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Logique et ensemblesNotion · Glossaire

Badiou Alain

Alain Badiou est un philosophe français qui donne aux mathématiques, notamment à la théorie des ensembles, un rôle central dans ses travaux philosophiques et épistémologiques. Il s’en sert pour penser l’ontologie et la vérité, et relie la liberté mathématique à la discipline de la démonstration, où l’erreur doit céder devant la preuve.
Inclusion de l'ensemble A dans l'ensemble B A contient 1 et 2 et est inclus dans B, qui contient 1, 2 et 3. B A 1 2 3 A = {1, 2} ⊂ B = {1, 2, 3} chaque élément de A appartient à B
Chaque élément de A, 1 et 2, appartient aussi à B : on a donc A inclus dans B.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier Alain Badiou et situer son parcours.
  • Comprendre le rôle philosophique de la logique et de la théorie des ensembles.
  • Relier démonstration, erreur, discipline et liberté sans confondre preuve mathématique et décision politique.

En clair

Quand une démonstration établit un résultat, la conclusion ne dépend ni du prestige de la personne qui parle ni de l'opinion du public. C'est ce pouvoir de la preuve que le philosophe Alain Badiou met en relation avec la démocratie. Pour lui, les mathématiques offrent un terrain où l'erreur doit céder devant un raisonnement vérifiable. Il s'intéresse notamment à la théorie des ensembles et s'en sert pour penser ce qui existe et la manière dont une vérité se construit. Si votre recherche mentionne « Éloge de la philosophie », cette fiche précise l'angle consacré à sa pensée des mathématiques, notamment dans Éloge des mathématiques.

Définition

Alain Badiou est un philosophe français, également romancier et dramaturge. Sa réflexion donne aux mathématiques, et en particulier à la théorie des ensembles, une fonction philosophique centrale. La théorie des ensembles est la branche des mathématiques qui étudie les collections d'objets et les relations entre ces collections ; chez Badiou, elle sert de point d'appui à une ontologie, c'est-à-dire une réflexion sur ce qui est, ainsi qu'à une théorie de la vérité.
Cette place des mathématiques ne signifie pas que toute la philosophie se réduit à des calculs. Elle désigne plutôt un modèle de pensée où une proposition est soumise à une démonstration partageable. Dans Éloge des mathématiques, Badiou relie cette exigence à la pensée démocratique : une erreur doit s'incliner devant la preuve, quelle que soit l'autorité de celui qui l'a formulée. Il associe ainsi la liberté mathématique à la discipline nécessaire pour démontrer.
La notice source le situe aussi dans un parcours institutionnel précis : après l'École Normale Supérieure et l'agrégation de philosophie obtenue en 1960, il enseigna à l'université de Reims, puis à Paris VIII, à Vincennes, avant d'enseigner à l'ENS à partir de 1999.

Un exemple, pas à pas

Une classe examine un cas précis : A = {1, 2} et B = {1, 2, 3}. La proposition est « A est inclus dans B ». Un élève affirme qu'elle est vraie parce qu'une personne reconnue l'a dit ; le groupe vérifie alors les données plutôt que l'autorité invoquée.
Étape 1. La classe fixe la proposition et les données : il faut vérifier que chacun des éléments de A appartient à B.
Étape 2. Elle contrôle les deux éléments de A : 1 appartient à B et 2 appartient à B ; la proposition est donc vérifiée à partir des ensembles donnés.
Étape 3. Si un élève prétend par exemple que 3 appartient à A, le groupe corrige cette erreur en revenant à la définition de A, même si son auteur est prestigieux.
Le résultat n'est donc pas l'adhésion à une autorité, mais l'accord sur une démonstration contrôlable. L'exemple rend concrète l'idée que Badiou relie à la démocratie et à la liberté mathématique : la liberté de chercher reste liée à la discipline de la preuve.

En pratique

Pour présenter Badiou, on peut commencer par son parcours : philosophe, romancier et dramaturge français, ancien élève de l'École Normale Supérieure et agrégé de philosophie en 1960. Cette entrée convient lorsque le lecteur cherche à identifier la personne.
Pour comprendre son rapport aux mathématiques, on observe le rôle qu'il donne à la logique et à la théorie des ensembles dans ses travaux philosophiques et épistémologiques. Cette entrée convient lorsque la question porte sur son ontologie ou sa théorie de la vérité.
Pour éclairer son idée de liberté, on examine une démonstration plutôt qu'une simple opinion. Le critère observable est alors la possibilité de vérifier les étapes et de corriger une erreur sans tenir compte du statut de son auteur.

À ne pas confondre

Il ne faut pas confondre l'usage philosophique des mathématiques chez Badiou avec l'activité d'un mathématicien qui établirait ici un nouveau théorème. Le critère est le but du raisonnement : la théorie des ensembles fournit chez lui un appui pour penser l'ontologie et la vérité, tandis qu'un théorème est une proposition mathématique démontrée dans un cadre formel précis.
Il ne faut pas non plus confondre liberté et absence de règles. Dans la perspective exposée dans Éloge des mathématiques, la liberté mathématique exige la discipline de la démonstration ; une affirmation qui ne peut pas être contrôlée n'a pas le même statut qu'un résultat prouvé.

Limites et pièges

La source présente une thèse sur la portée philosophique et démocratique de la démonstration ; elle ne permet pas d'en déduire que toute décision démocratique serait une démonstration mathématique. Le symptôme d'un tel abus est le remplacement d'un débat de valeurs par un calcul. Il faut alors distinguer la vérification d'une preuve et la discussion collective d'une décision.
La théorie des ensembles est mentionnée comme un outil central de ses travaux, mais la notice ne détaille ni le système formel choisi ni une construction particulière. Il serait donc excessif d'attribuer à la fiche une définition technique complète de son ontologie. Pour aller plus loin, il faut préciser le texte étudié et le cadre mathématique concerné.
Enfin, la formule selon laquelle l'erreur s'incline devant la démonstration décrit une exigence de preuve, non une garantie que les mathématiciens ne se trompent jamais. Une erreur peut subsister jusqu'à ce qu'une vérification ou une correction la mette au jour.

Pour aller plus loin

L'article La philosophie des mathématiques iconoclaste de Wittgenstein permet de comparer une autre manière de penser le statut philosophique des mathématiques. Le lecteur y gagne un point de contraste pour situer la singularité de l'approche de Badiou.
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