ArithmétiqueOutil · Glossaire
boulier japonais
Le boulier japonais, ou soroban, est un instrument de calcul positionnel dont chaque tige représente un rang décimal. Sur une tige, la boule supérieure vaut cinq unités du rang et chacune des quatre boules inférieures en vaut une ; selon la convention adoptée, seules les boules rapprochées de la barre de séparation sont actives. Il rend visible la décomposition des nombres et permet d'effectuer des opérations arithmétiques par des gestes codifiés.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Reconnaître la structure à une boule supérieure et quatre boules inférieures par tige.
- Lire la valeur d’une tige selon son rang décimal.
- Représenter et contrôler le nombre 37 sur deux tiges.
- Distinguer la performance d’un champion de la capacité automatique de l’instrument.
En clair
Imaginez des tiges verticales sur lesquelles on rapproche des boules d’une ligne de séparation. Chaque tige porte un rang du nombre : unités, dizaines, centaines, et ainsi de suite. Une boule de la zone supérieure vaut cinq fois le rang de sa tige. Chacune des quatre boules inférieures en vaut une fois le rang.
Ainsi, sur la tige des unités, une boule supérieure et deux boules inférieures représentent 7. Les mêmes gestes se répètent d’une tige à l’autre, avec une valeur multipliée par dix.
Définition
Le boulier japonais, ou soroban, est un instrument de calcul positionnel à cadre rectangulaire. Il dérive du boulier chinois, appelé suan pan, et sa forme a été simplifiée au cours du XIXe siècle. Chaque tige correspond à un ordre décimal : unités, dizaines, centaines, puis ordres suivants.
Sur chaque tige, les boules actives composent l’un des chiffres de 0 à 9. La position de la tige donne ensuite la puissance de dix qui multiplie ce chiffre : le même agencement change donc de valeur selon qu’il occupe le rang des unités, des dizaines ou des centaines.
L’instrument sert aux opérations arithmétiques. La rapidité mentionnée dans les compétitions dépend cependant d’un opérateur entraîné et d’une technique rigoureuse : elle n’est pas une propriété automatique du cadre.
Où on le rencontre
Dans une salle d’apprentissage ou de compétition, le soroban se reconnaît à son cadre rectangulaire, à ses tiges parallèles et à sa séparation en deux zones. Sur chaque tige, une boule occupe la zone supérieure et quatre boules la zone inférieure. Les tiges alignées portent les rangs successifs d’un nombre décimal. L’objet encode donc une valeur par la combinaison des boules retenues sur chaque tige, et non par leur couleur ou par la taille du cadre.
Le mode d'emploi
La grandeur lue est un nombre décimal. Pour fixer la lecture, on adopte ici la convention suivante : une boule rapprochée de la ligne séparant les deux zones est active, et la tige la plus à droite porte les unités.
1. Repérez le rang de chaque tige en partant des unités vers la gauche.
2. Sur une tige, comptez 5 si la boule supérieure est active.
3. Ajoutez une unité du rang pour chaque boule inférieure active.
4. Additionnez les contributions de toutes les tiges.
2. Sur une tige, comptez 5 si la boule supérieure est active.
3. Ajoutez une unité du rang pour chaque boule inférieure active.
4. Additionnez les contributions de toutes les tiges.
L’œil peut croire que toutes les boules présentes sur une tige comptent. Or seule leur position par rapport à la ligne de séparation porte l’information dans la convention retenue. Le bon réflexe consiste à lire d’abord les boules actives, puis le rang de leur tige.
Un exemple, pas à pas
On veut représenter 37 sur deux tiges. La tige de gauche porte les dizaines et celle de droite les unités. Une boule supérieure active vaut cinq unités du rang ; chaque boule inférieure active en vaut une.
1. Décomposez 37 en 3 dizaines et 7 unités.
2. Sur la tige des dizaines, activez trois boules inférieures : elles valent 3 × 10 = 30.
3. Sur la tige des unités, activez la boule supérieure et deux boules inférieures : elles valent 5 + 2 = 7.
4. Additionnez les deux contributions : 30 + 7 = 37.
2. Sur la tige des dizaines, activez trois boules inférieures : elles valent 3 × 10 = 30.
3. Sur la tige des unités, activez la boule supérieure et deux boules inférieures : elles valent 5 + 2 = 7.
4. Additionnez les deux contributions : 30 + 7 = 37.
Le soroban affiche donc exactement le nombre 37. Pour contrôler la lecture, vérifiez séparément que la tige des dizaines donne 3 et que celle des unités donne 7, puis replacez chaque chiffre dans son rang.
En pratique
Pour apprendre la numération décimale, on déplace les boules et on verbalise leur rang. Une écriture chiffrée est préférable lorsque seule la trace du résultat compte ; le soroban devient utile lorsque le geste doit rendre la décomposition visible.
Pour effectuer des additions, soustractions, multiplications ou divisions, l’opérateur applique des gestes codifiés sur les tiges. Une calculatrice est préférable si l’on cherche un résultat immédiat sans entraînement ; le soroban prend son intérêt lorsque la technique de calcul elle-même est travaillée.
En compétition en Asie, la vitesse et la précision de l’opérateur sont mises à l’épreuve. La performance suppose un entraînement rigoureux, comme le rappelle la comparaison réalisée en 1945 sur des nombres atteignant douze chiffres.
À ne pas confondre
Le soroban ne désigne pas n’importe quel boulier. Dans la forme décrite ici, chaque tige possède une boule supérieure valant cinq unités du rang et quatre boules inférieures valant une unité chacune. Un cadre dont l’organisation diffère ne doit pas être identifié comme un soroban sur le seul critère qu’il porte des boules.
Le suan pan est le boulier chinois dont le soroban est issu, et non un second nom du boulier japonais. Le cas tranche par l’appellation et par la structure observée : « soroban » renvoie à la forme japonaise simplifiée au XIXe siècle.
Limites et pièges
Une configuration de boules est ambiguë si l’on ne connaît ni la position des unités ni le critère qui rend une boule active. Le symptôme est qu’une même disposition reçoit plusieurs valeurs. Il faut annoncer ces deux conventions avant toute lecture.
Sur une tige du soroban décrit, la boule supérieure vaut 5 unités du rang et les quatre boules inférieures totalisent au plus 4 unités. La valeur locale va ainsi de 0 à 9. Au-delà de 9, il faut reporter une unité sur la tige immédiatement à gauche au lieu d’accumuler une valeur impossible sur la même tige.
La victoire rapportée en 1945 ne prouve pas que tout utilisateur de soroban dépasse toute calculatrice. Elle concernait un champion entraîné, quatre opérations arithmétiques et des nombres pouvant atteindre douze chiffres. Il faut conserver ce périmètre lorsqu’on cite l’épisode.
Illustrations

Pour aller plus loin
L’entrée arithmétique replace les opérations du soroban dans le domaine des nombres et des règles de calcul.
L’article (Re)découvrir le calcul mental prolonge la réflexion sur les techniques qui développent une pratique du calcul sans réduire celle-ci à l’affichage d’un résultat.
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