- Identifier les appellations ASCC et Mark I comme deux noms de la même machine.
- Suivre l’exécution séquentielle d’instructions lues sur une bande de papier perforé.
- Comparer les temps d’addition, de multiplication, de division et de fonctions élaborées.
- Distinguer l’automatisation électromécanique de l’électronique du Mark 4.
AnalyseNotion · Glossaire
ASCC
L’Automatic Sequence Controlled Calculator (ASCC), aussi appelé Harvard Mark I, est un grand calculateur numérique automatique électromécanique. Il lit sur une bande de papier perforé une suite d’instructions qu’il exécute dans l’ordre, automatisant ainsi des calculs sans être entièrement électronique.

Sommaire
Ce que vous allez apprendre
En clair
En 1944, une machine longue de 16 mètres est installée à l’Université Harvard. Elle lit des instructions sur une bande de papier perforé, puis les exécute l’une après l’autre, automatiquement. Cette machine électromécanique est l’ASCC, nom employé par IBM, et le Mark I, nom retenu par Harvard.
Son rythme paraît très lent aujourd’hui : trois additions ou soustractions par seconde, mais six secondes pour une multiplication et quinze pour une division. Son intérêt historique tient donc moins à la vitesse qu’à l’enchaînement automatique d’une suite d’instructions.
Définition
Le sigle ASCC développe Automatic Sequence Controlled Calculator. Howard H. Aiken et son équipe ont conçu la machine chez IBM ; elle a été achevée en 1944, puis installée à l’Université Harvard.
ASCC et Mark I ne désignent pas deux machines : IBM employait la première appellation et Harvard la seconde, à la suite d’un différend entre les institutions. L’objet mesurait 16 mètres de long, 2,4 mètres de haut et 0,5 mètre de profondeur, pour une masse supérieure à 4 tonnes.
Ses temps d’exécution variaient fortement selon l’opération. Il effectuait trois additions ou soustractions par seconde, une multiplication en six secondes et une division en quinze secondes. Un logarithme ou une fonction trigonométrique demandait plus d’une minute. Aiken développa ensuite les Mark 2, Mark 3 et Mark 4 ; seul le dernier est indiqué ici comme entièrement électronique.
Un exemple, pas à pas
Pour comparer concrètement les performances de l’ASCC, prenons une même durée de travail d’une minute, soit 60 secondes. Les données annoncées sont les suivantes : trois additions par seconde, six secondes par multiplication, quinze secondes par division et plus de 60 secondes par logarithme.
1. Pour les additions, on multiplie 3 par 60 : la machine peut en effectuer 180.
2. Pour les multiplications, on divise 60 par 6 : elle peut en achever 10.
3. Pour les divisions, on divise 60 par 15 : elle peut en achever 4.
4. Un logarithme prend plus de 60 secondes : aucun calcul de ce type n’est achevé dans cette minute.
2. Pour les multiplications, on divise 60 par 6 : elle peut en achever 10.
3. Pour les divisions, on divise 60 par 15 : elle peut en achever 4.
4. Un logarithme prend plus de 60 secondes : aucun calcul de ce type n’est achevé dans cette minute.
Le contrôle consiste à remultiplier chaque nombre d’opérations par son temps : 10 multiplications occupent 60 secondes et 4 divisions occupent aussi 60 secondes. Cette comparaison montre que le mot « calcul » recouvre ici des durées très différentes selon l’opération demandée.
En pratique
Pour reconnaître l’ASCC dans un document historique, relevez ensemble la date de 1944, l’installation à Harvard, le nom de Howard H. Aiken et la conception menée chez IBM. Un seul de ces indices ne suffit pas toujours ; leur réunion identifie la machine décrite.
Pour interpréter une performance, regardez l’opération concernée avant de comparer des vitesses. L’addition se compte ici par seconde, tandis que multiplication, division, logarithme et fonction trigonométrique se décrivent par leur durée d’exécution.
Pour comprendre l’automatisation, suivez le trajet de l’instruction : elle est lue sur une bande de papier perforé, puis exécutée dans la séquence prévue. Il faut donc préférer ce critère de fonctionnement à une comparaison fondée seulement sur la taille ou la rapidité.
À ne pas confondre
ASCC et Mark I. Ces appellations ne séparent pas deux modèles : elles désignent la même machine. Le critère qui tranche est institutionnel, IBM employant ASCC et Harvard Mark I.
Mark I et Mark 4. Le Mark 4 appartient à la série développée ensuite par Aiken, mais il ne s’agit pas d’un autre nom de l’ASCC. La différence explicitement donnée est technologique : l’ASCC est électromécanique, tandis que le Mark 4 est entièrement électronique.
Limites et pièges
Un titre à lire avec tous ses qualificatifs. La source présente l’ASCC comme le premier grand calculateur numérique automatique construit aux États-Unis. Retirer « grand », « numérique », « automatique » ou « aux États-Unis » élargirait indûment l’affirmation.
Une vitesse qui dépend de l’opération. Le chiffre de trois opérations par seconde concerne uniquement l’addition ou la soustraction. L’appliquer à la multiplication serait contredit par son temps observable de six secondes.
Une borne, pas une durée exacte. « Plus d’une minute » pour un logarithme ou une fonction trigonométrique indique seulement un temps supérieur à 60 secondes. Pour calculer une durée totale, il faut conserver cette inégalité au lieu de remplacer la valeur par 60 secondes.
Automatique ne signifie pas électronique. L’exécution séquentielle des instructions rend le calcul automatique, alors que le fonctionnement de l’ASCC reste électromécanique. Il faut examiner le mécanisme, et non déduire la technologie du seul mot « automatique ».
Pour aller plus loin
L’histoire du calcul automatique prend davantage de relief lorsqu’on compare des machines de générations différentes. L’article Les secrets de la pascaline présente un autre jalon matériel du calcul et aide à situer ce que l’automatisation séquentielle de l’ASCC change.
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