveaux différents y apprennent dans un même groupe. Une activité didactique verticale peut au contraire comparer plusieurs groupes distincts, pourvu qu’ils travaillent simultanément sur un même concept.
Étude longitudinale. Elle suit les mêmes personnes à plusieurs moments. Une activité verticale peut observer au même moment des élèves différents : elle compare alors des niveaux, mais ne reconstitue pas directement une trajectoire individuelle.
Analyse curriculaire. Elle examine l’organisation des contenus d’enseignement dans un curriculum. Si l’on recueille des démarches et des erreurs d’élèves face à une tâche commune, on étudie des apprentissages observés et non le seul curriculum prescrit.

Limites et pièges

Des tâches trop différentes. Si un niveau partage une bande tandis qu’un autre résout un problème sans rapport avec 3/4, le symptôme est l’absence d’invariant comparable. Il faut rétablir un même noyau mathématique et documenter chaque adaptation.
Une causalité conclue trop vite. Une différence entre deux niveaux peut aussi tenir aux consignes, au support, à l’enseignant ou au groupe. Il faut décrire ces facteurs et employer un protocole contrôlé avant d’attribuer l’écart à une méthode précise.
Une évolution individuelle supposée. La présence simultanée de trois niveaux donne trois observations, pas trois étapes vécues par un même élève. Il faut un suivi des mêmes élèves pour établir une trajectoire individuelle.
Une réponse prise pour toute la conception. Un résultat juste peut masquer un raisonnement fragile, et une erreur peut venir d’une consigne mal comprise. Il faut examiner la procédure et la justification, puis croiser plusieurs traces.

Pour aller plus loin

La didactique des mathématiques replace ce dispositif dans l’étude des conditions de transmission et d’appropriation des savoirs mathématiques.
L’analyse curriculaire offre un autre point de vue : elle suit l’organisation des contenus prescrits entre les niveaux scolaires.
La situation didactique aide à examiner les relations entre une tâche, les connaissances de l’élève et les interventions de l’enseignant.
La transposition didactique prolonge la réflexion sur les transformations d’un savoir lorsqu’il devient un contenu à enseigner.
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